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André Ernest Modeste Grétry, compositeur inspiré par les opéras comiques, est décédé le 24 (ou le 28 ?) septembre 1813 à Montmorency dans le Val d'Oise à l'âge de 72 ans. Il repose au cimetière parisien du Père Lachaise, non loin du regretté pianiste de jazz Michel Petrucciani.
La rue qui porte son nom à Paris, est tout comme un de ses prénoms, modeste (58m), mais il a eu la chance de la voir inaugurée de son vivant près du Boulevard des Italiens dans une rue voisine de la Comédie Italienne, en 1810.
Né le 8 février 1741 à Liège en Belgique, il est fils d'un violoniste d'église mais il manifeste peu de dons pour la musique. Il n'en étudie pas moins le chant, la basse continue et la composition. En 1766, il fait représenter à Genève, où il a rencontré Voltaire qui lui trouve de l'esprit, son premier opéra-comique, Isabelle et Gertrude (sur un livret de Favart).
La même année, il vient à Paris à une époque où l'opéra Comique prospérait.
Son goût pour la musique dramatique s'affirme ensuite rapidement. Grâce à la protection de l'ambassadeur de Suède, il peut faire représenter à Paris Le Huron (livret de Marmontel). Dès lors, il écrit des opéras et des opéras-comiques tel que "Colinette à la Cour", sans interruption, même pendant la Révolution française, jusqu'en 1803.
En marge de la musique, il s'essaya à la littérature en rédigeant principalement un ouvrage dont l'ambition était philosophique, "La vérité".
Il eut une fille, Lucille, musicienne précoce née en 1773 qui composa notamment "Le Mariage d'Antonio" et "Toinette et Lucas". S'il passa la Révolution sans encombre (durant cette période il fut inspecteur des Etudes au Conservatoire) il eut le malheur de la perdre en 1793, seulement âgée de 20 ans.
Pensionné par Napoléon, qui en fait l'un des premiers chevaliers de la Légion d'honneur, membre de l'Institut dès 1795, il se retire couvert de gloire à Montmorency, dans l'ancienne propriété de Jean-Jacques Rousseau, où il finira ses jours.
Le mérite de Grétry tient à la richesse et à l'invention de sa veine mélodique, à sa science du chant et de l'expression dramatique, qui lui valurent de réussir, en dépit d'une insuffisance manifeste de l'instrumentation et de la texture harmonique, les premiers chefs-d'oeuvre de l'opéra-comique français (Richard Coeur de Lion, Zémire et Azor) illustré à sa suite par Boieldieu, Auber ou Adam.
André Grétry est retombé dans l'oubli de nos jours, au moins parmi les profanes dont je suis, et ses meilleures oeuvres mériteraient paraît-il, d'être redécouvertes.
Pour preuve tout de même, l'année 2003 qui s'est placée entre autres choses, sous le signe des 300 ans de Saint-Pétersbourg. Le comité d'organisation avait prévu un programme très complet pour chaque mois de 2003 et « Pierre le Grand », un opéra de Gretry présenté le 13 janvier 1790 à la Comédie Italienne de Paris a été joué au Théâtre Alexandra les 25 et 26 avril 2003 sous la direction du chef d’orchestre, Serguei Stadler. Il s’agit du portrait de l’un des plus grands monarques européens, Empereur de Russie qui vécut 100 ans plus tôt (1672-1725) et qui, sous l’influence d’un maître à penser d’origine genevoise, Lefort, est devenu le premier monarque éclairé d’Europe.
André Grétry laisse environ 70 opéras-comiques et quelques opéras, des oeuvres instrumentales (parmi lesquelles six quatuors), de la musique sacrée, ainsi que des oeuvres littéraires, notamment des Mémoires ou Essais sur la musique (3 vol., 1797).
Pour en savoir plus :
http://www.musicologie.org/Biographies/g/gretry_andre.html
Sur ce site vous trouverez ses œuvres complètes, et de nombreux liens, dont celui vers le musée que la ville de Liège lui a consacré.
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