La plaque du jour

Aujourd'hui Samedi 31 Janvier 2026, 31ème jour de l'année
Nous fêtons les Bobin, les Eusèbe, les Jean Bosco (patron des apprentis, éditeurs, illusionnistes) et les Marcelle

Diplomate, dramaturge, adaptateur, écrivain et auteur reconnu de "La Guerre de Troie n'aura pas lieu", Suzanne et le Pacifique", "Ondine", "Electre", Jean Giraudoux est décédé à Paris le 31 janvier 1944 à l'âge de 61 ans. Il repose ainsi que son fils Jean-Pierre (1919-2000) au cimetière parisien de Passy.

Il était né à Bellac en Haute Vienne le 29 octobre 1882. Fils d'un percepteur, il fut un brillant élève, passionné par les cultures grecque et latine, qui servirent de toile de fond à plusieurs de ses œuvres, lui donnant le goût du mythe, de l'élégance, de la clarté, de la sagesse. il est reçu à l'Ecole normale supérieure en 1903 et s'oriente vers des études germaniques, dont l'influence est sensible dans son oeuvre. À sa sortie, il reçut une bourse pour l'Allemagne et y passa une année en tant que précepteur d'une famille princière d'Heidelberg.

Entré au Quai d'Orsay en 1910, il est deux fois blessé pendant la Grande Guerre, puis est envoyé comme instructeur militaire en mission au Portugal et aux Etats-Unis.

Après la guerre, sa renommée grandissante d'écrivain rehausse une carrière déjà fort brillante de haut fonctionnaire. Nommé commissaire à l'Information en 1939, il abandonne ce poste dès la défaite et se retire de la vie publique pour retrouver la littérature. L'oeuvre de Giraudoux frappe par sa diversité. La guerre de 1914 lui inspira "Lectures pour une ombre", "Amica America" et "Adorable Clio" ; celle de 1939 "Pleins Pouvoir" et "Sans Pouvoirs" : des premiers aux seconds de ces essais, une légèreté qui était voile de pudeur s'est transformée en sévérité lucide, dénuée de toute illusion sur un avenir dessiné d'un crayon amer. Le critique littéraire, toujours présent dans l'oeuvre d'invention, s'est plus spécialement exprimé dans de célèbres conférences (Les Cinq Tentations de La Fontaine) et dans de brefs essais que réunit "Littérature".

Quant au créateur, il s'est d'abord fait connaître par des romans (parmi lesquels celui qui lui apporta la notoriété, "Siegfried et le Limousin"), après avoir débuté sans éclat par un recueil de nouvelles, "Provinciales".

La rencontre de Louis Jouvet détermine assez tardivement Giraudoux à se tourner de préférence vers le théâtre où il débute avec "Siegfried", pièce tirée de son roman. Pièces et romans sont les oeuvres d'un esprit exceptionnel, qui irritent aussi violemment ceux qui le jugent léger qu'elles enchantent ses admirateurs. Il n'est pas très facile de faire le partage : les romans, par exemple, ont-ils la fragilité du chef-d'oeuvre ou celle du caprice ? Ses livres sont sans règles, se moquant des procédés reçus, proches de l'antiroman ; au milieu des paysages aimés, légers et frêles du Limousin se joue la paresse d'un récit sans cadre, mais fermement guidé par la plume accomplie d'un conteur quelque peu narcissique.

Quant à sa production théâtrale généralement considéré comme plus solide, beaucoup se sont demandé si son incorrigible "beau langage" ne la condamne pas à être plutôt lue que jouée : la préciosité des innombrables références littéraires, devenue moins perceptible à la scène, laisserait à découvert une certaine pauvreté dramatique. Mais Giraudoux voulait délivrer le théâtre du tragique et, montrant l'artificialité des conceptions classiques, soustraire l'homme à la hantise du destin.

Si cet humanisme souriant apparaît sans retenue dans ses premières pièces, la montée de l'hitlérisme contraignit, contre ses principes mêmes, le germaniste Giraudoux à laisser peu à peu transparaître son angoisse. Dans "La guerre de Troie n'aura pas lieu", dont le sujet homérique n'est qu'un prétexte à commenter l'inquiétante montée des périls européens, l'opposition entre le couple bondissant de jeunesse d'Andromaque et d'Hector et l'absurdité d'un dénouement que son apparente gratuité revêt de plus d'horreur produit un choc dont l'efficacité sur le public s'est vérifiée lors d'une heureuse reprise au Théâtre de la Ville, à Paris en 1971-1972. S'y dévoilent les mérites et les limites de ce généreux théâtre du langage, trop confiant dans le couple humain pour qu'on ne lui pardonne son amour excessif des images de la parodie littéraire, d'un certain clinquant verbal quelquefois vieilli.

Si l'on peut évoquer une seule de ses œuvres, Ondine, présentée en 1939, caractérise bien ses références culturelles et son attrait pour la littérature germanique.

" C'est un conte du romantique allemand La Motte-Fouqué (1777-1843) qui inspira Ondine à Jean Giraudoux. Le thème de la nixe qui cherche à s'incarner dans l'humain est un topos du conte merveilleux (on le retrouve dans le mythe celtique de Mélusine). Mais alors que, dans ces traditions, l'ondine souhaite gagner dans cette forme humaine un supplément d'âme ou assume une vieille malédiction, l'héroïne de Giraudoux y perd par amour ses attributs surnaturels. Le dramaturge a trouvé là une occasion de représenter les rapports impossibles de l'homme et de la femme, dans une féerie théâtrale où la fantaisie se mêle à la rigueur de la tragédie classique."

En 1942, il adapte pour le cinéma "La Duchesse de Langeais" d'après Balzac, film de Jacques de Baroncelli
avec Edwige Feuillère dans le rôle principal qui devait être à l'origine dévolu à Greta Garbo.

Il revient au théâtre, mais sa fin est proche, et les deux dernières pièces de Giraudoux, la sombre et statique "Sodome", la grinçante "Folle de Chaillot" comme son ultime et méconnu roman, "Choix des élues", donneraient peut-être la clé de son personnage : sous l'humour, sous le jeu, sous la fumée des mots, l'inquiétude tendue d'un homme extraordinairement lucide quant au peu de chances de bonheur échues à son siècle.

Il mourra quelques mois avant la Libération...

Pour en savoir plus :

http://giraudoux.univ-bpclermont.fr/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Giraudoux

La Plaque du Jour a été photographiée à Soyaux, en Charente. Elle n'est malheureusement pas légendée.


Exclusif ruedesrues.

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