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Les amateurs de théâtre de Boulevard, disposent avec Feydeau(1862-1921) , et Labiche(1815 1888) de deux auteurs prolifiques et uniques en leur temps, toujours joués aujourd'hui. L'un a pu succéder à l'autre, et tous deux reposent au cimetière de Montmartre à Paris.
Devenu Académicien français en 1880, Eugène Martin Labiche décède dans sa ville natale le 22 (ou peut-être le 23) janvier 1888.
Il était né à Paris le 6 mai 1815 dans une famille aisée de la bourgeoisie.
Son père, entrepreneur possédait une fabrique de "sirop et de glucose de fécule". A partir de 1825, Eugène effectue ses études secondaires au collège Bourbon (actuel Lycée Condorcet). Il obtient le Baccalauréat quelques années plus tard et se décide alors à entamer des études de droit. En 1833 cependant, Labiche interrompt celles-ci pendant son année de licence, désirant à présent se consacrer à sa passion, la littérature.
En compagnie de quelques amis, il effectue un long voyage l’année suivante, parcourant à pied l’Italie et la Suisse. Ses souvenirs et impressions, qui se présentent sous la forme de petites scènes fantaisistes, sont bientôt publiés dans les journaux parisiens puis réunis en 1839 sous le titre de "La Clef des champs". Dans ce roman, le seul rédigé par l’écrivain, est fait le récit de l’accession à l’âge adulte du héros, Émile Bèche. Il s’essaie également à la critique dramatique, livrant ses articles à la "Revue du Théâtre".
Avec la collaboration de nombreux auteurs déjà introduits dans les théâtres parisiens, Eugène Labiche se consacre bientôt au vaudeville, en vogue à l’époque. Il enchaîne alors les pièces qui sont jouées sur les grandes scènes parisiennes. Après "La Cuvette d’eau" en 1837 vient l’année suivante "Monsieur de Coyllin ou l’homme infiniment poli", premier grand succès de l’auteur. Il rédige également "L’article 960 ou la Donation" en 1840 puis "Le Major Cravachon" en 1844. Ces différentes œuvres, qui racontent inlassablement la vie conjugale et ses affres, mettant en scène de nombreux beaux-pères irascibles, lui permettent de se faire un nom auprès du public parisien.
En 1842, à l'âge de 27 ans, Eugène Labiche épouse une jeune héritière de dix-huit ans. Écrivant sans relâche, des pièces en un acte dont le comique est fondé sur des rebondissements successifs et des situations cocasses, il tente au cours de ces années d’entrer en politique. Le candidat malheureux à la députation de la Monarchie de Juillet réagit de manière hostile aux journées révolutionnaires de février 1848 et à l’avènement de la Seconde République. Deux pièces, dont l’intrigue repose sur les événements récents, "Le Club champenois" puis "La Rue de l’Homme-armé n° 8 bis", sont ainsi écrites sur un ton polémique, inhabituel chez l’écrivain.
Alors que l’Empire est rétablie en 1852, Labiche apporte un tour nouveau à l’art du vaudeville avec sa nouvelle œuvre, "Un Chapeau de paille d’Italie". La recherche de cet objet égaré est le fil conducteur de la pièce, parsemée d’événements imprévus. Le jour de son mariage, Fadinard, le héros, cherche ainsi un chapeau qui compromet une femme de sa connaissance. Les invités de la noce le suivent alors dans Paris, ignorant tout des mobiles véritables de sa démarche et accumulant les gaffes. Viennent ensuite "L’Affaire de la de la rue Loucine" en 1857, une comédie cauchemar ; "Le Baron de Fourchevif" en 1859, fondée sur la caricature d’un bourgeois ; "Le Voyage de monsieur Perrichon" en 1860. Avec cette dernière pièce, créée le 10 septembre au Théâtre du Palais-Royal, Eugène Labiche se fait le critique de la bourgeoisie enrichie du Second Empire, en mettant en scène un commerçant parvenu, inculte et vaniteux. Après "La Poudre aux yeux" en 1861, "La Cagnotte" en 1864 connaît un grand succès. La même année, "Le Point de mire" est représenté à Compiègne devant l’Empereur Napoléon III.
