La plaque du jour

Aujourd'hui Vendredi 27 Mars 2026, 86ème jour de l'année
Nous fêtons les Habib

Le philosophe Edgar Quinet, homme politique et historien, est décédé le 27 mars 1875. Homme intègre et de convictions, il paiera son intransigeance, son esprit réfractaire aux compromis, jusque dans la mort: Le gouvernement lui refuse des funérailles nationales. Il aura plus. Le peuple en masse suivit son enterrement, et c'est Gambetta qui prononça, le 29 mars 1875, en compagnie de Victor Hugo, son éloge funèbre. Il repose au cimetière Montparnasse, et l'un des boulevards qui longe cette vaste nécropole porte son nom.

Il était né le 17 février 1803 "pendant les guerres de l'Empire, tandis que les maris et les frères étaient en Allemagne", Edgar Quinet appartient à cette génération ardente, pâle, nerveuse dont parle Musset dans "La confession d'un enfant du siècle".
A 3 ans, il rejoint, à Wesel, son père, "commissaire des guerres à l'armée du Rhin". Logé dans "un palais du prince de Prusse", il voit les cavaliers revenus d'Austerlitz, héros merveilleux, aux "poitrines chamarrées d'or", traîner leurs grands sabres. Quinet respire ainsi dès sa prime enfance, le ciel de la légende napoléonienne, qui marquera et son enfance et son adolescence, influençant sa philosophie et ses réflexions pleines d'humanisme.
C'est auprès d'une mère, tendrement aimée, qui "ne perdait pas une occasion de m'inculquer le respect de la nature humaine" que Quinet découvre la vie au milieu des paysans, dans la liberté des champs.
De cette période choyée de son enfance, Quinet écrira: "Si je croyais réellement à l'existence de tous les petits êtres enchantés qui peuplent le monde des fées, c'est ce que je ne puis dire. Mais je croyais du moins à la magie".

Élevé dans les collèges "au roulement des tambours", il connaît à Charolles, puis à Bourg "le morne étirement des jours sans joie"du pensionnaire, qu'il nomme "la captivité". C'est au Collège de Lyon, ère féconde pour cet adolescent riche des lectures des anciens, que s'inscrit "l'Histoire, spectacle de la liberté, protestation du genre humain contre le monde qui l'enchaîne... affranchissement de l'esprit".

Esclave de son adoration pour Napoléon, comme tous ses contemporains, -excepté ses parents- Quinet dira: "les idolâtries du peuple... je les ai toutes partagées... J'aimais la fierté de mon père. Je ne trouvais rien à répondre aux plaintes de ma mère contre la dureté du maître. Mais excepté eux, personne ne prononçait jamais devant moi le mot de liberté; personne ne semblait la regretter... Mais ces plaintes étranges sur l'oppression de l'âme, sur l'étouffement de la pensée, je ne les entendais jamais ailleurs que dans la chambre de ma mère". Napoléon exilé, l'esprit critique en éveil, Quinet écrit: "c'était un passé sur lequel s'exerçaient mes réflexions".
Reçu à Polytechnique, à l'âge de 17 ans, Quinet renonce à cette école pour étudier le droit et les langues étrangères. Dès 1825, il traduira l'œuvre de Herder "Idées sur la philosophie de l'histoire de l'humanité" ; il a 23 ans.

Attaché à l'expédition de Morée, comme scientifique, il ramène la matière du livre "De la Grèce moderne et de ses rapports avec l'Antiquité" (1830).
Spécialiste de l'Allemagne, il publie "Le système politique en Allemagne" (1831), où il entrevoit déjà les dangers de l'hégémonie prussienne.
Nommé professeur de littérature au Collège de France, sa chaire, comme celle de Jules Michelet auquel le lie une amitié indéfectible, sera une tribune retentissant de ses idées révolutionnaires. Il publie: "Examen de la vie de Jésus" (1838), "Génie des religions" (1842).

Son opposition aux Jésuites, "Les Jésuites" (1843), à l'influence papale, "L'inquisition" et "L'Ultramontanisme" (1844), au christianisme ainsi que sa publication sur "La Révolution française" amèneront Guizot à suspendre ses cours.

