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Aujourd'hui Mercredi 9 Septembre 2026, 252ème jour de l'année Nous fêtons les Alain et les Glenn |
Le graveur et peintre André Derain est décédé le 9 septembre 1954 à Garches des suites d’un accident survenu sur la route nationale voisine de son domicile à l’âge de 74 ans. Il est inhumé dans le cimetière de Chambourcy avec sa femme Alice et son fils André dit Bobbi .
Il était né à Chatou le 17 juin 1880. Bien moins connu que d’autres artistes, il côtoiera de grands noms de la peinture en donnant vie à sa vocation, sans avoir à rougir de ses propres créations.
Dès l’âge de 16 ans, il commence à peindre avec le père Jacomin, un ami de Cézanne et c’est à l’académie Eugéne Carriére dit Camillo à Paris, en 1899, qu’il fait la rencontre d’Henri Matisse, de onze ans son ainé ; c’est Henri Matisse qui alla trouver le père de Derain, glacier-crèmier à Chatou, pour le convaincre de laisser son fils poursuivre sa vocation de peintre.
Bien qu’ inscrit dans une école d’ingénieur on le retrouvait très fréquemment au Louvre en train de s’inspirer voire de copier les grands maîtres avec son ami Linaret.
A l’occasion d’un accident de train, en 1900, Derain fait la rencontre de Maurice de Vlaminck, domicilié également à Chatou. Ils partagent bientôt un atelier commun, situé dans un ancien restaurant des bords de Seine : la Maison Levanneur, à coté de la Maison Fournaise.
En septembre 1901, il part au service militaire à Commercy et reviendra à Chatou en 1904 ; il fait la connaisance de Guillaume Apollinaire et découvre l’art nègre avec Vlaminck.
C’est encore Matisse qui lui présente Ambroise Vollard ; celui-ci achète l’atelier de Derain et lui signe un contrat en 1905.
Pendant l’été 1905, à Collioure, Matisse et Derain se retrouvent pour peindre ensemble ; ils inventent une utilisation nouvelle des couleurs pures, aux tons éclatants, remplissant l’espace, effaçant les ombres que l’on a appelé le fauvisme au salon d’Automne( Louis Vauxelles) Ambroise Vollard financera son premier voyage à Londres. en septembre de la même année.
Derain y retournera l’année suivante en utilisant la même technique dite « Fauve. »
L’année 1907 verra son mariage avec Alice Princet (néeGéry) en octobre ; Derain quitte alors Chatou pour s’installer à Montmartre aux " Fusains " 22 rue de Tourlaque. Le marchand Daniel Henry Kahnweiller signe un contrat avec lui. Il fréquente Picasso, Braque, Van Dongen, Vlaminck avec le groupe du " Bateau Lavoir ".place Emile Goudeau.
Derain, en 1909, illustre un ouvrage de Guillaume Apollinaire en gravant une série de superbes bois. C’ est également au cours de cette année qu’il eut la douleur de perdre son père.
En 1910, Derain s’éloigne peu à peu des conceptions cubistes de ses amis Braque et Picasso ; il ressent le cubisme comme une technique qu’il juge trop cérébrale. Il quitte Montmartre et s’installe au 13 rue Bonaparte.
Il séjourne en Avignon avec Picasso et Braque en 1914 ; il est mobilisé et servira en Champagne, dans la Somme, à Verdun…et cependant, pendant cette période troublée, il réussira à composer de magnifiques gravures sur bois, de fil, illustrant en particulier « Mont de Piété » d ‘André Breton, qui sera publié en 1919.
Démobilisé en 1918, il réalise les décors de " l’Annonce faite à Marie " de Paul Claudel et exécute les décors et les costumes de " La Boutique Fantasque " de Rossini, représenté à Londres par les ballets Russes de Diaghilev en 1919.
La même année Modigliani dessine les portraits de Derain et d’Alice Derain et en 1920 c’est Picasso qui dessine, à son tour, le portrait de Derain tandis que H.Kanweiler lui achète sa production. Derain visite Rome, puis durant tout l’été 1921 descend peindre à Sanary, la Ciotat (avec Kisling), Les Lecques, Saint-Cyr-sur-Mer et en 1922, il expose à Stockolm, Berlin, Munich, New-York.
