![]() |
Aujourd'hui Vendredi 13 Mars 2026, 72ème jour de l'année Nous fêtons les Rodrigue |
Vainqueur du Tour de France cycliste en 1953, 1954 et 1955, Louison Bobet est décédé le 13 mars 1983 à Biarritz dans les Pyrénées Atlantiques des suites d'un cancer. Il avait eu 58 ans la veille. et il repose dans son village natal d'Ille et Vilaine.
Fils de boulanger, il était né le 12 mars 1925 à Saint-Méen-le-Grand.
En juin 1947.le premier Tour de France de l'après-guerre se disputait sous une chaleur étouffante.
Le grand favori était René Vietto. "le roi René", avait fait pleurer la France treize ans plus tôt en se sacrifiant pour son capitaine de route, Antonin Magne est capitaine de l'équipe de France, qui compte un jeune homme de 22 ans, dont on dit beaucoup de bien : Louison Bobet. Il est longiligne, fin, attentif. Vietto ne fait pas attention à lui, sauf pour demander : "Qui est ce coureur de l'équipe de France qui se rase si mal les jambes ?"
Bobet, asphyxié par le début d'une course totalement folle, découvre la soif, la défaillance, les cols interminables, la tentation obsédante de mettre pied à terre pour en finir. Il découvre aussi la dure loi de la course d'équipe. Dans les Alpes, le directeur de l'équipe de France lui demande d'attendre Vietto, en difficulté. Bobet veut d'abord refuser, parle d'abandonner, puis finit par obéir, les larmes aux yeux. Ce même jour, l'étape est remportée par un coureur de l'équipe régionale de l'Ouest, Jean Robic, qui a déjà gagné quelques jours plus tôt.
Au cours de la neuvième étape, il est tombé dans les gorges de Guillestre. Une sale chute. Il a mal. Couvert de sang, il monte dans l'ambulance et va rentrer à Saint-Méen-le-Grand. De nouveau, il pleure. Le peloton, qui n'est pas tendre, va le surnommer "la Pleureuse" ou même "Louisette Bonbon".
En 1952, Bobet, qui a terminé 4e du Tour 1948 et 3e du Tour 1950, renonce à la Grande Boucle.
Toutefois, il participe et gagne en 1953. En 1954 il a 29 ans, il est au sommet de sa condition et il est très bien entouré par une équipe de France solidaire. Sa victoire dans le Tour 1954 sera la plus facile de la passe de trois, puisqu'il s'impose aussi en 1955. Il est le premier coureur à aligner trois victoires d'affilée.
"Louisette Bonbon" est loin. Bobet est soupe au lait, mauvais coucheur, vétilleux, mais il est respecté de tous. "Un grand champion va arriver. Messieurs, saluez !", demande Antonin Magne à ses coureurs quand Bobet va entrer dans la salle de restaurant après une course où il a été particulièrement courageux.
Son rival aurait pu de tout temps être Jean Robic, mais sur la route, le duel n'aura pas vraiment lieu. Progressivement, Bobet va prendre le pas sur Robic. Au prix d'un courage de tous les jours et d'une abnégation totale, il va s'améliorer dans toutes les disciplines de la course tandis que Robic restera seulement, du fait de son physique de farfadet, un grimpeur exceptionnel. Les deux hommes n'ont pas la même conception du "métier".
Antonin Rolland, un des coureurs emblématiques de cette époque, a partagé leur chambre. Il témoigne : "Robic, c'était un peu n'importe quoi. Il ne rentrait jamais à l'heure, préférant parler jusque tard dans la nuit. Il n'avait jamais fini de faire sa valise. Il était en fait totalement irrationnel. Bobet, au contraire, ne voulait rien laisser au hasard. Il faisait attention à tout ce qu'il mangeait et buvait alors que Robic ne disait jamais non à un coup de rouge et mettait même du calvados dans sa "topette", pour se donner du courage en montagne. Le soir, alors que Robic bavardait, Bobet, anxieux, refaisait l'étape, n'arrêtait pas de me dire : "Tu as vu, ce coureur, il a l'air en forme, demain il faudra faire attention !'"
Les deux hommes, qui avaient fait ensemble leurs débuts dans le Tour, le quitteront définitivement la même année, en 1959, chacun à sa manière. Malade lors de la dix-huitième étape, entre Grenoble et Aoste, Bobet attend d'avoir atteint le sommet de l'Iseran, le col le plus haut d'Europe avec ses 2 800 mètres, pour mettre pied à terre et c'est au coureur Gino Bartali, venu en spectateur, qu'il confie son vélo. Tandis que le surlendemain, Robic arrivera après les délais à Chalon-sur-Saône et sera impitoyablement éliminé.
Retournés à la vie civile, le fossé qui s'était creusé entre les deux hommes va encore s'accentuer. Hôtelier, arbitre de catch, monteur en bureaux, livreur de journaux, Robic restera égal à lui-même, magnifique et pathétique, et mourra d'un accident de voiture responsable après une couse d'anciens trop arrosée en 1980.
Louison Bobet disparaîtra trois ans plus tard, victime d'un cancer. Adjoint au maire de Quiberon, il avait créé les premiers centres français de thalassothérapie, devenant un homme d'affaires avisé, siégeant au comité central du RPR.
Jacques Anquetil, qui lui avait succédé, avec panache au sommet du cyclisme international, lui avait fait un jour cette confidence : "Tu vois, Louison, j'en ai un peu assez, lorsque je m'entraîne, moi qui ai quand même gagné cinq Tours de France, d'entendre toujours des gamins me crier : 'Vas-y Bobet !' "
Source :
http://users.skynet.be/lenetducyclisme/1954.htm
La Plaque du Jour a été photographiée à Sarlat, en Dordogne.
Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.