Maintenant enrichi grâce à cette activité lucrative, devenu un auteur respectable, Eugène Labiche fait l’acquisition en 1853 d’une propriété de neuf cent hectares en Sologne, dans le village de Souvigny (Loir-et-Cher), une commune dont il deviendra maire. C’est dans son domaine qu’il se retire en 1869, peu après le déclenchement de la guerre franco-prussienne. Labiche se consacrera d’ailleurs de plus en plus à la mise en valeur de ses terres.
Après "Le plus heureux des trois" en 1870, "Doit-on le dire" en 1872 et "Vingt-neuf degrés à l’ombre" en 1873, Eugène Labiche fait jouer sa dernière pièce en 1877, "La Clé". Il cesse dès lors d’écrire pour la scène et se consacre à la publication de son "Théâtre complet" (1878 – 1879). Réuni à l’initiative de l'auteur dramatique et autre académicien Émile Augier (1820-1889) , celui-ci ne comporte que cinquante-sept pièces sur les cent soixante-treize effectivement écrites par l’auteur.
Le 28 février 1880, Eugène Labiche est reçu à l’Académie française. Il se partage ensuite entre la Sologne et Paris où ses chefs-d’œuvre sont repris triomphalement jusqu'à son décès à l'âge de 72 ans.
Source :
http://www.19e.org/personnages/france/L/labiche.htm
Cette biographie est le fait de Marc Nadaux, des éditions d'histoire ANOVI
et elle est reproduite avec une encourageante autorisation de l'Éditeur.
Par curiosité de l’Histoire, ou pour informations, commandes, lieux de diffusion,
visite conseillée du site des Éditions ANOVI ici :
http://www.anovi.org/
Un critique de théâtre contemporain, Jean-Pierre Léonardini, a écrit en 1998:
"Du génie, Labiche ? Sans aucun doute. Plus ça va, moins on l'ignore. Quelque cent soixante pièces à son actif, avec ou sans aide (il appréciait l'écriture à quatre mains), constituent un massif incontournable, comme on dit ces temps-ci. Du vivant de Labiche, Francisque Sarcey, "l'oncle" de la critique, jugeait ses comédies mal fichues, n'ayant "ni commencement, ni milieu, ni fin ; c'est une succession de scènes détachées que relie tant bien que mal le fil du titre". Ce point de vue classique sur la pièce bien composée faisait bon marché de ce qui nous comble justement aujourd'hui, après l'approche surréaliste et Philippe Soupault (Note de ruedesrues : qui repose également au cimetière de Montmartre) s'est penché avec bonheur sur Labiche, ainsi que Ionesco et toutes les variantes de "l'absurde". L'engouement de metteurs en scène contemporains au regard aigu tel Patrice Chéreau (Note de rdr : dont je viens d'apprendre qu'il a donné de son vivant le 25 octobre 2003 son nom à une rue de son village natal – Lézigné - dans le Maine et Loire) en est la preuve. On aime désormais en Labiche l'organisateur de cauchemars, l'organisateur méticuleux de paniques incoercibles chez des personnages voués à la plus pitoyable foirade.
Il est deux façons de jouer Labiche. La première table sur la vitesse confondue avec la précipitation. Des fantoches s'agitent, jettent les répliques à la volée au fil d'un ping-pong frénétique. L'autre mode consiste à donner du relief aux personnages."
J'ai pu voir jouer sur une scène parisienne "Les Chemins de Fer" de Labiche, pièce qui m'a laissé une impression durable, effectivement sans début ni fin, mais grouillant de vie et répondant bien à la fois à la critique et aux compliments mérités par l'auteur. L'enchantement en tous cas, provenait du surréalisme des tableaux enlevés et des répliques cocasses et fugitives, le rythme chassant toute tentative d'analyse simultanée.
Pour voir tous les titres des œuvres d'Eugène Labiche :
http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/publications/oeuvres.asp?param=447
La Plaque du Jour a été photographiée à Brive, en Corrèze.
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