La plaque du jour

Aujourd'hui Lundi 13 Juillet 2026, 194ème jour de l'année
Nous fêtons les Clelia, les Enrique, les Eugène, les Harry, les Henri, les Henriette, les Joël, les Joëlle et les Mildred

Le 13 juillet 1793, tel que nous l'enseignent les manuels d'histoire sans qu'on en retienne beaucoup plus, Marat, l'Ami du Peuple, est mort assassiné dans sa baignoire à 49 ans par Charlotte Corday.

Tout ce que les biographes nous ont appris des premières années de Jean-Paul Marat, encore diffèrent-ils d'opinion, c'est que cet acteur majeur de la Révolution française est né le 24 mai 1743 à Boudry, dans l'ex-principauté, aujourd'hui république de Neufchâtel, de Jean-Paul Marat de Cagliari en Sardaigne, et de Louise Cabrol de Genève.

Médecin, auteur d'ouvrages scientifiques, il rédige quinze ans avant la Révolution française de 1789 "Les Chaînes de l'esclavage" où il décrit les mécanismes qui sont employés pour asservir un peuple, description qui n'a rien perdu de son actualité.

B. Pascal écrit : " Si les biographes traitent de manière plus ou moins indifférente tous les autres acteurs de la Révolution française, Marat suscite toujours, après deux siècles, des réactions très vives. Marat ne met pas en cause la nécessité d'un gouvernement, mais il incite à la méfiance vis à vis de celui-ci. […]

Beaucoup de sottises ont été écrites sur Marat depuis plus de deux siècles. Cependant il existe une Biographie qui rétablit la vérité avec des preuves que chacun peut vérifier. Il s'agit de la " Biographie de Jean-Paul Marat " publiée par Alfred Bougeart en 1865 et qui n'a jamais été rééditée. "

Des extraits de cette biographie consultable sur le site de B. Pascal :

http://membres.lycos.fr/jpmarat/bougeart/index.html

sont reproduits ci-après.

Singulière coïncidence ! Dit Alfred Bougeard. " C'est de la patrie de Guillaume Tell, berceau de la liberté moderne, que nous vinrent Rousseau et Marat, double personnification de la théorie politique au XVIIIe siècle, et de l'application révolutionnaire.

Son père, médecin, érudit lui-même, lui avait fait faire d'excellentes études ; elles avaient été couronnées de succès ; c'était une ressource dont il avait doté son fils à défaut de fortune. Doué d'une rare mémoire, d'une grande aptitude pour l'étude des mots, Marat savait la plupart des langues de l'Europe, le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol, l'allemand, le hollandais, le grec et le latin. "

Il avait aussi développé une personnalité tourné vers les autres sous l'influence de sa mère :
" C'est de la nature que je tiens la trempe de mon âme, mais c'est à ma mère que je dois le développement de mon caractère. Cette femme respectable, dont je déplore encore la perte, cultiva mes premiers ans ; elle seule fit éclore dans mon coeur la philanthropie. C'est par mes mains qu'elle faisait passer les secours qu'elle donnait aux indigents, et le ton d'intérêt qu'elle mettait en leur parlant m'inspira celui dont elle était animée. "
" L'amour des hommes est la base de celui de la justice, car l'idée du juste ne se développe pas moins par le sentiment que par la raison. J'avais déjà le sens moral developpé à huit ans. A cet âge, je ne pouvais supporter la vue d'un mauvais traitement exercé contre autrui ; l'aspect d'une cruauté me soulevait d'indignation, et toujours le spectacle d'une injustice fit bondir mon coeur comme le sentiment d'un outrage personnel. "

Il se mit au service de la révolution dès le début. Très vite après la prise de la Bastille il décide de publier un journal qui va défendre vigoureusement les gens simples, les ouvriers des manufactures comme les paysans: l'ami du peuple. Il est le seul à s'opposer à la loi Le Chapellier (qui vise à interdire les grèves) et il encourage les Parisiens à ramener le roi à Paris. Dans son journal il dénonce la corruption au sein des nouvelles forces au pouvoir, il attaque le général Dumouriez, qui va trahir et se réfugier auprès des troupes autrichiennes, il dénonce les préparatifs de fuite du roi, Louis Capet. Et il était vraiment l'ami du peuple, car il jouissait d'une popularité sans Pareil. "

Dans " L'Ami du peuple ", n°624 du 12 décembre 1791, il écrit bien avant que ce soit à l'ordre du jour au sujet du droit des Colonies à s 'émanciper.

