![]() |
Aujourd'hui Lundi 29 Juin 2026, 180ème jour de l'année Nous fêtons les Pablo, les Paul (patron des cordiers, grecs, maltais), les Peter et les Pierre (patron des maçons, pêcheurs, poissonniers, serruriers) |
L'inclassable personnage Boby Lapointe (et non Bobby comme trouvé sur de nombreux sites, toutes ses pochettes de disques le confirment : http://www.cdandlp.com/artist/0-0-0/1/1/bobby-lapointe.html), est décédé d'un cancer le 29 juin 1972. Il venait d'avoir 50 ans, et il est inhumé à Pézenas, la ville qui l'a vu naître et mourir..
Robert Lapointe dit Boby, avait vu le jour le 16 avril 1922. Son côté fantasque et farceur se révèle très tôt, dès son adolescence où avec quelques camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. (il tond notamment le chien du percepteur)
Cependant, son aspiration est de devenir pilote d'essais. Il se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l'école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu'il conçoit, réalise et essaye sans se soucier des fractures qu'il accumule ni des hospitalisations qui vont avec.
Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d'entrée à deux grandes écoles françaises : l'École Centrale et Sup-aéro pour assouvir sa passion de l'aviation et des maths. En 1942, à l'âge de 20 ans, il doit abandonner ses études et est envoyé à Linz, en Autriche, au titre du STO, Service du Travail obligatoire. Éternel insoumis, il s'évade la même année, et rejoint en mai 1944 sa région natale après sept mois d'errance sous différents noms d'emprunts. Une anecdote veut que parmi eux, il ait utilisé le nom de Robert Foulcan... (!) Sa grande stature et sa force physique lui permettent de devenir scaphandrier au port de La Ciotat, essentiellement pour échapper aux recherches dont il est l'objet par les Allemands et la milice locale.
Son génie technique le conduit à inventer dans cette même décennie un système d'embrayage automatique pour automobile, que les constructeurs exploiteront avec succès bien plus tard.
Son amour des mots et son envie d'écrire le poussent également à partir de ce moment à composer des chansons dont le style est très marginal, tout en calembours, jeux de mots et contrepèteries, trop intellectuel pour qu'on lui donne facilement sa chance. Il rédige également un recueil de poésie et un traité sur les calembours. Il cherche des interprètes pour ses chansons, mais son style rebute : lors d'un gala de la chanson à Juan-les-Pins, les Frères Jacques qu'il y rencontre déclinent sa proposition, un peu effrayés par la complexité des textes truffés de calembours.
À la fin de la guerre, il épouse Colette Maclaud en 1946, avec qui il aura deux enfants, Ticha et Jacky. Ils quittent La Ciotat et la famille s'installe à Paris, où il ouvre un commerce de layettes. L'affaire ne marche pas et la boutique met la clé sous la porte. Dans la foulée, le couple divorce et Boby Lapointe change de métier pour devenir installateur d'antennes de télévision, sans arrêter l'écriture.
Ses débuts d'auteur commencent en 1951, lorsque paraît "les douze chants d'un imbécile heureux". C'est en 1956 qu'il débute officiellement sa carrière musicale : le comédien Bourvil et Gilles Grangier choisissent une de ses chansons (Aragon et Castille) pour un passage musical où Bourvil chante, dans le film "Poisson d'avril". Étienne Lorin, l'accordéoniste de Bourvil, est en effet devenu l'ami de Boby, et a suggéré cette chanson à Bourvil. Bien que le film comme la chanson ne connaissent pas de succès, Lapointe est enfin introduit dans le milieu parisien.
Il fait ses grands débuts en tant que chanteur dans un cabaret parisien, le Cheval d'Or. Il y croise Anne Sylvestre, Raymond Devos, Ricet Barrier ou Georges Brassens, avec qui une sympathie réciproque naît. Lapointe est remarqué non seulement pour sa présence physique (sa taille et son aspect athlétique n'y sont pas étrangers, de même que ses airs faussement bourrus), mais aussi pour élocution aléatoire et son style de textes tout en jeux de mots. Il devient ainsi l'attraction principale du cabaret et attire l'attention du réalisateur François Truffaut. Ce dernier imagine de lui faire jouer le rôle du chanteur de bar dans son nouveau film "Ne Tirez pas sur le pianiste", avec Charles Aznavour dans le rôle du pianiste. Les chansons choisies sont Framboise et Marcelle. Boby rencontre Philippe Weil sur le tournage. Celui-ci l'engage dans un autre cabaret parisien, "Les Trois Baudets". En 1960 et 1961, Lapointe y enregistre deux disques avec notamment les chansons "Marcelle", "Le poisson Fa", "Bobo Léon" et "Aragon et Castille", qui rencontrent enfin le succès.
