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Victime des premiers combats de la bataille de la Marne, Charles Péguy, écrivain et poète, est mort frappé à la tête le 5 septembre 1914 à l'âge de 41 ans. Il a ouvert la longue liste des 560 écrivains morts pour la France en 1914-1918 dont les noms ont été gravés dans la pierre du Panthéon.
Il existe d'ailleurs dans le XVIe arrondissement de Paris, un Square des Ecrivains Combattants Morts pour la France.
Charles Péguy repose au cimetière militaire français de la Grande Tombe de Villeroy à Chauconin-Neufmontiers en Seine et Marne.
Lui-même orphelin de père quand il était encore nourrisson, aura quatre enfants, dont un fils posthume.
Il avait par avance sublimé son sacrifice en écrivant :
"Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre !
Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés."
"Les Tapisseries. Ève".
Brocardé par le défunt Jean Yanne dans son sketche du camionneur, il n'était pas spécialement réputé être un homme de lettres hilarant, mais il a tout de même tenu des propos empreints d'humour, au moins celui-là :
"Le juif est un homme qui lit depuis toujours, le protestant est un homme qui lit depuis Calvin, le catholique est un homme qui lit depuis Ferry."
Il a également occupé une fonction étonnante : Dirigeant de la section rugby du Stade Français.
Il a aussi pour finir, écrit cette réflexion que tout destine parfois à rester d'actualité :
"Homère est nouveau ce matin, et rien n'est peut-être aussi vieux que le journal d'aujourd'hui."
Note sur Bergson "Cahiers de la Quinzaine", 8-26 avril 1914.
Charles Péguy était né le 7 janvier 1873 50 Faubourg Bourgogne à Orléans. D'origine paysanne et élevé par sa mère et sa grand-mère rempailleuse de chaises, il est élève au lycée de la ville puis boursier à l'école Normale de la rue d'Ulm à Paris. Il aura Romain Rolland et Henri Bergson pour maîtres. Il échoue à l'agrégation de philosophie, et se tourne vers le journalisme.
Il est très proche des milieux socialistes par ses convictions humanistes et généreuses. En 1900, il fonde les Cahiers de la Quinzaine où il publiera ses poèmes et ses essais et fait connaître maint écrivain de valeur.. Il devient par la suite un fervent défenseur du patriotisme, il se tourne vers la foi catholique en 1908. Son écriture s'oriente alors vers l'exaltation de la terre française et des vertus chrétiennes qui l'ont nourrie depuis des siècles.
Socialiste mystique, il rompit avec Jaurès et les politiciens, et écouta de plus en plus les voix du patriotisme et de la foi. Dans son œuvre, les pamphlets alternent avec les méditations religieuses. Il commettra Jeanne d'Arc, drame en trois pièces : Domremy, Les Batailles, Rouen (1897), sous le pseudonyme de Pierre Baudoin et avec la collaboration de son ami Marcel Baudoin; Notre Patrie (1905); Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (1910); Victor-Marie, comte Hugo (1911); L'Argent (1912); Le Porche de la deuxième vertu (1912); Le Mystère des saints Innocents (1912); La Tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d'Arc (1913); La Tapisserie de Notre-Dame (1913). L'influence de son maître Bergson y est visible. Son style est très curieux : encombré de parenthèses et d'incessantes répétitions, comme si l'écrivain ne trouvait jamais l'expression définitive. Il est souvent, surtout dans la polémique, dru, vigoureux, pittoresque. Sa vie, évoquée par Jérôme et Jean Tharaud dans """Notre Cher Péguy " (1926), n'est pas moins attachante que son œuvre : il y apparaît comme un homme du moyen-âge.
Source : Larousse du XXe siècle en six volumes. Paris, 1932. Tome cinquième, p. 447.
Pourfendant les pacifistes, il est engagé volontaire en 1914 et meurt près de Villeroy dans les premiers combats de la bataille de la Marne.
Depuis 1964, de nombreux manuscrits, thèses, travaux, ainsi que des lettres et articles rédigés par lui sont conservés au Centre Charles Péguy, 11 rue du Tabour à Orléans.
:« Il n'est pas un auteur défendable. On l'accepte ou on ne l'accepte pas. On est pris d'emblée, à le lire, d'une sorte d'enthousiasme, ou l'on s'ennuie avec lui à mourir et l'on s'y ennuiera sans remède »… (analysé d'après André Bellessort, Journal des Débats, 24 mars 1926)
Pour en savoir plus :
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Charles_Peguy
http://www.coeur-de-france.com/peguy.html
La Plaque du jour a été photographiée à Sarlat, en Dordogne. Elle n'est malheureusement pas légendée.
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