La plaque du jour

Aujourd'hui Samedi 21 Mars 2026, 80ème jour de l'année
Nous fêtons les Clémence

Délaissé et oublié, le peintre Jean-Baptiste Greuze meurt à Paris le 21 mars 1805, dans sa quatre-vingtième année. Il repose au cimetière de Montmartre.

Il avait été très apprécié pour ses portraits et ses scènes familières et était devenu célèbre grâce à des compositions mélodramatiques et moralisantes où l'attendrissement se mêle à une certaine sensualité ... Ses tableaux les plus célèbres se trouvent au Louvre : "L'accordée de village" (1761) qu'admira Diderot, "Reproches de Sévère à son fils Caracalla" (1769), "La malédiction paternelle" (1777), "Le fils puni", "La Cruche cassée", et de nombreux portraits réalistes (Madame de Porcin, Sophie Arnould...)

Jean-Baptiste était né au pied de Saint Philibert de Tournus, sur les rives de la Saône, le 21 août 1725 d'un maître couvreur et de Claudine Roche, son épouse qui eut neuf enfants. Dès l'adolescence, il manifesta un goût très vif pour le dessin et son père le confia à un peintre lyonnais, Charles Grandon de 1745 à 1750 pour étudier la peinture et être initié à la reproduction de compositions dans la mode de l'époque. C'est ainsi qu'il réalise une toile représentant "le Père de famille expliquant la Bible".

Vers 1750 la bienveillance du sculpteur Pigalle lui est acquise et sur sa recommandation Charles Natoire consent à l'admettre parmi ses élèves à Paris. Membre agréé de l'Académie à trente ans, il expose pour la première fois au Salon de 1755 "le Père de famille expliquant la Bible", acquise par un amateur éclairé, Monsieur de la Live de Jully, ce qui lui assure d'emblée la notoriété.

Diderot, qui est alors le critique le plus émérite et le plus écouté se montre enthousiaste et le "Tout-Paris" ne jure plus désormais que par ce peintre venu de Tournus qui rend à la vertu une place depuis longtemps perdue. L'accent moralisateur de Greuze contraste avec les polissonneries et les mignardes pastorales mises à la mode par Boucher, Fragonard ou Watteau.

N'étant pas prix de Rome, le traditionnel voyage d'étude en Italie lui est offert par son protecteur, l'abbé Gougenot, de 1755 à 1757. Greuze avait obtenu des lettres de recommandation auprès de diverses personnalités susceptibles de l'accueillir. C'est ainsi qu'un certain duc le reçoit avec bienveillance et l'engage pour donner des leçons de dessin à sa fille Laetitia. Ils tombent amoureux l'un de l'autre, mais Greuze prévoyait le désespoir du père, sa malédiction, sa vengeance, tout le malheur qui retomberait sur leur amour et il rentre à Paris avec l'intention de ne pas s'écarter de "son genre" moralisateur.

Il fait à Paris une nouvelle rencontre. Jean-Baptiste se contente de l'admirer et de la peindre, sans pour autant se déclarer. C'est alors que Gabrielle, qui a vingt-cinq ans, fait pression sur l'artiste, hésitant toujours à s’engager, pour que celui-ci l'épouse à Saint-Médard en 1759.Après s’être ainsi laissé forcer la main, Greuze vit quelques années de douce félicité. Gabrielle était bien l'être affectueusement aimable qui avait fini par conquérir l'artiste. Trois enfants agrémentent ce foyer : un fils malheureusement emporté en bas âge, et deux filles, qui sont mises en pension assez rapidement.

Madame Greuze laisse prendre le dessus à ses instincts de petite bourgeoise parvenue et insatisfaite. D'avoir collaboré, en posant, aux succès toujours croissants de son mari, elle estime que ceux-ci lui étaient personnels ; aussi entend-elle le conseiller dans son art, allant jusqu’à lui faire modifier parfois la conception de ses toiles. Dès lors l'ère des pugilats commence dans le ménage. Honnête et scrupuleux, le peintre poursuit néanmoins son oeuvre, sans cesser d'être auprès de sa sensuelle épouse, en qui cependant il a peine à reconnaître la Mère bien-aimée, sous les traits de laquelle il l'avait représentée jadis. Madame Greuze décide de s'occuper elle-même des affaires financières de son mari, discutant des contrats avec les graveurs d'estampe qui lui assurent le principal de ses revenus.

