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Aujourd'hui Mercredi 25 Mars 2026, 84ème jour de l'année Nous fêtons les Dismas, les Humbert et les Irénée |
Le grand poète provençal et occitan Frédéric Mistral est décédé le 25 mars 1914 en son fief natal de Maillane dans les Bouches-du-Rhône, où il était né quelque 83 ans plus tôt et où il repose sous une réplique d'un petit temple à coupole.
En 1904, il avait reçu un des premiers prix Nobel de littérature.
Fils de petits propriétaires terriens, Frédéric Mistral est né le 8 septembre 1830 au mas du Juge où habitent ses parents. Il est envoyé dès son plus jeune âge au pensionnat de l'Abbaye de Frigolet, au-dessus de Tarascon. C'est à Avignon, puis à Nîmes, où il passe son baccalauréat, qu'il poursuit ses études. Il éprouve déjà une grande nostalgie de sa Provence, la vraie, celle dont on s'évertue à lui faire oublier la langue.
A Aix, Mistral s'engage dans des études de droit afin de ne pas déplaire à son père, mais il revient rapidement vers sa ville natale, Maillane, et prend une ferme résolution: "provoquer une résurrection par la restauration de la langue maternelle et historique de mon pays". En 1852, à la suite du décès de son père, il s'installe près du mas familial et n'en bougera plus. C'est à ce moment que naît l'idée du Félibrige, une école littéraire qu'il fonde le 21 mai 1854, avec l'aide de six autres ardents défenseurs de la langue provençale. On fête cette année les 150 ans de cet acte fondateur.
Jouissant d'une aisance assurée, il dispose de tout son temps, qu'il passe exclusivement en pleine terre de Provence. Il a une âme de gentilhomme: son ambition sera haute et désintéressée, refaire une langue, refaire un peuple. Dans sa maison du Lézard, à Maillane, Frédéric Mistral reçut de très nombreuses visites. La plus surprenante viendra de Buffalo Bill qui franchit l'océan pour venir saluer la poète. Il laisse son chien en cadeau à Mistral.
Il participe très tôt à des réunions revendiquant l'usage littéraire de la langue provençale. Dès 1851 il collabore aux Provençales, recueil collectif de vers.
En 1859, âgé de 29 ans, il monte à Paris présenter ses écrits à Lamartine. A la suite de cette visite, il publie 'Mireille', son oeuvre majeure, considérée par certains critiques d'alors comme un chef-d'oeuvre à l'égal des grandes tragédies gréco-romaines. Auteur prolixe et reconnu, de 'Calendal' poème de la Provence héroïque.en 1866, à "La Reine Jeanne" à il ne cesse pourtant de proclamer qu'il incarnait avant tout la "Causo".
Il commet en 1875 "Les îles d'or", puis en 1878 le "Trésor du félibrige" en 1884, "Nerto", en 1890 "La reine Jeanne", et "Le poème du Rhône" en 1897.
Son oeuvre poétique est incomparable: " Qu'elle soit épique ou lyrique, dit Charles Camproux, nulle autre au XIX Siècle européen n'arrive à égaler sa perfection.
C'est là un sujet d'étonnement sans cesse renouvelé: quelle que soit l'inspiration, l'oeuvre est parfaite. ont peut ne pas aimer tel ou tel thème mistralien... On peut même estimer qu'au fond, telle inspiration n'est pas réellement poétique, le miracle est là: nous y trouvons la poésie.
Tout ce que l'on a pu dire sur la poésie pure tombe devant le moins bon des poèmes de Mistral: le sujet le plus impur y devient poésie. Là est le mystère du génie...
L'écrivain Léon Daudet, frère d'Alphonse, a écrit dans "Souvenirs et polémiques" :
"Poète et le plus doué de tous, Hugo compris, sans comparaison possible, Mistral connaît en outre les secrets de la cité et ceux du verbe, les moyens d'étayer la cité par le verbe et réciproquement. C'est un sorcier, au sens étymologique du mot, un trouveur d'ondes jaillissantes. Il ne frappe pas en vain le roc stérile. Si vous voulez mon avis, Mistral est bien grand, mais l'avenir le fera plus grand encore. Dans les abris posés et chantés par lui, les nations opprimées iront, au cours des âges, chercher un refuge contre la force brutale. Dictionnaire, poèmes, drames, propagande, fêtes commémoratives, costumes, allocutions, exemple de la longue vie passée au même endroit, tombeau, tout cela se complète et défie le temps et l'oubli."
En 1906 pour cimenter le tout, Mistral écrit "Mémoires et récits"
En 1913, Raymond Poincaré , président de la République, lui rend visite et lui remet la Légion d'Honneur. Le poète refuse en revanche un siège à l'Académie Française. Il meurt l'année suivante à deux pas de la maison de son enfance, dans sa Provence qu'il n'aura pratiquement jamais quittée.
Mistral a laissé au Musée ethnographique d'Arles vingt in-folio de coupures de presse et cinquante mille lettres de correspondants à la Bibliothèque d'Avignon.
Sources :
http://www.ifrance.com/lestroisprovencaux/biographiem.htm
http://www.evene.fr/celebre/fiche.php?id_auteur=1194
www.provenceweb.fr/f/bouches/maillane/maillane.htm
La Plaque du Jour a été photographiée à Soyaux, en Charente.
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