Pour le bonheur public, Marat avait fait beaucoup. Il signait sans égards pour sa vie des articles dérangeants pour les consciences qui n'en étaient pas.
Son journal " l'Ami du Peuple ", dont le titre n'était pas usurpé dénoncera la confiscation de la révolution faite par le sang du peuple, au profit de la bourgeoisie.

" Après les troubles, impôts et emprunts ne rendent plus, le drame financier s'accélère. L'Assemblée nationale redevient réticente et donne au pays la sensation de l'inaction. Inaction ou trahison, commente-t-on au Palais-Royal. Trahison ! clame l'Ami du peuple qui vient de paraître. L'homme s'est jeté à corps perdu dans la bataille. Il a été dès le début élu membre du Comité de surveillance de son quartier. Averti du problème dont les événements vont débattre, il aperçoit dès septembre le conflit qui donnera son rythme à la révolution et il crie au peuple : " Seras-tu donc toujours victime de ton aveuglement ? " Le pain manque."
Des paroles de bon sens à l'action il n'y a qu'un pas, et le pain, qu'on on ira chercher à Versailles les 5 et 6 octobre 1789, incitera le roi à rentrer aux Tuileries.
Le droit de grève tant à l'ordre du jour disparut pour quasi un siècle par la loi " Le Chapellier " et il s'en offusquait :

La loi " Le Chapellier " du 17 juin 1791 prononce l'anéantissement de toutes les espèces de corporations et de professions…

" Les lois s'accumulent ; Mirabeau négocie avec la reine. La pensée de Marat domine lentement l'opinion de Paris. On encadre partout la Déclaration des droits de l'homme qu'ont rédigée La Fayette, Talleyrand, Sieyès et Mounier. L'Assemblée a voté l'abolition des corporations, mais ces textes ne sont pas destinés au peuple et Marat les dénonce en mai 1791 : " Plaidez la cause de ces ouvriers qui forment la plus saine, la plus utile portion du peuple et sans lesquels la société ne saurait exister un seul jour. " C'est aussi l'opinion des patrons, mais à condition que soit respectée la propriété, déclarée inviolable et sacrée - la propriété bourgeoise bien entendu, non pas celle qu'on vient d'abolir et qui a privé le clergé de quatre milliards de richesses. Or, des troubles ont encore éclaté. Inquiets de la cherté de la vie et de la modicité de leurs salaires, des travailleurs de Saint-Etienne et des faubourgs parisiens se sont livrés à des désordres qui risquent de compromettre la jouissance de cette propriété bourgeoise - article XVII de la Déclaration. Les seize articles précédents ont bien institué la liberté ; dans la pensée bourgeoise, il ne s'agit que de la liberté nécessaire à la nouvelle forme de propriété libérée en effet de toutes les entraves féodales. Pour que ce fut dit sans conteste et que soit mis fin aux revendications que les ouvriers parisiens renouvelaient maintenant au nom de la liberté humaine, un député déposa un projet de loi où le problème était évoqué dans son ensemble : les seize premiers articles de la Déclaration des droits n'avaient été rédigés qu'en vue du dernier. Le Chapelier, avocat de Rennes, contribua à l'élaboration de nombreux textes juridiques de la révolution. Il doit sa célébrité à cette loi dont Marat démasqua le véritable caractère. Dans l'Ami du peuple du 12 juin, Marat publia une lettre où des ouvriers du bâtiment s'effrayaient de ses conséquences : " non contents d'avoir amassé des fortunes énormes aux dépens des pauvres manoeuvres, ces avides oppresseurs ont poussé l'inhumanité jusqu'à s'adresser au législateur pour obtenir contre nous un décret barbare qui nous réduit à périr de faim. " Deux jours après, l'Assemblée étudia le projet Le Chapelier qui entendait " prévenir les coalitions que formeraient les ouvriers pour faire augmenter le prix de la journée de travail " - et cela, au nom même de la Déclaration des droits, l'action ouvrière risquant de menacer les intérêts bourgeois. Un député ayant fait allusion à la liberté des patrons, il fut précisé que cette loi ne porterait pas atteinte aux libertés des Chambres de commerce. La loi fut votée à l'unanimité. La révolution, accomplie grâce au courage des travailleurs, leur refusait le droit de grève et de coalition, comme l'avait dit autrefois le vieil édit royal de Villers-Cotterets. A son banc, un député qui depuis six mois se fait écouter de l'Assemblée et qui, au Club des Jacobins, s'est emparé de l'opinion, assiste, muet, au vote de cette loi antipopulaire : Robespierre ne protestera pas davantage lorsqu'on discutera le surlendemain de la suppression des ateliers nationaux, mesure qui risque de réduire 20.000 ouvriers au chômage et qui fournira de la main-d'oeuvre à bon compte.

