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L'architecte Le Corbusier, de son vrai nom Charles-Edouard Jeanneret, représentant unique d'une architecture insolite, dont la réalisation symbolique est la "Cité Radieuse" (Marseille 1952) est mort noyé en Méditerranée à la suite d’une défaillance cardiaque, le 27 août 1965 au Cap Martin. Il avait 77 ans. Il repose au cimetière de Roquebrune Cap Martin dans les hautes Alpes, et avait lui-même conçu son monument.
Naturalisé français en 1930, mais né suisse le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le berceau de l’horlogerie suisse, le jeune Jeanneret échappe au destin familial de graveur de boîtiers de montre grâce à Charles L’Eplattenier (1874-1946), son professeur de dessin. Il n’a que dix-sept ans quand ce dernier lui obtient la commande de la villa Fallet en 1906.
Totalement inconnu en 1916 à son arrivée à Paris, Le Corbusier acquiert une réputation internationale en moins de dix ans. Il applique ses principes dans les villas La Roche et Jeanneret-Raaf (Paris, 1925), Cook (Boulogne-Billancourt, 1927), Stein-de Monzie (Garches, 1928), Baizeau (Tunis, 1929), Guiette (Anvers, 1926), et dans une moindre mesure dans des programmes et des recherches économiques comme les maisons de la Siedlung du Weissenhof à Stuttgart (1927) ou la cité Frugès (Pessac, 1924-1927).
Il a collaboré deux ans au cabinet d'études d'Auguste Perret à Paris, bâtisseur "de terrain", ayant hérité avec son frère des bases laissées par son père, constructeur aisé. La paire s'est rapidement établie comme spécialiste dans la conception concrète, à la pointe de l'expérimentation du béton armé. Perret a créé une architecture qui a efficacement mélangé des théories modernes avec les formes gothiques. Contrairement à la plupart des théoriciens modernes, Perret a montré un souci pour le détail et la texture. Il a établi un raccordement entre les formes normales, la symétrie et l'ordre classique, et le système structural du béton, sans aller jusqu'à développer les formes employées ensuite par le Corbusier.
Le Corbusier a plus tard voyagé en Allemagne pour collaborer sporadiquement avec Peter Behrens.(1868-1940), avant tout spécialiste d'architecture industrielle.
En 1922 il a été associé à Paris à son cousin, Pierre Jeanneret, et a adopté pour l'architecture le pseudonyme Le Corbusier (la corneille, adapté du dernier nom de Lecorbésier de son arrière grand-mère), pseudonyme déjà employé dans ses écrits, en premier lieu dans son ouvrage de 1917 "vers une nouvelle architecture"
Bien que sa motivation principale ait été celle de l'architecture, et dans l'architecture la plastique des formes, il a également touché avec succès à la peinture et à la sculpture
ainsi qu'au désign de mobilier et il a réfléchi à un nouveau système de mesures, le "Modulor".
Comme peintre il a travaillé avec Amédée Ozenfant et a inventé le mouvement puriste, un courant dérivé du cubisme. En 1920 il a fondé avec lui le magazine"L'Esprit Nouveau", pour lequel il a édité de nombreux articles sur ses théories architectoniques.
Une de ses contributions principales à l'architecture, hormis le rejet des modèles historique partagé avec d'autres architectes et théoriciens du mouvement moderne, est la compréhension de la maison comme une machine à vivre (ou selon sa formule "machine à habiter"), dans les synergies industrielles qui ont incorporé l'automobile, les grands transatlantiques et les avions.
Il a défini l'architecture comme "le jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière", basé sur l'utilisation logique des nouveaux matériaux: verre concret et plat renforcé dans de grandes dimensions ainsi que d'autres matériaux artificiels. Une de ses préoccupations constantes était la nécessité d'une nouvelle planification urbaine, adaptée aux nécessités de la vie moderne (plan de Voisin pour Paris, la Cité Radieuse, de nouveaux plans pour Alger, la ville de Chandigarh en Inde, etc..) Parfois appréciées et parfois non, ses idées ont eu une forte répercussion sur l'urbanisme du XXe siècle .
Paradoxalement alors qu'il aime la les formes scupturales, il a écrit:
“La rue courbe est le chemin des ânes, la rue droite le chemin des hommes”
Pendant la décennie 1920 il a proposé planifications et projets résidentiels. Ces recherches se formalisent dans les projets de maison économique Citrohan (1920-1922), ainsi baptisée en hommage à l’industrie automobile mais il a seulement pu construire une série de villas près de Paris qui lui a servi à faire spécifier ses cinq postulats sur la nouvelle architecture: des blocs élevés sur pilotis , plan libre, façade libre indépendante de la structure, grandes fenêtres longitudinales (fenêtre dans le longueur) et appartement couvert aménagé en parc ou toit-terrasse.
Dans les années 30, Le Corbusier possédait une caméra 16 m/m qu'il utilisait image par image pour capter la plasticité des éléments qui l'entouraient durant ses voyages et ses vacances.
Après la Seconde Guerre Mondiale, il est nommé architecte en chef de la reconstruction de La Rochelle-La Pallice, mais son plan à long terme, inspiré de ses principes, ne sera pas plus appliqué qu’à Saint-Dié où la population rejette son projet, soucieuse de retrouver son cadre de vie traditionnel antérieur.
