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Aujourd'hui Jeudi 8 Octobre 2026, 281ème jour de l'année Nous fêtons les Pélagie |
Alors que Roland Garros était né un 6 octobre et décédé un 5 octobre, veille de son anniversaire, Edmond Michelet, Ministre de la République, Grand Résistant et homme de foi, est né un 8 octobre et décédé un 9 octobre, au lendemain du sien.
Tout comme hier 7 octobre, hasard des jours à événements ou non, le 8 octobre n'accueille aucun grand nom, si ce n'est celui d'Edmond Michelet, fréquemment présent sur les plaques de nos rues, et concurremment avec l'historien Jules Michelet. Il s'agit d'un heureux anniversaire, puisqu'il concerne sa naissance en 1899, alors que le 9 novembre est une date qui a vu sa disparition, mais aussi celle de Louis Barthou, Président du Conseil assassiné en même temps qu'Alexandre 1er de Yougoslavie en 1934, celle du mythique Che Guevara en 1967, celle d'André Maurois en 1970 et celle du grand Jacques Brel en 1978.
Ce 8 octobre 1899 donc, naît Edmond Charles Octave Michelet dans le 19e arrondissement de Paris.
Sa mère lui donne les bases d'une foi chrétienne qui ne le quittera pas. D'abord pensionnaire à l'Ecole Fénelon de Vaujours en Seine Saint Denis dirigée par les Frères des Ecoles chrétiennes, il continuera ses études au collège de l' Immaculée Conception de Pau, et patriote autant que chrétien, il sera engagé volontaire en 1918.
Dans l'après Guerre, il devient président de la jeunesse catholique du Béarn et de la Corrèze et lance à Brive où il a rencontré son épouse, une "Equipe Sociale." "qui avait pour but de faciliter l'ascension professionnelle et morale en appliquant l'Evangile.", mouvement dont fera partie Maurice Schumann. "C'est aux Equipes, à leur esprit, plus encore qu'à tous nos autres engagements antérieurs, qu'il faut attribuer notre réponse à l'Appel du 18 juin" écrira t-il plus tard.
Dès le mois de juin 1940, il diffuse le premier tract de la Résistance Métropolitaine et participe au mouvement "Liberté" et "Combat". Il devient aussi responsable régional de la publication "Témoignage Chrétien.
Arrêté sur dénonciation en janvier 1943 et déporté en août à Dachau, en bon chrétien, il fera dire à sa femme qu'il pardonne à son dénonciateur. Il publiera un livre de réflexion sur son internement et l'internement à Dachau, remarquable livre témoignage, au titre prédestiné pour ruedesrues, puisqu'il s'agit de "Rue de la Liberté" qui paraît en 1955 aux Editions du Seuil, et dont je possède une édition d'époque.
Dans le résumé de couverture, il est dit que "La rue de la Liberté" "n'est plus seulement le nom ironiquement donné à l'allée centrale du camp, c'est le chemin secrètement suivi par beaucoup d'autres vers une inatteignable sérénité."
"Après tant de livres noirs où l'on nous a dit jusqu'où s'abaissèrent les bourreaux, voici le mémorial des actes de solidarité, de courage, voire de gaîté par quoi notre commun honneur d'homme fut sauvegardé en cette géhenne."
Le chancelier Konrad Adenauer écrira ceci dans la préface allemande du livre :
"Rue de la Liberté" nous fait traverser un enfer qui doit laisser un profond bouleversement chez le lecteur qui découvre, avec des hommes marqués par une lourde souffrance, toutes les hauteurs et toutes les profondeurs des possibilités humaines."
Sans usurper sa vocation de catholique, dès cet ouvrage des années 50, Edmond Michelet évoquera le "jour où la France et l'Allemagne seront définitivement réconciliées".
Grand chrétien, en passe d'ailleurs de béatification, ce qui serait une première pour un Ministre non pas du Culte mais de la République, Edmond Michelet n'a pas joué le même rôle que d'autres célèbres résistants durant la seconde guerre mondiale en raison de son internement au camp de concentration, cependant, il est à la Libération un homme précieux appelé à un ministère dans le Gouvernement Provisoire du Général de Gaulle. Il sera successivement ministre aux Anciens Combattants, à la Justice et à la fonction Publique.
Outre sa "Rue de la Liberté", il avait commis auparavant un petit ouvrage titré "La fidélité en politique"
Il a aussi été Président de l'Amicale des Anciens de Dachau.
En 1962, il entre au Conseil Constitutionnel et devient en mars 1967 député de Quimper, mais il sera nommé un mois plus tard Ministre de la Fonction publique.
Après la crise de Mai 1968, quand Georges Pompidou est au gouvernement, il est nommé Ministre d'état sans portefeuille, et du 22 Juin 1969 jusqu'à sa mort, il succède à André Malraux au poste de Ministre des Affaires Culturelles.
Homme de courage, d'honneur et de réflexion, il s'est éteint à l'âge de 71 ans le 9 octobre 1970 à Marcillac de Brive en Corrèze, où il est inhumé en la Chapelle Notre-Dame de la Paix. Sur une plaque, cette phrase du curé d' Ars : " Il nous demandera si nous avons employé nos forces à rendre service au prochain ".
Son sang coule toujours dans les veines de l'écrivain-paysan corrézien bien connu, Claude Michelet. Auteur du livre "Mon père Edmond Michelet", prix des Écrivains combattants 1972.
Selon sa volonté et avec l' accord de ses enfants, l'association des compagnons de la fraternité Edmond Michelet a crée le centre National d'Etudes de la Résistance et de la Déportation dans sa maison familiale du 4, rue Champanatier à Brive-la-Gaillarde.
Pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Michelet
La Plaque du Jour a été photographiée à Bergerac, en Dordogne.
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