![]() |
Aujourd'hui 13 Septembre 2026, 256ème jour de l'année |
Michel Eyquem Montaigne, le fameux auteur des " Essais ", est décédé le 13 septembre 1592 en son château à l'âge de 59 ans.
Montaigne était né le 28 février 1533 au château de Montaigne dans le Périgord. Son père, héritier d'une famille enrichie par le négoce, est le premier à abandonner sa profession pour vivre en gentilhomme. Son nom de Montaigne vient de Ramon Eyquem, riche marchand qui acheta la seigneurie de Montaigne, faisant entrer ce nom dans la famille, et le transmettant à Grimon Eyquem, lui-même père de Michel Montaigne. Grimon est le premier à abandonner sa profession pour vivre en gentilhomme. Il s'attache à donner une bonne instruction à son fils. À six ans, après avoir reçu les enseignements d'un précepteur allemand qui ne lui parle qu'en latin, Montaigne entre au collège de Guyenne à Bordeaux, réputé pour son enseignement. À treize ans, il apprend le droit à Toulouse et, en 1554, il est conseiller à la Cour des aides de Périgueux. Ses fonctions ne lui plaisent guère et la rencontre avec La Boétie en 1557 ( l’amitié entre les deux hommes est devenue proverbiale) lui ouvre de nouvelles voies.
Il fréquente la Cour jusqu'à la mort de son père en 1568. Il peut alors vendre sa charge et se retirer dans ses terres pour se consacrer à l'écriture et à la méditation. Il ne quitte sa fameuse " librairie " qu'en de rares occasions, lors de voyages pour des raisons politiques (il déjoue les intrigues de la Ligue), ou encore pour remplir ses charges de maire (de 1581 à 1585). Dès 1572, il entreprend la rédaction des Essais, dont la première édition paraît en 1580. Ses dernières années sont consacrées à une nouvelle version, publiée après sa mort.
Les Essais sont d'abord le livre d'un grand lecteur et le fruit de cette retraite intellectuelle que leur auteur décida de prendre en 1570. La lecture, mais aussi le fait de noter sur les textes ses propres commentaires, sont pour lui " source de délices ". Cependant, peu à peu Montaigne se met à exprimer à son tour sa pensée personnelle. Le ressort de sa démarche est le " connais-toi toi-même " de Socrate développé en " Fay ton faict et te cognoy ". L'idée directrice de son oeuvre est que tout homme porte en lui " la forme entière de l'humaine condition ". En s'analysant lui- même, Montaigne souhaite instruire et mobiliser son lecteur en l'incitant à suivre son exemple. En 1576, il fait graver une médaille qui porte sa devise, "Que sais-je ?", qui sera le point d'ancrage de toute son oeuvre et le fondement d'une nouvelle forme de pensée où le doute devient l'expression du devoir intellectuel.
Montaigne n'a plus l'enthousiasme encyclopédique de Rabelais; son scepticisme est un fait nouveau dans l'esprit de la Renaissance, animé à sa source par une grande confiance en la nature humaine. Mais les guerres de religion ont rendu Montaigne suspicieux à l'égard de toute certitude. Son scepticisme débouche sur une sagesse qui interdit désormais de juger en matière de morale, de politique ou de religion.
Révolutionnaire dans sa critique, Montaigne est cependant conservateur dans la pratique : pour lui, mieux vaut ne rien changer que de remplacer une vérité suspecte par une autre. Le savoir, la mesure, la connaissance de soi sont les seules voies de la sagesse pour vivre en accord avec la nature en se préparant à la mort.
En mourant il avait laissé deux exemplaires de la dernière édition des « Essais » publiée par lui en 1588, couverts de notes de sa main, en vue d’une nouvelle édition. Un de ces exemplaires a formé la base du texte de l’édition posthume de 1595.L’autre, donné au couvent des feuilllants (Montaigne avait été enseveli dans l’Eglise des Feuillants) par la veuve de Montaigne, resta dans la bibliothèque de la Communauté jusqu’à la Révolution. Il est aujourd’hui à la bibliothèque de Bordeaux, mais le couteau d’un relieur ignorant a fait disparaître une partie des précieuses annotations qui couvraient ses marges…
La famille de Montaigne posséda à Bordeaux des groupes d’immeubles dans l'actuelle rue de la Rousselle, non loin de la Garonne et du Pont de pierre. Au N° 25 est apposée une plaque où l’on peut lire : "Au XVIe siècle, sur l’emplacement des 23 et 25 rue de la Rousselle et 5 rue Fauré, anciennement rue Montaigne, était la maison de famille de Michel Montaigne, auteur des « Essais », maire de Bordeaux de 1581 à 1585". La rue de la Rousselle est une très vieille rue, évoquée à ses origines qui sont attestées dès 1165, sous le nom de Rossela.
La Plaque du jour a été photographiée à Bordeaux, où tout comme Montesquieu, Montaigne a laissé une profonde et durable empreinte.
Source :
http://classes.bnf.fr/dossitsm/b-montai.htm
Le 27 novembre 2003 a été dispersée une exceptionnelle collection des œuvres de Montaigne en exemplaires d'origine et reliure d'époque. C'est une passion qui avait touché un chirurgien du Touquet alors qu'il était adolescent dans l'isère. Avant l'âge de 30 ans, soit en 1958, il achetait un exemplaire de 1588 des "Essais" et a cherché et cité Montaigne dans le monde entier sa vie durant. En 1986, il s'est présenté à la mairie de Saint-Michel de Montaigne et a déclaré au maire : "Je suis Montaigniste et je voudrais me faire enterrer sur les terres de mon maître". Les dernières volontés de Francis Pottié-Sperry sont malheureusement exaucées, puisque décédé à l'âge de 64 ans, (cinq ans de plus que Montaigne) il y repose face au château, depuis le 20 novembre 2002. Sur sa tombe, un passage du chapitre III des "Essais" est gravé en lettres d'or.
Sa collection dispersée en plus de 150 lots pour près d'un million d'euros, comprenait des ouvrages de la fameuse bibliothèque de Saint Michel de Montaigne qui fut riche d'un millier de volumes. Les "Commentaires de la Guerre des Gaules de César" reçus par Montaigne pour ses 16 ans, ont constitué chez Sotheby's à Paris l'un des clous de la vente, avec un des rarissimes exemplaires privés de l'édition originale des "Essais" de 1580 dans sa reliure d'époque. La commune ne disposait pas des moyens d'acquérir ne fût-ce qu'un seul des lots...
Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.