La loi Le Chapelier sera parmi les plus durables de la révolution puisqu'elle résistera près d'un siècle. Marat fut le seul à en comprendre à la fois l'origine et la signification.

Il sait la terreur que la bourgeoisie commence à ressentir devant toute concentration ouvrière : dissoudre à tout prix les forces d'union qui pourraient y concourir, l'union, la seule mais aussi la toute-puissante arme du peuple. Le 18 juin, Marat écrit contre le vote de l'Assemblée : " Pour prévenir les rassemblements nombreux du peuple qu'ils redoutent si fort, ils ont enlevé à la classe innombrable des manoeuvres et des ouvriers le droit de s'assembler... Ils ne voulaient qu'isoler les citoyens et les empêcher de s'occuper en commun de la Chose publique. " La loi Le Chapelier est donc le document essentiel des intentions révolutionnaires de la bourgeoisie, elle est l'unité de mesure de ses décisions ; elle assigne à la liberté nouvelle ses limites et son contenu ; elle est l'acte d'accusation dressé de leurs mains par les législateurs d'une classe soucieuse de conserver pour elle seule le pouvoir dont elle venait de s'emparer avec le concours de tous. "

" Est-il donc vrai, s'écriera un jour le sans-culotte Rousselin, montrant le cadavre sanglant de Marat assassiné à 49 ans le 13 juillet 1793 pour la cause du peuple, est-il donc vrai qu'être né pour le bonheur public, c'est être né pour son propre malheur ? "

La Plaque du jour a été photographiée à Coulounieix Chamiers, en Dordogne.


Exclusif ruedesrues.

Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.

/ Entre et

Puisque cette page est dédiée aux dates, il vous est sûrement arrivé de regretter l'absence d'un millésime sur un document incomplet. Vous avez par exemple en mains un tract d'un mardi 26 août dont vous situez l'impression dans les années 1970. Quelles solutions s'offrent à vous pour trouver l'année plausible ? Il vous fallait jusqu'à ce jour afficher successivement les années possibles de votre champ de recherche à partir d'un calendrier perpétuel.

Avec Cernedate ©, vous avez de suite les propositions qui s'affichent entre deux dates choisies. Cernedate © peut prendre en compte votre recherche des siècles en arrière ou, pour un besoin que l'instrument aura créé, des siècles en avant. Il y a soit une, soit deux réponses possibles par décennie. Pour garder l'exemple du mardi 26 août, seule l'année 1975 répond à la requête, millésime bordé par 1969 et 1980.

En vue de retrospectives ou de travaux d'historiens, prenez et faites prendre l'habitude de noter l'année sur tous les documents datés !


Si vous avez une idée de plaque ou une plaque à envoyer pour illustrer un 13 Juillet merci de cliquer ici.

Pour souhaiter une naissance ou un anniversaire, connaître les personnalités nées ou décédées un 13 Juillet, vous pouvez vous rendre sur un site ami : http://www.chronobio.com/