![]() |
Aujourd'hui Lundi 13 Avril 2026, 103ème jour de l'année Nous fêtons les Ida |
Poète français, fabuliste dont le genre compte parmi les chefs d'oeuvre de la littérature mondiale, Jean de la Fontaine est mort à Paris le 13 avril 1695 et a été inhumé le lendemain au cimetière des Saints-innocents.
Il était né le 8 juillet 1621 à Château Thierry dans l'Aisne. A son époque, La Fontaine a été considéré comme un vagabond, un rêveur, et un amoureux du plaisir.
A raison d'ailleurs, car il ne s'en cachait pas :
" J'aime le jeu, l'amour les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu'au sombre plaisir d'un cœur mélancolique "
D'un caractère rustique, il n'a jamais été un vrai courtisan et s'est promené d'un protecteur à l'autre, parmi lesquels un certain nombre de protectrices, dont Marie Mancini, exilée plus tard et pour d'autres royales raisons à Brouage . Grâce à la nature universelle de ses fables, les poésies de La Fontaine au sujet des fourmis travailleuses, des lions courageux, et des sauterelles insouciantes sont encore largement lues.
Dans sa jeunesse il a tiré profit d'auteurs tels que Rabelais (1494-1553), ou François de Malherbe (1555-1628). Il est allé à Paris étudier la médecine et la théologie. Il se crut la vocation du cloître, mais il resta peu de temps au noviciat de l'Oratoire, avouant à son ami Boileau qu'il s'occupait plus volontiers à lire des poètes. Les rituels religieux l'ont ennuyé. Il s'est tourné ensuite vers le droit et fut en 1649 muni du titre d'avocat au Parlement de Paris. Il est toutefois retourné au pays en 1647 et a aidé son père, Maître des Eaux et Forêts. Il a tenu un certain nombre de charges de l'État, de peu de rapport. En 1647 il s'est marié avec Marie Héricart, une héritière, mais le mariage n'était pas promis à un grand avenir. La Fontaine avait décidé de devenir un auteur célèbre. Il a passé son temps en cercles littéraires avec Molière (1622-1673) et d'autres. En 1658 il a laissé sa famille et s'est déplacé à Paris, où il a vécu ses années plus productives, se consacrant à l'écriture.
Il a eu plusieurs mécènes, parmi lesquels Nicolas Fouquet (1615-1680), un homme d'état influent, surintendant des finances dont il recevait une petite pension pour peu de chose : il a dû écrire seulement quatre poésies en un an.
" Les longs ouvrages me font peur " disait-il. Néanmoins, il a honoré la commande d'un poème descriptif en vers français destiné à célébrer les beautés futures du château de Vaux le Vicomte. Il a encore écrit deux comédie, " Clymène ", et " les Rieurs du beau Richard " où il fait revivre la verve populaire, puis Fouquet a été arrêté en 1661, accusé de détournement et de trahison, et plus tard condamné à l'emprisonnement à vie. Son château, qui concurrençait celui de Versailles et faisait de l'ombre au roi, n'est peut-être pas pour rien dans l'histoire. Quand Fouquet a été emprisonné, La Fontaine a écrit sans résultat un de ses poésies plus belles, demandant la pitié pour son ancien protecteur. Pour éviter lui même l'arrestation, il a quitté Paris et a passé un certain temps en Limousin d'où il a écrit des lettres à son épouse qui n'appelaient pas de réponse.
De 1664 à 1672 il recherche la fonction peu fatigante mais peu rémunérée de gentilhomme servant à la Cour de la duchesse douairière d'Orléans. Il y gagne malgré tout l'anoblissement. En 1671, il fuit ses responsabilités : Il se défait de sa charge de Maître des Eaux et Forêts, vend sa maison et s'installe dans l'oubli de sa femme et de son fils.
