![]() |
Aujourd'hui Lundi 19 Janvier 2026, 19ème jour de l'année Nous fêtons les Arsène, les Marius et les Pia |
Auguste Comte naît le 19 janvier 1798, à Montpellier, dans une famille monarchiste et catholique. Son père, fondé de pouvoir à la recette municipale, consciencieux et terne, n’aura guère d’influence. D’un frère, tôt expatrié et disparu, d’une sœur insignifiante, il ne dira presque rien En revanche, il vénère sa mère, Rosalie Boyer.
Auguste Comte effectue d’excellentes études. Dès l’âge de seize ans, il est admis, premier sur la liste du Midi, à l’École polytechnique. C’est durant sa scolarité secondaire que l’étudiant perd la foi, jugée incompatible avec la science qu’il découvre. Auguste Comte s’éloigne en même temps des idées royalistes sans pour autant se rallier à Napoléon. Il se rapproche même à l’époque des idées révolutionnaires. En avril 1816, l’École polytechnique est fermée pour cause de jacobinisme. Comte rentre alors à Montpellier où il suit quelques cours de la faculté de médecine. Il retourne à Paris où il devient répétiteur de mathématiques.
En août 1817, Auguste Comte devient le secrétaire de Saint-Simon et collabore bientôt à la revue L’Industrie. De nombreux opuscules sont également rédigés par les deux hommes. La pensée de Comte s’élabore à cette époque. Considérant le désordre de la société industrielle qui s’édifie, l’égarement des esprits, la misère du prolétariat, Comte envisage une réforme. À la société théologique et militaire doit succéder une société scientifique et industrielle. À la foi doit se substituer la science, aux prêtres les savants, aux hommes de guerre les entrepreneurs. L’entente de Comte avec Saint-Simon est courte : un conflit d’auteurs les brouille à l’automne 1824.
C’est alors qu’Auguste Comte épouse Caroline Massin en 1825, une soi-disant blanchisseuse, en réalité une prostituée. Caroline Massin fugue. Comte en est très affecté. Il est probable que cet épisode soit la raison de sa crise mentale et de sa tentative de suicide qui interrompent son Cours de philosophie positive. Comte pardonne encore une seconde incartade mais, ne pardonne pas la troisième. Le couple se sépare en 1842.
Après son mariage, Auguste Comte s’efforce de gagner sa vie en ouvrant un cours libre de philosophie, rue Saint-Jacques. En 1831, il demande, en vain, la chaire d’analyse à l’École polytechnique. L’année suivante, cependant, l’institution l’accueille en tant que répétiteur d’analyse et de mécanique avant qu’il ne devienne, en 1836, examinateur à l’entrée de l’école. Quelques années plus tôt, en 1833, François Guizot a refusé la création en sa faveur d’une chaire d’histoire des sciences au Collège de France. On invoque contre lui ses " opinions républicaines ", pourtant à tel point marginales qu’il ne se reconnaît pas dans le parti républicain. En 1844, Auguste Comte perd son poste d’examinateur et demeure sans ressources.
C’est pourtant durant cette période agitée et malheureuse que s’exerce son activité créatrice. De 1826 à 1844 en effet, il professe le Cours de philosophie positive devant un auditoire variable, mais toujours brillant, composé entre autres, d’ Alexander de Humboldt, de Lazare Hippolyte Carnot, Henri de Blainville, Louis Poinsot, Émile Littré, John Stuart Mill… L’admiration qui entoure l’orateur contraste avec l’hostilité officielle.
En octobre 1844, Auguste Comte fait la rencontre d’une femme de lettres, Clotilde de Vaux. Celle-ci est la sœur d’un de ses élèves et vit séparée de son mari. Phtisique, elle attend peu de l’avenir. Clotilde est âgée d’une quinzaine d’années de moins que le philosophe qui en tombe éperdument amoureux. Elle ne lui accorde qu’une liaison platonique. Les visites d’Auguste Comte sont pourtant mal reçues par la famille, qui les juge compromettantes. C’est néanmoins sous les yeux du philosophe qu’elle meurt, le 5 avril 1846 Après sa mort, la passion de Comte se transforme en véritable culte religieux. Clotilde de Vaux devient le principal des trois anges gardiens de la religion positiviste, la sainte majeure, une déesse mère. Le second ange est la mère de Comte tandis que le troisième est Sophie, sa servante, que Comte adopta. Ainsi mère, épouse et fille sont transposées sur le plan spirituel.
Pendant cette période, Auguste Comte publie un Traité élémentaire de géométrie analytique , un Discours sur l’esprit positif , préambule au Traité philosophique d’astronomie populaire (1843), reprenant un cours gratuit professé à la mairie du IIIème arrondissement depuis 1831 et qui durera jusqu’en 1848. Enfin, de 1844 à 1847, paraissent les quatre tomes du Cours de philosophie positive. Ces ouvrages précisent ainsi sa pensée. Pour Auguste Comte, la science se révèle comme le seul type de croyance efficace. En conséquence, elle est le fondement de la réforme sociale. Cependant toute vérité doit être prouvée. Et si seul un petit nombre d’hommes est susceptible de comprendre les démonstrations scientifiques, cela est sans importance car la science fournira même aux ignorants une foi suffisante pour établir un nouvel ordre social.
