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Aujourd'hui Lundi 23 Mars 2026, 82ème jour de l'année Nous fêtons les Victorien |
le 23 mars 1911,
malade depuis de nombreuses années, Louis-Oscar Roty, sculpteur et graveur de médailles, auteur de la Semeuse de nos timbres, de nos francs, de nos euros, décède.
Les obsèques de Roty furent célébrées le 27 mars 1911
le Président de la République et les Académies y étaient représentés, au cimetière Montparnasse, des discours furent prononcés par MM. Waltner, au nom de l'Académie des Beaux-Arts, Laloux, Nénot, Luc-olivier Merson, Herbette, Constant Bernard et Paul Doumer.
Ce que l’on ignorait alors, c’est l’existence d’un testament, qui par un concours de circonstances inouï, s’est retrouvé dès l’année suivante entre les mains d’un libraire parisien
qui l’a aussitôt envoyé au président de la Chambre des notaires.
Les dernières volontés d’Oscar Roty avaient été cachées entre les pages d’une revue numismatique, et moins d’un an plus tard, Paris-Journal du 20 février 1912 en révélait la teneur :
« Le dix-sept novembre mil huit cent quatre-vingt-dix-neuf.
Ceci est mon testament: Je donne et lègue à ma chère femme tout ce que la loi me permet de lui laisser.
Je désire qu'elle n'invite à mes obsèques qui seront le plus modeste possible, que les amis que j'aimais bien et, dans mes relations, les personnes pour lesquelles j'avais de la sympathie.
Pas de fleurs, sinon celles que ma femme mettra sur le corbillard: un bouquet de violettes ou de giroflées. Dans ma bière, les fleurs qu'elle mettra en mes mains, aussitôt après ma mort.
Je la remercie de toute mon âme pour le bonheur qu'elle m'a donné. Je supplie mes enfants de l'aimer comme elle le mérite, de lui éviter tout chagrin, d'honorer le nom qu'ils portent.
Pas de délégation officielle de l'Académie des Beaux-Arts. Pas de discours sur ma tombe.
Je supplie mes amis de conserver à ma chère femme l'affection qui la soutiendra, de l'aider de leurs conseils et aussi de conseiller mes enfants. Je les en remercie de tout mon coeur à l'avance. »
17 novembre 1899
Signé: ROTY
Il est à espérer qu’à défaut d’obsèques conformes à ses écrits, ses proches ont, sans le secours de ses volontés dernières, observé naturellement les souhaits d’affection mutuelle qui resserrent dans l’épreuve. En tout cas, son arrière-petit fils Rida qui s’exprime à demeure dans la « Rue des Proches », perpétue sa mémoire et c’est lui m’a transmis copie de cet émouvant testament à nouveau rendu public.
« Parisien de naissance, et de famille modeste, Oscar Roty se révéla dès l'enfance éminemment doué pour les arts du dessin, et, sans avoir fait d'études classiques, il entra d'abord dans l'atelier de peinture de Lecoq de Boisbaudran, puis, quelques années après, dans l'atelier du sculpteur Augustin Dumont. Attiré par l'art de la médaille, il l'étudia sous la direction de Ponscarme : il avait trouvé sa voie. Il obtint en 1872 le deuxième grand prix de Rome, en 1875, après onze années de séjour à l'École des Beaux-Arts, le premier grand prix. À son retour de la Villa Médicis, il s'établit à Paris : le charme, l'esprit, la finesse de ses premières médailles lui valurent, aussitôt la notoriété et bientôt la gloire. C'est de 1880 que date un de ses plus purs chefs-d'œuvre, le portrait de Mme Oscar Roty, plaquette fondue d'une simplicité et d'une suavité de touche si rares. D'ailleurs Roty, qui avait obtenu au Salon de 1873 une 3e médaille pour un modèle de médaille, obtenait en 1882 une seconde médaille, et en 1889 une première médaille. Membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1888, il remportait l'année suivante, à l'Exposition Universelle, le Grand prix. Il était célèbre, et l'histoire de sa vie se confond avec celle de ses œuvres.
Comme portraitiste, il ne fut pas moins fidèle aux traditions de la sculpture française que comme créateur d'aimables allégories. Nous n'avons pas la place de dénombrer ici les plus beaux de ces portraits : pouvons-nous finir cependant sans citer celui de Pasteur, chef-d'œuvre si pénétrant, que la pensée y semble éternisée dans le métal ? »
Jean de Foville.
Roty est aussi l'auteur de près de 300 médailles et plaques moins connues mais dont le charme a fait sa réputation. On peut avoir un aperçu de son art sur:
http://www.finemedals.com/oscar_roty.htm
Par ailleurs, la Semeuse est le seul symbole monétaire qui survit depuis l'ancien franc de la III ème République, et outre son adoption sur les pièces en franc dès 1897, elle a
vu le jour sur un timbre de 15 centimes exactement le 2 avril 1903.. Elle eut un succès exceptionnel et sema pendant plus de 38 ans en France et dans de nombreux pays sous administration postale française pour réapparaître en 1960 avec le nouveau franc.
Le 20 février 2003 La Société Royale Philatélique de Londres (RPSL) a célébré le Centenaire de la Semeuse en organisant une exposition intitulée "100 Years of La Semeuse". Il y eut une présentation de pièces exceptionnelles, des discours sur l'origine et l'histoire de la Semeuse en présence d'une assemblée de philatélistes distingués.
http://www.rpsl.org.uk/la_semeuse/index.html
En France, cette date n'a pas suscité d'intérêt et rien à l'époque n'a été prévu par la Poste ou la Monnaie de Paris.
Pour en savoir plus sur Roty auquel un musée est consacré à Jargeau dans le Loiret :
http://www.loiret.com/cgloiret/staticcontent/loiret_musee_jargeau.php
La Plaque du Jour a été photographiée à Paris et m'a été envoyée sous forme de scan par son arrière-petit fils, Rida Roty.
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