![]() |
Aujourd'hui Mercredi 1er Juillet 2026, 182ème jour de l'année Nous fêtons les Aaron, les Dietrich, les Dirk, les Esther, les Goulven, les Servan, les Servane et les Thierry |
Jean Lurçat, peintre et tapissier, frère aîné de l'architecte André Lurçat. est né à Bruyères dans les Vosges le 1er juillet 1892.
Son oeuvre abondante est marquée par un symbolisme original, et a renouvelé la production de la manufacture d'Aubusson. Il s'est également illustré dans des domaines aussi variés que la peinture, l'estampe, le vitrail, la céramique ou encore comme décorateur de théâtre.
Après avoir fait des études de médecine, il s'intéresse à la tapisserie (sur canevas et à l'aiguille) dès 1915. En 1936, la manufacture nationale des Gobelins tisse sa première tapisserie en haute lisse : les "Illusions d'Icare". En 1938, il découvre l'exceptionnel ensemble de "L'Apocalypse" d'Angers, tissé à la fin du XIVe siècle par Nicolas Bataille.
Son style, mais aussi sa technique, ses couleurs, alors, changent. il retrouve les techniques oubliées du Moyen-Âge : une vingtaine de couleurs, six fils au centimètre carré, il décide de faire des "cartons" : projets, modèles spéciaux sans couleur mais numérotés pour la tapisserie,. Influencé par le cubisme, puis par le surréalisme, son univers symbolique s'affirme, privilégiant les motifs d'oiseaux, de soleils, d'étoiles déployés au moyen d'un graphisme simplifié et flamboyant.
En 1939, il s'installe à Aubusson et travaille avec les lissiers. La Manufacture nationale tisse un grand nombre de ses œuvres, dont "La Liberté", d'après le poème de Paul Éluard, tissée clandestinement en 1943.
En 1945 il achète les Tours de St-Laurent, forteresse du XIe siècle qui domine de ses ramparts la petite ville de Saint - Céré.
C'est à cette époque la fondation de l'Association des Peintres - Cartonniers de Tapisserie dont il est nommé président. Marc Saint - Saëns et Jean Picart - Ledoux en assurent la vice - présidence. Débutent pour lui des grandes expositions et des grandes compositions.
Nombreuses de ses tapisseries figurent dans les collections publiques françaises. En 1947, il dessine notamment "L'Apocalypse" pour l'église d'Assy en Haute-Savoie, construite par l'architecte Novarina.
1956 est une grande année pour lui. Outre de nombreuses expositions et conférences en Europe et aux Etats-Unis qui se poursuivent en 1957, il épouse sur le tard mais encore merveilleusement actif, Simone Selves, sa compagne de la Résistance en août 1956.
Il tisse également un l'ensemble de tapisseries, "La Grande Menace" composé de :
· "La Bombe Atomique" (4,40 x 9 m)
· "L'Homme d'Hiroshima" (4,40 x 2,90 m)
· "La Fin de Tout" (4,40 x 2,25 m)
Enfin, il édite et illustre un recueil de ses poèmes : "Domaine".
En 1957, il débute la "Joie de Vivre" qui deviendra "Le Chant du Monde" ; ensemble de tapisseries qui seront tissées à Aubusson chez Tabard, Goubely et Picaud. Cette œuvre de 465 m², divisée en dix panneaux dont le dernier sera posthume, illustre les angoisses de l'homme moderne.
En 1959 il est élu membre de l'Académie Royale de Belgique et de l'Académie Nationale des Beaux - Arts du Portugal.
1961est une autre grande année où le 9e élément du Chant du Monde, dernier tissé de son vivant voit le jour:
· "La Poésie" (4,40 x 10,40m)
Il crée de grandes céramiques pour l'Ecole de Saint-Denis et la poterie de San Vicens.
Intervient toujours en 1961, la Fondation du Centre lnternational de la tapisserie ancienne et moderne à Lausanne, dont il est élu président.
En 1962 il maintient un rythme de travail intense malgré une santé devenue fragile.
Il continue des expositions personnelles de tapisseries, céramiques, lithographies, gouaches, dessins, livres illustrés. lors de voyages et conférences en France, Suisse, Allemagne, et URSS.
Cette même année a lieu à Paris la rétrospective de son œuvre peinte entre 1920 et 1962.
En 1964 il est élu membre de l'Académie des Beaux - Arts de Paris.
Il continue à présenter son œuvre dans de nombreuses expositions dont celle du "Chant du Monde" au Musée des Arts Décoratifs de Paris, puis Arras et Lyon.
Il reçoit de nombreuses commandes officielles : "Dunkerque", "Les Deux Boussoles", "Beau de Nuit", "L'Afghan et les Insectes".
Il voyage en ltalie et en Egypte tandis que l'année suivante, la dernière de son existence, il séjourne en Grèce et au Mexique.
Au retour, il compose "Ornomentos Sagrados" (4,40 x 10,50m), dixième tenture du Chant terminée après sa mort mais qu'il espérait ne pas être la dernière; il envisageait d'en réaliser une autre sur la Musique.
Il meurt à St Paul de Vence dans les Alpes Maritimes le 6 janvier 1966 à l'âge de 73 ans et repose près des Tours, dans le petit cimetière de Saint-Laurent.
Sur sa tombe un soleil gravé dans la pierre avec une devise : "C'est l'aube", devise qu'il avait fait graver sur son épée d'académicien.
Ces deux mots sont le début d'une phrase écrite par lui :
"C'est l'aube d'un temps nouveau où l'homme ne sera plus un loup pour l'homme .... "
Sources :
http://perso.wanadoo.fr/dany.chacornac/jlurcat2.htm
http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/aub/chabass/aubusson/lurcat.htm
La plaque du jour a été photographiée à Boulazac en Dordogne.
Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.