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Aujourd'hui Mercredi 15 Juillet 2026, 196ème jour de l'année Nous fêtons les Bonaventure, les Donald et les Wladimir |
Le 15 juillet 1867 à Neuilly-sur-Seine, naît Jean-Baptiste Charcot, fils de Martin, neurologue de renom. Jean-Baptiste deviendra à son tour médecin mais consacrera tous ses loisirs aux bateaux et à la mer.
Une première expédition australe a lieu de 1903 à 1905 et le 18 mai 1908 son célèbre navire Le "Pourquoi-Pas ?" est mis à l'eau à Saint-Malo pour une fructueuse deuxième expédition polaire de 1908 à 1910. La première guerre mondiale interrompra l'explorateur.
Après la guerre, Charcot reprend ses campagnes océanographiques.
Au retour de ses expéditions, Charcot revenait toucher terre à Neuilly où il avait gardé ses attaches, non loin de la maison où Louis de Bloglie travaillait à la mécanique ondulatoire.
Dans la nuit du 15 au 16 septembre 1936, Le "Pourquoi-Pas ?" son navire, est victime d'une tempête au large de l'Islande. Jean-Baptiste Charcot disparaît avec son équipage à l’âge de 69 ans…
Le 15 septembre à 7 h 30, Charcot écrit son dernier message confié à un paquebot anglais et qui parvient à son assistante, Marthe Emmanuel, de la Société de Géographie le 25 septembre soit 9 jours après le naufrage : "A 2 h du matin, c'était un cyclone ; maintenant calme plat ; nous nous disposons à partir dans la matinée après avoir reçu la météo... Nous allons partir. Que va être cette traversée ?"
A 13 h le Pourquoi-Pas ? quitte Reykjavik, salué par le consul de France, sa femme et tous les amis accourus sur le port.
Deux heures plus tard, un télégramme d'amitié adressé au consul de France signale que tout va bien à bord.
A 16 h la pluie commence à tomber, le temps se bouche. Le vent augmente, le baromètre baisse à une allure vertigineuse. Après concertation, la prudence commande de faire demi-tour mais pour gagner un mouillage, Il faut progresser de nouveau vent debout. La tempête est devenue ouragan.
Le "Pourquoi-Pas ?" ne peut plus avancer. Il a tenté pendant quatre heures de gagner le mouillage. A minuit, il lui faut "se mettre à la cape tribord amures". Il se trouve dans le demi-cercle dangereux d'une dépression de caractère cyclonique, un peu sur l'avant du centre.
En pleine nuit, à travers un rideau de pluie, avec un compas perturbé par des anomalies magnétiques, la dérive est presque incontrôlable. A 3 h du matin, le vent force encore. La brigantine est mise en loques. A 4 h 30, la flèche d'artimon s'abat brisant les antennes de la radio, interdisant désormais tout signal de détresse.
Lorsque l'aube commence à donner un peu de visibilité, les écueils de la région d'Alftanes apparaissent brusquement, à fleur d'eau, autour du navire. On essaie de pousser la machine pour manœuvrer, elle est à bout de souffle.
A 5 h 15, le 16, le Pourquoi-Pas ? touche brutalement à deux reprises sur un seuil rocheux et se couche sur tribord. La machine explose et s'arrête. Le navire s'écrase contre un nouveau récif. C'est le désastre total. Charcot et le Commandant Le Conniat, encore debout sur le pont, assistent à ce spectacle déchirant. Charcot s'écrie : Oh! les pauvres enfants! et libère la petite mouette Rita qui prend son envol après une dernière caresse.
Ces dernières minutes nous sont rapportées par le seul rescapé du naufrage, le maître-timonier Gonidec qui se retrouve à nager désespérément vers la côte rocheuse à travers des vagues déferlantes en s'agrippant à l'échelle de coupée du navire. Gonidec est récupéré sur la côte par deux paysans islandais.
Des pellicules photo ballottés par la mer ont aussi pu être retrouvées, développées, et ont livrés les dernières et émouvante photos des membres de l'équipage.
Les cérémonies funèbres se succèdent. A Reykjavik d'abord à l'arrivée des navires de guerre français puis dans la cathédrale. En France ensuite, après l'arrivée des 23 cercueils à Saint-Malo, port d'attache du "Pourquoi-Pas ?", puis à Paris où des obsèques nationales se déroulent le 12 octobre à Notre-Dame avec l'hommage du Gouvernement et des plus hautes personnalités de la France. Jean-Baptiste Charcot repose désormais aux côtés de son père au cimetière parisien de Montmartre.
Le 26 novembre 1948 l'aviso "Commandant Charcot", acquis par les Expéditions Polaires Françaises, armé par la Marine Nationale et commandé par le Capitaine de Frégate Max Douguet, quitte Brest pour la Terre-Adélie. Partie trop tard, affrontant en néophytes les glaces antarctiques particulièrement abondantes cette année-là, l'expédition ne peut atteindre la côte. Il faudra attendre le 20 janvier 1950, soit très exactement 110 ans après le débarquement de Dumont d'Urville, pour que la seconde expédition atteigne enfin la Terre-Adélie.
Pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Charcot
pour en savoir plus sur le "Pourquoi-Pas ?" :
http://gabierschimeriques.free.fr/pourquoi-pas.charcot/
La plaque de rue du Commandant Charcot a été photographiée à Poitiers, mais curieusement, la ville a préféré utiliser son titre de Docteur, qui ne rend pas compte de sa dimension d'explorateur.
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