Épouse abusive, elle fait tant et si bien qu'elle provoque un froid entre Greuze et ses graveurs attitrés, Flipart, Massard, Gaillard et Levasseur. Elle imagine de faire tirer, à l'insu de l'artiste, plusieurs centaines de planches supplémentaires qu'elle vendrait discrètement trois ou quatre louis la pièce, et dont elle encaisserait le bénéfice.

L'année 1769 marque un tournant dans la carrière de l'artiste puisque l'Académie juge fort mal Septime sévère, et Greuze n'expose plus au Salon. D'autre part l'attitude de Madame Greuze, contraire aux principes que son mari voulait prôner dans ses oeuvres n'arrange pas la situation. Gabrielle recrute même ses amants parmi les élèves de son époux. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse. Frappé, volé, bafoué, cyniquement trompé, Greuze endure son supplice sans mot dire, acceptant tout de la femme dont il reproduit sans cesse les traits candides, mais à présent de mémoire. C'est elle qui part en 1785, dénouant un lien qui depuis tant d'années transformait l'existence de l'artiste en un véritable enfer.

Dans la suite des années 1780 Greuze tombe progressivement dans un relatif oubli, pendant lequel il est plus ou moins pastiché par ses élèves. "La Veuve et son curé" reste la grande oeuvre de cette époque difficile. A son divorce en 1793, ses deux filles restent avec lui. Arrêté sous la Terreur, il manque d'être guillotiné. L'obsession du visage de son ingrate épouse est telle que lorsque le peintre solitaire et inconsolable reçoit la commande officielle du portrait de Bonaparte, Premier Consul, il le représente avec un teint rose et l'oeil rêveur, semblable à un frère jumeau de la voluptueuse dame de ses pensées. Son infortune va tarir sa veine créatrice, et il meurt dans l'indigence malgré la présence d'une de ses filles qui était son élève et fit preuve pour lui jusqu'à sa mort d'un admirable dévouement. Il est probable que beaucoup de ses ouvrages sont vendus comme étant de son père.

Sur son tombeau, figurent son buste, et la reproduction de son tableau "La cruche cassée", dont le symbole rappelle cruellement son infortune conjugale.

Un musée lui est dédié dans sa ville natale

Source :

http://www.museelouisxvii.com/greuze.htm

La Plaque du Jour a été photographiée à Paris.


Exclusif ruedesrues.

Recherchez avec Cernedate © une année à partir d'une date incomplète.

/ Entre et

Puisque cette page est dédiée aux dates, il vous est sûrement arrivé de regretter l'absence d'un millésime sur un document incomplet. Vous avez par exemple en mains un tract d'un mardi 26 août dont vous situez l'impression dans les années 1970. Quelles solutions s'offrent à vous pour trouver l'année plausible ? Il vous fallait jusqu'à ce jour afficher successivement les années possibles de votre champ de recherche à partir d'un calendrier perpétuel.

Avec Cernedate ©, vous avez de suite les propositions qui s'affichent entre deux dates choisies. Cernedate © peut prendre en compte votre recherche des siècles en arrière ou, pour un besoin que l'instrument aura créé, des siècles en avant. Il y a soit une, soit deux réponses possibles par décennie. Pour garder l'exemple du mardi 26 août, seule l'année 1975 répond à la requête, millésime bordé par 1969 et 1980.

En vue de retrospectives ou de travaux d'historiens, prenez et faites prendre l'habitude de noter l'année sur tous les documents datés !


Si vous avez une idée de plaque ou une plaque à envoyer pour illustrer un 21 Mars merci de cliquer ici.

Pour souhaiter une naissance ou un anniversaire, connaître les personnalités nées ou décédées un 21 Mars, vous pouvez vous rendre sur un site ami : http://www.chronobio.com/