Député en 1848, Quinet reprend ses cours au Collège de France et publie "L'Enseignement du peuple" dont Jules Ferry s'inspirera 30 ans plus tard: "Ce n'est pas assez d'instruire les hommes, il faut aussi éclairer les esprits féminins, les soustraire aux influences qui limitent trop étroitement leur horizon. Les hommes feront les lois, les femmes seules feront les mœurs".
C'est cependant le professeur au Collège de France qui sera nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.

Proscrit après le 2 décembre 1851, il se réfugie à Bruxelles, où il publie: "La Révolution de l'Italie" (1852).Philosophie de l'Histoire de France" (1855) - "Les Roumains" (1856). .L'exil lui sera une souffrance: "dès qu'il se prolonge, il semble éternel, il fait promptement oublier l'exilé, ayant tous les avantages de la mort comme châtiment". Amnistié en 1859, il refuse l'amnistie et s'écrie: "On n'amnistie pas le droit et la justice". Le respect de soi, Quinet l'incarne dans cette phrase sublime : "Le plus grand bonheur de l'homme, le seul qui résiste à l'épreuve, c'est de donner un gage à ses convictions. Tout le reste est éphémère".

Ayant refusé l'amnistie, il se fixe en Suisse, à Veytaux, au bord du Léman, où il écrit: "Histoire de la Campagne de 1815", "Expédition au Mexique" (1862) - "Mort de la Conscience humaine" (1867) - "Création" (1870).

Rentré à Paris en 1870, Quinet refuse de toucher l'arriéré de 20 ans de traitement attaché à sa chaire du Collège de France. En 1871, il est de nouveau élu député. Il publie: "La République, condition de la régénération de la France" en 1872) et enfin "L'Esprit nouveau" en 1874.

Il meurt l'année suivante.

Hermione Asachi, sa seconde épouse, publiera une édition complète de ses œuvres en 30 volumes entre 1877 et 1882.. Elle écrira à sa mémoire différents ouvrages: "Mémoires d'exil" (1868-1870) - "Journal du siège de Paris" (1872) - "50 ans d'amitié" (Michelet) (1899).

Edgar Quinet fut le maître à penser de la République laïque, et Thibaudet, critique littéraire, dira en 1936 : "ses idées sont passées dans les faits, c'est la plus honorable des raisons pour lesquelles on ne lit plus ses livres.

Mais on les lit encore en 2005, car cet admirateur lucide de Mme de Staël, "l'idole de sa mère", allait inscrire l'histoire de ses idées dans l'histoire de son siècle. Les problèmes posés dans une période de quête des valeurs, retentissent encore aujourd'hui de leur enseignement : Pas un thème de notre temps que Quinet n'ait abordé ou éclairé de son érudition, de son bon sens, de son humanisme. Impartial. 'J'ignore le supplice d'être en désaccord avec soi-même", objectif. Précis. enthousiaste. Rationné. clairvoyant, alliant imagination et rigueur scientifique - il faut se garder l'esprit libre devant tout problème, si passionnant soit-il".

Edgar Quinet a défendu des valeurs universelles avec conviction , mais aussi avec émotion:

Sa largeur de vue, l'amènera à se pencher sur l'importance du bonheur individuel, facteur de bonheur collectif. "construire un monde où il fait bon vivre", en élaguant "les vaines occupations dans lesquelles se consume la vie", ainsi que "les amitiés de hasard, ou trompeuses, ou éphémères". Mais pour la génération actuelle, Edgar Quinet apparaît comme, un visionnaire, un voyeur de ce phénomène propre à notre temps: la médiatisation.

Parlant de son père, chercheur et inventeur, resté inconnu, voici ce qu'il écrivait : "Ses travaux soutenus pendant 40 années d'une persévérance sans égale devaient rester ensevelis, confirmant par son exemple, cette vérité éclatante que des hommes doués des facultés les plus rares, les plus énergiques, meurent ignorés, faute d'une circonstance favorable pour les produire au jour. Le talent, le génie même ne sont que des promesses. Il faut joindre l'étoile; où elle manque, tout manque".

Pour en savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Quinet

La Plaque du jour a été photographiée sur le mur du cimetière Parisien du Montparnasse qui abrite son repos.


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