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L'actrice et écrivain Simone Signoret est décédée le 30 septembre 1985 dans la propriété d'Auteuil-Anthouillet en Normandie qu'elle partageait avec Yves Montand. Elle était âgée de 64 ans et repose au cimetière parisien du Père Lachaise.
Simone était née le 25 mars 1921 à Wiesbaden , en Allemagne. Fille d'André Kaminker, interprète, et de Madame, née Georgette Signoret, elle choisit le nom de jeune fille de sa mère comme nom de scène.
Elle passe sa jeunesse à Paris, suit les Cours Sicard, et pour son époque, devient tout de même bachelière.
Pendant la guerre et, comme elle le dit, "afin de ne pas crever de faim", elle était sténo-dactylo, et donnait des leçons d'anglais. Devenue amie avec les membres du "Groupe Octobre", communauté d'artistes surréalistes animée par les frères Pierre et Jacques Prévert. elle débute à l'écran à la même période, comme figurante dans "Les Visiteurs du Soir"de Marcel Carné, écrit par Jacques Prévert et dans "Adieu Léonard" de Pierre Prévert avec Charles Trénet.
Elle n'avait pas exactement la vocation, mais Jean Boyer lui donna une petite chance dans "Le Prince charmant", en 1941. Avec sa franchise habituelle, elle avoue: "J'étais sans aucun doute la plus grande des gourdes, ne connaissant absolument rien du métier...". Lucide et intelligente, elle apprit vite. Son premier vrai film, quatre ans après, fut "Les Démons de l'aube". dont le réalisateur Yves Allégret (1907-1987) était son mari, et le père de sa fille Catherine, qui venait de naître.
Elle obtient le Prix S. Bianchetti en 1947 mais son premier vrai grand rôle ne lui vint qu'en 1948 sous les traits de "Dédée d'Anvers". « Simone Signoret a trouvé enfin, avec "Dédée d'Anvers", le rôle qu'elle attendait et qui la classe d'emblée parmi nos grandes comédiennes de l'écran. La sobriété et l'intensité de son jeu étonnent chez cette très jeune artiste qui est presque une débutante. Si Simone Signoret ne galvaude pas son talent, elle ira très loin ».
Claude Hervin, Paris-Presse, 7 septembre 1948.
Elle épouse en secondes noces Yves Montand le 22 décembre 1951. Malgré l'épisode Marilyn Monroe, on a pu dire de leur couple uni jusqu'à sa mort, qu'il était le pendant cinématographique du célèbre couple de théâtre Renaud-Barrault, lequel ne s'était pas non plus formé sans reléguer au passage un conjoint.
Elle écrira d'une manière fort philosophe : "Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il le faut."
C'est dans ce même moment que sa carrière a pris un tournant décisif, avec Casque d'or de Jacques Becker en 1951, qui est son film préféré mais dont le succès commercial viendra de l'Angleterre. Elle obtiendra le Prix féminin du cinéma en 1952.
La France accueillit beaucoup mieux "Les diaboliques" de Georges-Henri Clouzot qui lui valut le Grand Prix d'interprétation féminine de l'Académie du cinéma en 1955
Elle joua sur les planches avec Yves Montand une pièce d'Arthur Miller sur le maccarthysme : "Les Sorcières de Salem" adaptée ensuite par Jean-Paul Sartre pour le film du même nom de Raymond Rouleau qui assoira sa stature de grande actrice en 1957.
C'est en 1959 qu'elle tourna en Angleterre "Room at the top", de Jack Clayton; devenu en France " Les Chemins de la Haute Ville", rôle qui lui vaudra l'Oscar de la meilleure interprétation féminine à Hollywood en 1960.
Venue au cinéma un peu par hasard plus que par passion, elle ponctue ensuite sa carrière de belle longévité, de films remarqués, tel "Compartiment tueurs" de Costa Gavras en 1965 ou engagés, en accord avec les idées d'Yves Montand.
En 1970, dans "l'Aveu", justement avec Yves Montand, elle dénonce les répressions staliniennes et son rôle lui vaudra d'excellentes critiques :
« Simone Signoret dont une simple apparition suffit pour créer un climat, montre une fois de plus qu'elle garde le privilège de l'intelligence et du cœur : elle vit intensément chaque moment du film, cessant depuis longtemps de jouer, pour être… ».
Henry Chapier, Combat, 29 avril 1970
En 1971"Le Chat" de Pierre Granier Deferre aux côtés de Jean Gabin confortera sa nouvelle image de femme mûre, et physiquement différente de ses débuts, et elle assumera toujours son âge et sa voix progressivement altérée. Sous la direction du même metteur en scène, elle sera également la même année la partenaire d'Alain Delon dans "la veuve Couderc",
Ses deux derniers films seront "La Vie devant soi" d'après Emile Ajar (Alias Romain Gary) de Moshe Mizrahi en 1977, et L'Étoile du Nord de Pierre Granier-Deferre en 1982.
Elle a aussi joué pour la télévision, et a été l'interprète d'émissions dont "Madame le Juge" en 1976, "Thérèse Humbert" en 1983, et "Music-hall" en 1985.
Avec "les sorcières de Salem" elle n'a pas esquivé la vérité du théâtre, jouant en outre "Macbeth" au Royal court de Londres en 1966, "au tarif syndical".
Souvent au surplus, elle a fait entendre sa voix ailleurs que sur les planches ou les décors de cinéma, pour défendre de sa notoriété des causes humanitaires.
La fin de sa vie est surtout consacrée à l'écriture, avec deux livres de souvenirs : "La nostalgie n'est plus ce qu'elle était" en 1976 et "Le lendemain elle était souriante", en 1979.
L'année de sa mort, paraît son premier roman "Adieu Volodia" salué par la critique.
Atteinte d'un cancer du pancréas, elle s'éteint dans la popularité qui a succédé à sa gloire, suscitant immédiatement de nombreux éloges : « Une reine. On dira « l'époque de Signoret » pour parler de celle qui part des années 50 jusqu'à nos jours. Le plus grand ambassadeur français du XXème siècle. Elle a sorti la France de ses gonds, elle l'a faite internationale. Elle a crié les droits de l'homme partout. Impossible de remplacer Signoret. » écrira le lendemain de sa mort Marguerite Duras, dans "Le Quotidien de Paris", daté du 1er octobre 1985.
La Poste a émis un timbre à son effigie en 1998.
Source :
http://www.ecrannoir.fr/stars/legendes/signoret.htm
http://www.livrenpoche.com/auteur-7623.html
La plaque du jour a été photographiée à Sarlat. Elle n'est malheureusement pas légendée.
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