![]() |
Aujourd'hui Vendredi 2 Octobre 2026, 275ème jour de l'année |
José Maria de Heredia, descendant des Conquistadors, poète et académicien, est décédé le 2 octobre 1905 à l'âge de 62 ans, au château de Bourdonné près de Houdan dans les Yvelines. Il repose au côté de sa mère, dans le cimetière du village de Bonsecours en Seine Maritime
José Maria de Heredia était né à La Fortuna, près de Santiago de Cuba, le 22 novembre 1842, d'un père cubain et d'une mère normande, famille de planteurs aisée et instruite. Son ancêtre paternel venait d’Espagne. C’était un noble aragonais, le fameux Pedro de Heredia, qui partit sur les caravelles de Bartolomeo, frère de Christophe Colomb, et qui construisit Carthagène. Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, les Heredia furent colons à Saint-Domingue, où ils possédaient la province de Bani. Ruinés par la grande révolte noire, ils durent passer à Cuba. Le père du poète, défricha, et créa de ses mains les plantations de la Fortuna. Il mourut jeune.
José Maria est élevé dans le goût de la littérature française par sa mère, petite-fille d’un président à mortier du parlement de Rouen . Il étudie à La Havane puis à Paris. En 1861, il s'installe définitivement en France et suit des cours à Paris à l'Ecole des Chartes de 1862 à 1865. Partagé entre ses racines cubaines et normandes, il choisit d'écrire en français et commença à composer des poèmes très influencés par l'école parnassienne.
Il publie ses premières oeuvres dans diverses revues, dont le Parnasse contemporain de Leconte de Lisle. Il collabore ensuite à la Revue des Deux Mondes, au Temps et au Journal des Débats.
Il publie une traduction de l'espagnol, "l'Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle Espagne", par le capitaine Bernal Diaz del Castillo (3 volumes, 1877-1878) et la "Nonne Alférez" en 1894.
En 1893, il regroupe dans "Les Trophées" cent dix-huit sonnets. Il méditait longuement un sujet, il trouvait une image, un trait, un vers, puis un autre, qu’il notait. À haute voix, en se promenant, il ne se lassait pas de les dire, pour en éprouver le son. Lentement, le tableau apparaissait. Ce n’est qu’au bout de dix ans qu’il a trouvé le deuxième tercet du Vitrail. Et quand il avait eu toutes ses bonnes fortunes, venait l’heure des remaniements infinis, retouches de rythmes, scrupules de justesse, recherches d’harmonies. « L’homme, disait-il, s’il n’est pas éternel, peut du moins être patient. L’amour et la patience unis sont bien forts. » Cette publication lui assure un grand succès et le place comme figure importante du mouvement du parnasse.
Jamais ses racines de Conquistador n'ont déserté ses pensées et son inspiration.
Voici un de ses plus célèbres poème qui fait partie du recueil des Trophées :
Les conquérants
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.
Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.
Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;
Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.
Il est élu à l'Académie française le 22 février 1894. Il était membre de la Commission du Dictionnaire. Il fut aussi conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal et secrétaire d'ambassade.
Lors du voyage des souverains russes à Paris, en 1896, José-Maria de Heredia composa le "Salut à l'Empereur", la poésie remarquée lue par Paul Mounet, de la Comédie-Française, à la cérémonie de la pose de la première pierre du pont Alexandre III.
En 1989, la fille de l'écrivain Arthur Conte, Dominique Bona a publié une biographie des filles du poète : "Les yeux noirs" Ou les vies extraordinaires des soeurs Heredia. Celles-ci en effet côtoyèrent Marcel Proust, Pierre Louïs, Henri de Régnier, Paul Valéry, et d'autres.
Aujourd'hui, une avenue de Bonsecours porte le nom de Heredia, ainsi que le groupe d'écoles primaires, et sur sa tombe d'Officier de la Légion d'Honneur est gravée cette phrase : . «Mon âme vagabonde à travers le feuillage, Frémira...»
Source :
http://www.communes76.com/celeb1.php?num=87
et extraits du discours de Maurice Barrès, son successeur à l'Académie Française, lors de son discours de réception.
La Plaque du Jour a été photographiée à Bergerac, en Dordogne. Comme la plupart des plaques de Bergerac, elle n'est pas légendée.
Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.