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Romancière et essayiste française, philosophe, militante, Simone de Beauvoir est née Simone Bertrand de Beauvoir à Paris le 9 janvier 1908, aînée de deux filles dans une famille catholique bourgeoise respectable. Son père était avocat.
Appréhender Simone de Beauvoir, c'est outre entrer de plain-pied dans le féminisme, se lancer dans une entreprise psychanalytique qui requiert des connaissance poussées dans la philosophie et l'histoire de la pensée humaine, et son œuvre se lit à l'aide de nombreuses clés.
Poussée par sa mère très dévote, elle fit des études catholiques jusqu'au baccalauréat, mais sans la même foi, si elle l'eut jamais un jour. Agrégée de philosophie en 1929, elle enseigne à Marseille, Rouen et Paris jusqu'en 1943 et engrange de la matière philosophique pour ses ouvrages.
"Quand prime le spirituel" fut achevé bien avant la guerre de 1939, mais ne paraîtra qu'en 1979.
C'est "L'Invité" (1943) qu'on doit considérer comme son véritable début littéraire. Viennent ensuite d'autres romans dont chacun contient un peu ou beaucoup d'elle-même. Ainsi "Le sang des autres" (1945); "Tous les hommes sont mortels" (1946). "
Le roman "Les Mandarins" lui vaut le prix Goncourt en 1954, et c'est selon elle son roman préféré : Il se déroule dans les milieux intellectuels parisiens juste après la guerre, et raconte la vie de deux intellectuels Anne et Henri qui vivent leur amour de façon très libre. Anne a une liaison avec un écrivain américain Lewis. "Les Mandarins" est une transposition évidente du couple Beauvoir-Sartre et de la liaison de Beauvoir avec l'écrivain américain Nelson Algren.
Deidre Bear dans sa biographie sur Simone de Beauvoir raconte que l'écrivain envoya à Algren ce télégramme le 6 décembre 1951 avant d'attaquer la rédaction des Mandarins : « Je raconterai un peu notre histoire, parce que c'est une histoire très moderne et j'aime me remémorer toutes ces choses même si cela me rend infiniment triste ». Au journal le Monde elle déclarera : "Je l'ai écrit à un moment où j'étais vraiment dans le feu de la vie; enfin, je sentais les problèmes du temps et j'ai écrit ce roman avec beaucoup de passion."
À travers une trilogie autobiographique remarquée en 1958 — Mémoires d'une jeune fille rangée, la Force de l'âge, la Force des choses —, elle réalise «l'entreprise de vivre» dans laquelle la littérature remplace désormais toute ambition spirituelle ou religieuse. Elle y raconte l'itinéraire intellectuel d'une femme au XXe siècle aux prises avec le déficit spirituel et moral de son époque, qui tente de redéfinir son rôle d'écrivain et d'intellectuelle, sa situation de femme, ses rapports amoureux.
Suivront "Les Belles Images" (1966) et "La femme rompue" (1968).
Outre le célèbre "Deuxième Sexe" paru en 1949, et devenu l'ouvrage de référence du mouvement féministe mondial, l'oeuvre théorique de Simone de Beauvoir comprend de nombreux essais philosophiques ou polémiques, tel "Privilèges", (1955), réédité sous le titre du premier article "Faut-il brûler Sade?" et " La vieillesse" (1970). Elle a écrit, pour le théâtre, "Les bouches inutiles" (1945) et a raconté certains de ses voyages dans "L'Amérique au jour le jour" (1948) et "La longue marche" (1957).
Après le décès de Jean-Paul Sartre en 1980, Simone de Beauvoir a publié "La cérémonie des Adieux" (1981) et "Lettres au Castor" (1983) qui rassemblent une partie de l'abondante correspondance qu'elle reçut de lui.
Dans " La cérémonie des Adieux" elle, l'angoissée de la mort devenue athée très jeune ( Elle raconte qu'à 15 ans « Un après midi à Paris, je réalisai que j'étais condamnée à mort. Il n'y avait personne que moi dans l'appartement et je ne refrénai pas mon désespoir, j'ai crié, j'ai griffé la moquette rouge. Et quand je me relevai, hébétée je me demandai : Comment les autres font-ils ? Comment ferai-je ? » écrit : "Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C'est ainsi ; il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s'accorder."
Cette crise liée à l'angoisse de la mort n'est que le premier exemple de toute une série de crises qui ont rythmé son existence. Pourtant, dans "La force de l'âge", elle affirme sa vocation pour le bonheur : « Dans toute mon existence, je n'ai rencontré personne qui fût aussi doué que moi pour le bonheur, personne non plus qui s'y acharnât avec autant d'opiniâtreté. Dès que je l'eus touché, il devînt mon unique affaire. », bonheur qu'elle affirme avoir connu grâce à son indépendance financière et à la rencontre de Sartre.
Elle repose désormais au cimetière du Montparnasse aux côtés de Sartre. Le 04 octobre 2003, à la suite du drame de la Cité Balzac, en référence au "Deuxième Sexe", où elle dénonce l'infériorité ressentie par les femmes et les invite à se libérer du joug du conditionnement historique «On ne naît pas femme, on le devient»,une plaque a été apposée par la Ligue du droit international des femmes sur sa pierre tombale :
"A la mémoire de Sohane, morte brûlée vive pour que garçons et filles vivent mieux ensemble dans l'égalité et le respect" peut-on lire.
Jusqu'au jour de sa mort à Paris sa ville natale le 14 avril 1986, elle a collaboré activement à la revue fondée par elle et Sartre, "Les Temps Modernes", et manifesté sous des formes diverses et innombrables sa solidarité totale avec le féminisme. Elle était également une anti-colonialiste, critiquant publiquement la position de la France à Alger, une partisante de l'avortement, et une socialiste avec des sympathies marxistes.
Elle assume ses choix, notamment vis à vis de Sartre :
"Mon indépendance, je l'ai sauvegardée car jamais je ne me suis déchargée sur Sartre de mes responsabilités: je n'ai adhéré à aucune idée, aucune résolution sans l'avoir critiquée, et reprise à mon compte." (Extrait de "La Force des Choses")
"Pourquoi ai-je choisi d'écrire? [...] La première raison, c'est l'admiration que m'inspiraient les écrivains [...] les livres, tout le monde les lisait: ils touchaient l'imagination, le coeur; ils valaient à leur auteur la gloire la plus universelle et la plus intime. En tant que femme, ces sommets me semblaient en outre plus accessible que les pénéplaines; les plus célèbres de mes soeurs s'étaient illustrées dans la littérature. [...] En écrivant une oeuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. en même temps, je servirais l'humanité: quel plus beau cadeau lui faire que des livres?" (Mémoires d'un jeune fille rangée)
Source :
http://www.angelfire.com/on/piecesofme/simone2.html
Pour aller plus loin dans l'analyse de la vie et de l'œuvre de Simone de Beauvoir, le site d'une jeune femme qui a choisi les "Mémoires d’une jeune fille rangée" et "La Force de l’âge" afin de rédiger son mémoire de maîtrise de lettres modernes. :
http://www.winimage.com/beauvoir/
La Plaque du Jour a été photographiée à Tours par Éric, un ami internaute, et Simone de Beauvoir l'occupe seule. Je possède aussi la photo de la place parisienne où son nom est indissolublement associé à celui de Jean-Paul Sartre.
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