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Le Chanoine Kir, à l'origine du nom du fameux breuvage apéritif, est décédé à Dijon le 25 avril 1967 à l'âge de 91 ans. Il repose dans son village natal à Alise Ste Reine en Côte d'Or.
Issu d'une famille alsacienne installée en Bourgogne après 1870, Félix Adrien Kir était né le 22 janvier 1876. Entré en classe de 4ème au Petit Séminaire de Plombières lès Dijon en 1891. Il fait ses études en théologie au Grand Séminaire de Dijon. Ordonné prêtre en 1901, il est vicaire à Auxonne. A l'époque troublée de 1904, il est vicaire à Notre-Dame de Dijon. Il est ensuite curé de la paroisse de Bèze. Mobilisé en 1914, libéré en 1918, il retrouve sa paroisse de Bèze pour six années. Puis il est ordonné curé-doyen de Nolay en 1924. Quatre ans après, il est à la direction des Oeuvres diocésaines.
Excellent orateur, polémiste redoutable, il est appelé par Mgr Petit de Julleville, évêque de Dijon, à assurer la rédaction en chef du Bien Public dirigé par le Chanoine Bellorgey. Il porte souvent la contradiction dans les meetings et dans les réunions de la Libre pensée.
En 1940, les circonstances en font un homme politique. Le chanoine Kir est un résistant de la première heure. Il défend ses concitoyens face à l'occupant allemand. Durant le conflit, il assure leur ravitaillement. Il rend possible l'évasion de 5000 prisonniers de guerre français du camp de Longvic. Arrêté pour son activité de résistant, il est condamné à mort. Il force le respect du vainqueur par son cran et sa dignité. Gracié, il n'en continue pas moins son action clandestine. Arrêté une seconde fois, il est l'objet d'un attentat perpétré par la Milice. Grièvement blessé, il réussit à se soustraire aux recherches de la Gestapo décidée à le supprimer. On lui décerne la citation à l'ordre de l'Armée lors de sa nomination au grade de chevalier de la Légion d'Honneur, en 1945.
A la Libération, le chanoine est naturellement élu maire de Dijon. Il a déjà 69 ans. Conseiller général, député de la Côte D'Or de 1945 à 1967, il est le Doyen d'âge de l'Assemblée Nationale de 1953 à 1967.
Il aime l'Ouche dans laquelle il s'est souvent baigné. En tant que maire, il a le pressentiment que l'eau deviendra à la mode, indispensable pour les loisirs. Pour lui, il est impératif de doter Dijon d'un grand plan d'eau qui lui fait si cruellement défaut. Le choix de l'emplacement du futur lac est indiscutable : il sera la solution idéale aux crues et à la régularisation du cours de l'Ouche, à proximité de Plombières. Il acquiert donc des terrains dès 1952. Les débats municipaux autour du lac sont houleux. En 1960, Félix Kir accélère la prise de décision et le lac est enfin inauguré en 1964. Il est désormais entouré de 30 ha d'espaces verts, et ses rives ouvertes à la pèche, sont propices comme il l'avait pensé aux activités sportives ou de détente.
Personnage original, le chanoine Kir n'hésitait pas à se coiffer du casque de pompier ou du képi de l'agent pour faire la circulation devant l'Hôtel de Ville.
Son internationalisme l'avait conduit à jumeler Dijon avec plus de vingt villes étrangères, de Mayence à Dallas, de Reggio à Jerez, dont deux cités guinéennes, Nankan et Labé.
Pendant près de 28 ans, le chanoine a remodelé les vieux quartiers de Dijon, et en a entrepris de nouveaux. Il a donné une impulsion considérable aux constructions de logements, mais aussi d'écoles, d'hôpital.
Il n'a pas inventé, comme on pourrait le croire, la fameuse boisson à laquelle il donna son nom. Mais il eut la bonne idée d'offrir un blanc-cassis (blanc-cass) comme apéritif à tous les visiteurs qu'il recevait en tant que maire de Dijon, dans les Cuisines ducales. En 1952, il donne à la famille Damidot, propriétaire de la société dijonnaise Lejay-Lagoutte, le droit d'utiliser son nom à des fins commerciales. Pour ne pas peiner les concurrents liquoristes de Dijon, Félix Kir leur donne ensuite la possibilité de faire de même, mais l'antériorité joue en faveur des Damidot, de Lejay-Lagoutte. Douze années de procès sont nécessaires pour permettre à cette société de se voir reconnaître, une fois rendu l'arrêt de la cour de cassation du 27 octobre 1992, l'appartenance exclusive de la marque "Un kir". Depuis, Lejay-Lagoutte est en droit d'attaquer tous les établissements qui propose sur leur carte un kir maison.
Le kir traditionnel est composé d'1/3 de crème de cassis de Dijon et de 2/3 de vin blanc aligoté. C'est un apéritif.
Ses successeurs à la mairie de Dijon furent de 1968 à 1971 Jean Veillet (1901-1985) qui a depuis peu un boulevard à son nom, puis Robert Poujade né en 1928 dont le mandat sera reconduit durant 30 ans. Le maire actuel est François Rebsamen, né en 1951.
Nommé commandeur de la Légion d'Honneur en1957, Félix Kir restera pour les Bourguignons un personnage au charisme affirmé. Et le 24 janvier 1976, la Ville de Dijon a inauguré un monument élevé à la mémoire du chanoine, près du lac désormais lac Kir, gagné de haute lutte. A t-on bu un kir en son honneur ce jour là ? probablement, mais encore plus probablement pas coupé avec l'eau du lac !
Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chanoine_Kir
http://http://christaldesaintmarc.eklablog.com/dijon-le-chanoine-kir-c103436
La Plaque du Jour a été photographiée à Dijon par un ami internaute à qui je dois d'habitude des photos avignonnaises. Elle n'est malheureusement pas légendée.
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