" Je m'occupe si peu de mes affaires écrit-il à cette époque à la Champmeslé, que je ne sais quand elles finiront. C'est chose de dégoût que comptes, ventes, arrérages. "
En 1673 il devient, dans une famille de banquiers, membre de l'entourage de Mme de La Sablière qui lui fait mener une vie mondaine et le pousse vers l'Académie. En 1683 il est élu à l'Académie Française en récompense de sa contribution à la littérature française, non sans que le roi soit intervenu pour que Boileau qu'il a davantage en faveur, le soit avant lui. Dans le discours de bienvenue il a été dit à La Fontaine qu'il devrait maintenant la gloire du roi et n'avoir "aucun autre but que l'éternité de son nom." Aussi, en 1687 il commet une poésie laudative où il lui souhaite beaucoup de succès en France, hors de France et dans tout l'Univers.
Ses " fables choisies et mises en vers " ont été éditées au cours des 25 dernières années de sa vie. Le premier volume est apparu quand l'auteur avait 47 ans. Le livre inclut les environ 240 poésies et histoires des héros de la mythologie grecque, et des bêtes familières des fables d'Esope auxquels La Fontaine a sans aucune hésitation emprunté trame et idées. Ses derniers contes ont eu une édition posthume. Chaque conte a une morale et instruit à se comporter correctement ou comment la vie devrait être vécue. Dans le deuxième volume La Fontaine a basé ses contes sur des histoires d'Asie et d'autres endroits.
Les fables de La Fontaine ont été marqués par son amour de la vie et de croyance rurales dans l'hédonisme moral. Elles ont été largement traduites et imitées pendant les 17èmes et 18èmes siècles partout en Europe, et ailleurs. Lues de nos jours principalement par des enfants - ou par des professeurs pour leurs classes - leur attitude amorale originale a été oubliée. Ce côté réaliste était encore noté par Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) qui les a considérées inadaptées pour servir à l'enseignement.
À l'âge de 71 ans La Fontaine est devenu malade, et il a commencé à penser sérieusement à amender sa vie. Il a traduit les psaumes, a porté une chemise de crin, et a encore embrassé le catholicisme. Ce nouveau rôle n'a pas convaincu ses amis, qu'il avait par le passé convaincus que le plaisir est son "bien principal et congénital."
Il a regardé la vie et la société ironiquement. Au moyen de symboles et de dialogues pleins d'esprit, il a examiné différents types, ambitions, vice et vertus de la société. Les fables de La Fontaine sont non seulement des leçons morales, mais elles montrent également le plaisir de raconter et de maîtriser une grande variété de tonalités. Les figures animalières ont pu donner à La Fontaine cette liberté pour se distancer des sujets contemporains sensibles.
Toutefois avant sa mort, encouragé par son abbé à condamner publiquement ses histoires indécentes, il a brûlé une comédie qu'il avait juste composée.
Ci-après une courte fable, la 7e du deuxième recueil, inspirée de l'Aigle, par Esope :
" L'Oiseau blessé d'une flèche
Mortellement atteint d'une flèche empennée,
Un oiseau déplorait sa triste destinée,
Et disait en souffrant un surcroît de douleur :
" Faut-il contribuer à son propre malheur !
Cruels humains ! Vous tirez de nos ailes
De quoi faire voler ces machines mortelles.
Mais ne vous moquez point, engeance sans pitié :
Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre.
Des enfants de Japet toujours une moitié
Fournira des armes pour l'autre. "
Si l'on excepte comme remarque, que dans la mythologie grecque les enfants de Japet sont en fait ceux de Prométhée son fils c'est à dire les hommes, la morale est une prédiction encore d'une actualité sans faille.
Pour le comédien Jean Piat qui voue une grande admiration à La Fontaine, une de ses fables préférées est celle des animaux malades de la peste dont la morale proverbiale est " Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. "
Pour en savoir plus :
http://www.lafontaine.net/lafontaine/menu.php
http://poesie.webnet.fr/auteurs/lafontai.html
La Plaque du Jour a été photographiée à Atur, en Dordogne.
Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.