Les compositions suivantes ne démentent pas ce succès : "L'hélicon", "Ta Katie t'a quitté", "Saucisson de cheval", "Comprend qui peut", "Méli-mélodie", "Le tube de toilett"e, "La maman des poissons"...
Il y a comme une petite attirance pour les citrons dans au moins deux des refrains de ses textes les plus connus, rappelés ci-dessous :
La maman des poissons :
R - La maman des poissons
Elle a l'œil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron.
Et le Pays d'Aragon et Castille :
R - Au pays daga d'Aragon
Il y avait tugu d'une fille
Qui aimait les glaces au citron et citron
Et vanille ...
Au pays degue de Castille
Il y avait teugue d 'un garçon
Qui vendait des glaces vanill'Et citron.
Peut-être aurait-il commenté la remarque en ces termes :
"Les citrons ont un avantage sur les vaches, qui ne produisent pas de jus.
Ah si, du lait !"
Dans les années 1960, Lapointe et Brassens enchaînent les tournées et les récitals. Mais son côté fantasque lui fait commettre des erreurs. Quand il ouvre un café concert, Le Cadran Bleu, la faillite survient rapidement. Brassens le secourt en épongeant une partie des dettes et l'aide à trouver des petits boulots pour vivre. Le directeur des programmes d'Europe 1, Lucien Morisse, intervient pour qu'il signe un contrat chez les disques AZ. Mais la période yéyé a commencé et le style musical de fanfare sur lequel toutes les chansons de Lapointe sont basées ne fait plus autant recette, ni sur les ondes, ni dans les bacs.
Lapointe reprend donc une carrière plus cinématographique, en jouant pour le réalisateur Claude Sautet : il est ainsi le demeuré brutal de Max et les ferrailleurs ou le chauffeur de bétaillère dans Les choses de la vie. Dans le même temps, Joe Dassin pousse Lapointe à signer un nouveau contrat chez Fontana/Philips tout en devenant son producteur. Lapointe part en tournée pour promouvoir son dernier album, "Comprend qui peut" sous la houlette de Joe Dassin. L'album est illustré par un portrait du chanteur réalisé par le peintre naïf Maurice Ghiglion-Green. Ce portrait deviendra d'ailleurs quelques années plus tard l'icône de Lapointe, en pull marin et le nez dans les pâquerettes.
En 1968, il ne lui reste plus que quatre ans à vivre, et aux frontières de la cornichonnerie et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l'évolution de l'informatique. Un vrai langage puisqu' il peut s'écrire à l'aide des lettres de l'alphabet, et qu'il est évoqué dans les lycées par les professeurs qui le prennent au sérieux, sans se prendre au sérieux, ce qui demande il est vrai beaucoup de discernement tant le personnage est atypique.
http://www.ac-grenoble.fr/college/pont-de-claix.moucherotte/pedagogi/maths/mathamus/bobby-lap/bobbylap.htm
Il continue à chanter, et sa dernière apparition en public se fait en première partie d'un concert de son ami et fan Pierre Perret à la salle Bobino à Paris.
Par ailleurs, il enchaîne les rôles au cinéma dans les trois dernières années de sa vie. Neuf ans après "Ne Tirez pas sur le pianiste" de Truffaut, il tourne successivement dans "Mais qu'est-ce qui fait courir les crocodiles ?", "L'Ardoise", et les célèbres film de Claude Sautet "Les Choses de la vie" et "Max et les ferrailleurs" (il est le ferrailleur). L'année qui précède sa disparition il joue encore dans "Les Assassins de l'ordre", "Rendez-vous à Bray" d'André Delvaux et "La Veuve Couderc".
N'ayant vécu que cinquante ans, il n'aura enregistré qu'une cinquantaine de chansons, mais leur diffusion continue car il n'a pas été remplacé dans son registre indémodable.
Philips a sorti après sa mort une intégrale de ses chansons. En 2002 pour célébrer l'anniversaire des trente ans de sa disparition, un hommage intitulé "Boby Tutti Frutti" a vu Clarika reprendre "Comprend qui peut" ou CharlElie chanter "La peinture à l'huile".
Plusieurs livres ont été écrits sur lui dont "Boby Lapointe". Par Huguette Long Lapointe (sa sœur) et ses amis. aux éditions Encre, en 1983, et en 2000, le texte de la "maman des poissons" a été illustré par Fabrice Turrier aux Editions Didier Jeunesse, 2000, dans la collection Guinguette.
Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bobby_Lapointe
La Plaque du Jour a été photographiée à Limoges mais Boby, peut-être à cause du système bi-binaire, est affublé de deux b, et son personnage réduit à l'état de chanteur. Un point cependant pour la municipalité, car le génial Boby a jusqu'à présent séduit peu d'édiles pour nos rues.
Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.