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Aujourd'hui Lundi 8 Juin 2026, 159ème jour de l'année Nous fêtons les Armand, les Mars et les Médard |
Peintre, poète, graveur, décoratrice, Marie Laurencin est décédée le 8 juin 1956 à l'âge de 70 ans. Elle repose au cimetière du père Lachaise.
Elle reste, cinquante ans après sa mort, l'une des rares expressions artistiques et féminines épanouies du vingtième siècle.
Alors que le déséquilibre de la parité hommes/femmes en matière de plaques de rues qui reflète la longue domination des hommes en matière de notoriété est flagrant, ces dames se font de la concurrence bien involontaire, et le décès de Marie Laurencin quatre-vingts ans jour pour jour après celui de George Sand (1804-1876), prive cette dernière de sa Plaque du Jour.
Toutes deux eurent des amants célèbres. Pour George Sand, il s'agit d'Alfred de Musset et de Chopin, tandis que Marie Laurencin fut la muse d'Apollinaire (Qui repose lui aussi au Père Lachaise, mais dans une autre division). Les amours de son célèbre Pont Mirabeau ont été mis en musique par Serge Gainsbourg, et expriment les sentiments qu'Apollinaire éprouvait pour Marie Laurencin. Cherchez la femme !
Sa personnalité autant que ses créations artistiques lui confèrent encore aujourd'hui la réputation d'une peintre "miroir de l'âme secrète et des séductions de la femme des années vingt".
D'après une confusion qu'elle a entretenue de son vivant de nombreuses sources indiquent "1885" mais Marie Laurencin est née le 31 octobre 1883 à Paris. Après de solides études classiques et artistiques financées par un père bourgeois marié par ailleurs mais qui assumera financièrement sa paternité, elle s'impose très vite dans les milieux avant-gardistes de son époque. Dès ses premiers autoportraits et ses gravures réalistes en 1904, elle fait preuve d'une inspiration personnelle que les influences picturales variées qu'elle subira n'entraveront pas.
En 1907, elle expose pour la première fois au salon des Indépendants; C'est cette même année que Picasso lui fera connaître Guillaume Apollinaire. De cette rencontre, naîtra une liaison aussi passionnée que tumultueuse qui durera jusqu'en 1912 : c'est la période "Bateau Lavoir", lieu où se forgera la grande révolution plastique et poétique d'avant la première guerre mondiale, temps des influences réciproques qui auront tant d'importance dans le devenir artistique et poétique de notre siècle. Muse du poète, elle lui inspirera certains de ses plus beaux poèmes d'amour, dont "le Pont Mirabeau", tout en publiant elle -même sous le nom de Lois Lalanne.
Classée peintre cubiste par Apollinaire à cette époque, elle participera à de nombreuses expositions de ce mouvement sans pour autant jamais s'en réclamer. Traversée par des influences éclairs dues à ses multiples rencontres avec les grands novateurs de son époque : Toulouse-Lautrec, Matisse, Picasso, Braque, Derain, le Douanier Rousseau..., Marie Laurencin va désormais affirmer son style : un emploi particulier de couleurs fluides et suaves, une simplification croissante de la composition, une prédilection pour certaines formes féminines allongées et gracieuses lui permettront bientôt d'occuper une place privilégiée au cœur du Paris mondain des années vingt.
Sa présence et son talent ne se limitent pas au domaine de la peinture. Marie noue des liens profonds et féconds avec de nombreux écrivains pour lesquels elle illustre certaines œuvres : Gide, Max Jacob, Saint-John Perse, Marcel Jouhandeau, Jean Paulhan, Lewis Carroll et bien d'autres.
Devenue portraitiste officielle du milieu mondain féminin (Nicole Groult, Coco Chanel) après 1920, Marie Laurencin s'illustre encore comme décoratrice pour le ballet "les biches" de Poulenc (1924), puis pour l'Opéra Comique, la Comédie Française et les Ballets de Roland Petit au Théâtre des Champs Elysées.
Elle s'éteint à Paris en 1956 après une vie bien remplie.
Un musée entier lui est consacré au Japon depuis le centenaire de sa naissance en 1983. Le Trésor du Musée se compose actuellement de plus de 500 oeuvres, englobant toutes les périodes de la carrière de Marie Laurencin, y compris des schémas de ses livres de croquis en tant qu'étudiant d'art, jusqu'aux derniers travaux de ses années postérieures. En plus des peintures à l'huile, des couleurs, des croquis, et des aquarelles, le musée a une collection étendue de ses effets personnels, tels que les livres et les collections illustrés de poésies, de correspondance écrite de sa propre main, et de cartes en rapport avec ses années de lycée.
Pour en savoir plus :
http://pagesperso-orange.fr/mipithi/Cadre_peinture/Page_Marie_Laurencin/page_biographie.htm
Pour voir quelques unes de ses gravures et eaux fortes :
http://www.lockportstreetgallery.com/Laur2.htm
La Plaque du jour a été photographiée à Paris, sa ville natale et celle où elle repose.
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