C'est à Firminy dans la Loire, qu'il a laissé le plus d'enthousiasme architectural. La ville s'en est emparée avec conviction. Des visites du patrimoine Le Corbusier sont organisées afin de faire découvrir au plus grand nombre, plus qu’un ensemble de bâtiments, une conception révolutionnaire de la vie urbaine et de l’utilisation de l’espace au service de l’homme qui, selon Firminy, a fait et fera école...
Sans faire allusion à l'anniversaire de sa disparition, le journal "Libération" du 27 août 2003 a annoncé que les travaux interrompus en 1978 de l'Église Saint-Pierre de Firminy devaient reprendre en septembre. Propriétaire depuis 2002 de l'Église, la communauté d'agglomération de Saint-Étienne souhaite y installer en 2005, une antenne du musée d'art moderne, et en faire un lieu culturel de référence sur le travail de Le Corbusier. Inachevée en raison de difficultés financières et politiques, l'Église Saint-Pierre est sa dernière œuvre.
D'autres réalisations :
l'église du pèlerinage de Notre Dame du Haut de Ronchamp (France, 1950-1954), qui a eu les honneurs d'un timbre de la Poste,
les maisons Jaoul (Neuilly-sur-Seine, 1955)
Le monastère des dominicains de Sainte Marie de la Tourette (1957-1960)
Il a eu beaucoup de projets internationaux, souvent restés à l'état de projets, car pour ses idées controversées, les pouvoirs publics répugnèrent à lui confier des contrats.
Par exemple les propositions non retenues pour la Société des Nations à Genève (1927-1928) et le palais des Soviétiques à Moscou (1928).
En 1948, il élabore pour l’U.N.E.S.C.O. une règle de classification des voies de circulation dite "règle des 7 V", dont il n'est plus beaucoup question.
Il connaîtra néanmoins quelques réussites :
Le bureau central des coopératives d'URSS à Moscou (1928-1930),
Le ministère de l'Éducation nationale à Rio de Janeiro en collaboration avec Niemeyer et Costa, (1936-1943).
le Carpenter Center for Visual Arts (Harvard University, États-Unis, 1964),
le Secrétariat (1958) et le Parlement (1962) de Chandigarh en Inde.
Dans un film documentaire de Jacques Barsac de 1987, monté à partir d'entretiens avec le Corbusier dans les années 50, l'architecte raconte lui-même sa vie, ses combats, explique sa démarche, et donne les clefs de son oeuvre d'architecte, d'urbaniste, de peintre, de sculpteur et d'homme de lettres.
Le film aborde l'ensemble de la vie et de l'oeuvre de celui qui est présenté comme le plus grand architecte du XX° siècle, dans un déroulement chronologique. Il comporte une séquence de synthèse qui donne au spectateur la possibilité de se promener dans des projets que Le Corbusier n'a jamais pu réaliser. Le projet de la Ville de Trois millions d'Habitants de 1922 et de l'immeuble Durand à Alger de 1933-34 sont ainsi "matérialisés". Grâce à l'informatique, le plan Voisin de Paris de 1925 "existe" dans son site, et l'église de Firminy a été "terminée" l'espace d'un instant.
De 1912 à 1966, Il publie une cinquantaine de livres, et entre autres : Urbanisme (1925), "Vers une architecture" 1927, Précisions (1930), La Ville radieuse (1935), "la maison des hommes",1942 et "quand les cathédrales étaient blanches", 1947.
Le Corbusier soucieux d'éviter la dispersion de ses travaux a, de son vivant, engagé les moyens nécessaires pour qu'une Fondation lui survive.
La Fondation Le Corbusier, ouverte au public, est sise 8-10 villa des Roches, square du Dr Blache à Paris 16e
Elle est un exemple de Jeux de volume et de lumière.
Construite par l'Architecte en 1923, elle est représentative de l'architecture des années 20. Elle détient la plus grande partie des dessins, études et plans originaux de Le Corbusier.
De la même façon, il existera bientôt "la Maison blanche" Le Corbusier dans sa ville natale, qui peut-être utilise le brevet "Dom-Ino", déposé par lui en 1914, conçu pour une production en série et utilisant la préfabrication industrielle. La maison a été rachetée en 2000 par une Association, et elle est à la recherche d'un destin.
La pensée de Le Corbusier reste originale, car contrairement à la ville de Firminy, je pense qu'il n'a pas fait école. Il reste néanmoins une idée majeure : "la lumière comme matériau de l’architecture", à défaut d'un style. S'il a épousé les changements d'idées et de matières de son époque, ses solutions trop baroques, trop voyantes pour un patrimoine désormais protégé, trop chères aussi, ont rendu caduques ses vues idéales. Le patrimoine classique subrepticement détruit est souvent remplacé par une architecture médiocre soucieuse de laisser indifférent pour ne pas déclencher de mouvements d'opinion, ou tout simplement par manque d'imagination. Les contraintes drastiques de sécurité, les budgets étriqués des années de crise et les profits au moindre coût ont pour l'instant tenu sous le boisseau d'éventuels élans novateurs forts.
Pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Corbusier
http://www.http://www.fondationlecorbusier.fr/
La plaque du jour a été photographiée à Avignon par un ami internaute. Elle n'est malheureusement pas légendée.
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