Depuis 1845, Comte survit grâce à l’argent que lui versent ses disciples. Cette gêne financière ne ralentit pourtant pas son activité. En 1847, il annonce la fondation de la religion de l’humanité. Avec la science, les croyances théologiques se trouvent désormais privées de sens. Cependant les hommes ont besoin d’un objet d’amour plus haut qu’eux-mêmes, ils ont besoin du pouvoir spirituel, bref, il leur faut une religion Pour Comte, la solution est d’adorer l’humanité elle-même. A Dieu, Comte substitue ainsi l’humanité Les grands hommes reçoivent l’immortalité subjective qui se substitue à l’immortalité de l’âme ou à la résurrection, impossibles à croire. Ils sont honorés après leur mort et, éventuellement, célébrés dans le culte. Auguste Comte annonce la paix et l’harmonie parfaites pour le XXème siècle.
En 1848, il fonde la Société positiviste et publie le Discours sur l’ensemble du positivisme. Comte enseigne sa doctrine sociale qui suscite de nombreuses réticences. Selon lui, le pouvoir doit régler la vie intérieure des hommes pour les amener à vivre en commun. Dans la société positive, celui-ci devra à la fois justifier la société industrielle et ramener les puissants aux sentiments d’égalité et de solidarité.
Comte publie alors énormément : les quatre tomes du Système de politique positive, ou Traité de sociologie instituant la religion de l’humanité paraissent de 1851 à 1854, le Catéchisme positiviste, ou Sommaire Exposition de la religion universelle en 1852, l’Appel aux conservateurs en 1855, le premier volume de Synthèse subjective, ou Système universel des conceptions propres à l’état normal de l’humanité, en 1856. Cette dernière œuvre restera d’ailleurs inachevée.
Auguste Comte avait une façon de travailler qui dénotait chez lui une puissance intellectuelle absolument extraordinaire, peut-être unique. Il méditait de tête chacun des six volumes qui se suivaient sans interruption de deux ans en deux ans, sans jamais rien écrire, même de simples notes; il en faisait non seulement le plan et les divisions principales, mais encore les moindres détails. Quand cette élaboration mentale était terminée, il disait que son volume était fait; il l'écrivait alors, en effet, d'un trait, envoyant au fur et à mesure les feuillets à l'imprimerie, ne revoyant jamais qu'une seule épreuve et n'y faisant jamais aucun changement.
Auguste Comte croit au succès de sa mission. Peu amical à l’égard de la Seconde République, très hostile à la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence, il se rallie pourtant, au mois de décembre 1851, au coup d’État. Comte y voit sans doute un espoir de rationalisation de la société. En 1856, il propose une alliance au général des jésuites. Comte est persuadé de prêcher la religion positive à Notre-Dame en 1860.
Le 5 septembre 1857, Auguste Comte meurt à l'âge de 59 ans d’un cancer gastrique (dans la misère et la solitude précise le site de la BNF) alors que sa religion ne rencontre finalement qu’un succès restreint et inégal. il repose cimetière du Père Lachaise à Paris.
Source :
http://www.19e.org/personnages/france/C/comte.htm
Cette biographie est le fait de Jean-Marc Goglin des éditions d'histoire ANOVI et elle est reproduite avec une encourageante autorisation de l'Éditeur.
Par curiosité de l’Histoire, ou pour informations, commandes, lieux de diffusion, visite conseillée du site des Éditions ANOVI ici :
http://www.anovi.org/
De cette biographie détaillée, on peut retenir l'extrême universalité intellectuelle d'une pensée révolutionnaire, en ce sens qu'elle fait table rase des repères spirituel qui touchent à l'essence des êtres. Pour autant, Auguste Comte, "positiviste" et voulant le bonheur de l'humanité, n'a pu ni réussir sa vie sentimentale, ni rendre sa doctrine pérenne. En effet, il est bien délaissé aujourd'hui, et je n'aurais pas su dire grand chose à son sujet si je n'avais pas trouvé une documentation étonnamment abondante. Bien des sites lui sont en effet consacrés.
On peut pour être "positif", garder de lui le souvenir qu'il a introduit dans la langue française et dans l'approche, le mot "sociologie". Pour en savoir plus, notamment sur sa passionnante "Loi des trois états" aller sur ce site qui déclare en préambule :
"Auguste Comte (1798-1857) est un auteur aujourd'hui méconnu. Mais sa vie et son oeuvre ainsi que sa sociologie positiviste sont pleines d'intérêt."
De toute l'abstraction d'Auguste Comte, il reste au moins une trace concrète, la "Première chapelle de l'humanité".
http://www.denistouret.fr/ideologues/Comte.html
En 1849, Auguste Comte conçut un calendrier positiviste de 13 mois égaux de 28 jours suivis d'un jour blanc basé, non sur des propriétés astronomiques, mais sur les propriétés subjectives des nombres, tandis que la classification en 13 mois correspond au culte abstrait de l'humanité.
Pour en savoir plus encore sur le personnage :
http://www.augustecomte.org/index2.php
http://www.cosmovisions.com/Comte.htm
La Plaque du Jour a été photographiée à Bergerac, en Dordogne. Elle n'est malheureusement pas légendée.
Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.