En 1923, Paul Guillaume, devient son marchand ; Derain est la référence d’un peinture classée par les critiques de l’époque comme "le retour à l’ordre ", après les tumultes et les meurtrissures de la guerre. Son œuvre témoigne d’une grande sérénité allant du portrait de Paul Guillaume, de Madame Paul Guillaume en passant par le Beau Modèle et les Arlequins…
Il expose alors beaucoup : à New-York à la galerie Knoeler et au Cincinnati Art Museum : il obtient le prix Carnegie en 1928, et il expose à la Galerie Paul Guillaume à Paris en 1931.
Il réalise de magnifiques décors et costumes pour les ballets : " Jack in the Box, " musique d’Erik Satie chez le Comte de Beaumont, repris par les Ballets Russes ; " La Concurrence ", musique de Georges Auric, chorégraphie de Balanchine, représenté par les Ballets Russes à Monte Carlo ; " Fastes ", musique d’Henri Sauguet, chorégraphie de Balanchine ; " Songes, " musique de Darius Milhaud, chorégraphie de Balanchine. Il exécute des gravures sur bois , en particulier pour les illustrations du Satyricon de Pétrone pour Ambroise Vollard, puis de Contes et Nouvelles de La Fontaine, publiés ultérieurement en 1950 et 1951.
Très affecté par la disparition de son marchant et ami Paul Guillaume en 1934, il décide de quitter Paris pour retrouver sa région d’origine, l’ex Seine et Oise (les Yvelines). Il vend ses propriétés de Chailly-en-Bièrre, de Paris et son château Parouzeau en Seine et Marne pour acquérir "La Roseraie" à Chambourcy, près de Saint-Germain-en-Laye, une grande et belle demeure du XVIIIème siècle en 1935.
C’est un Derain différent que l’on retrouve à Chambourcy de 1935 jusqu’à sa mort en 1954.
C’est la période dite " Noire " de Derain ; non pas en raison de ses nombreux conflits conjugaux qui furent aussi fréquents que douloureux, allant jusqu’à la pose des scellés sur son atelier, mais surtout en raison des fonds noirs de ses différents tableaux de cette période où un simple tait blanc ou point blanc sur ce fond noir permet de suggérer le contenant par rapport au contenu, par exemple un vase de fleurs, ou le support d’une table par rapport aux objets (nature morte aux pichets et aux cerises).
Il réalise les décors du ballet " L’Epreuve d’amour " de Mozart, chorégraphie de Fokine, représenté par les ballets Russes de Monte Carlo. En 1937, la grande exposition des Maîtres de l’art contemporain, au petit-Palais présente trente toiles de Derain.
Le 30 juin1939, naît son fils André qui sera adopté par sa femme Alice.
En 1940, la maison est occupée par les Allemands et certains tableaux furent arrachés, d’autres toiles, crevées dont une de grande dimension 4 mètres de large sur 2 mètres de haut qui occupait toute la paroi du mur situé immédiatement à gauche en rentrant dans l’atelier : le " Retour d’Ulysse " ; il a fallu le retrouver puis le restaurer ; ce tableau est revenu à Chambourcy en 1952, comme en témoignent plusieurs photographies puis ensuite donné au Musée National d’Art Moderne Georges Pompidou à Paris.
Il fit partie du célèbre voyage des artistes français en Allemagne en 1941 en compagnie entre autres de Van Dongen, Vlaminck, Dunoyer de Segonzac, Paul Belmondo, Despiau, Landowski, Oudot, Bouchard: piège dans lequel, tous, étaient tombés ; ce qui leur sera beaucoup reproché.
En 1943 il illustre Le Pantagruel de Rabelais, pour l’éditeur Skira.
Derain récupéra sa maison de Chambourcy en 1944 pour y poursuivre son œuvre : parfois inspirée de son parc(les chèvres à Chambourcy) ; en continuant la gravure pour l’illustration de l’Eloge des pierreries de Héron de Villefosse en 1947, le Génie du Vin pour les établissements Nicolas en 1948 et les décors de Le Diable l’emporte, représenté par les ballets de Roland Petit à Paris.
Edmonde Charles-Roux, ayant connu Derain en 1943 et après une visite " inoubliable " de la Roseraie, a gardé un souvenir vivant et admiratif de la personnalité du maître de Chambourcy, surprenant par l’étendue d’une vaste culture toujours agrémentée de propos passionnants. Elle lui a fait connaître monsieur Gabriel Dessurget, créateur du Festival d’Aix en Provence et c’est Derain qui exécuta les décors et les costumes de l’Enlèvement au Sérail de Mozart en 1951, et les décors du Barbier de Séville en 1953, l'année qui précéda sa disparition.
Source :
http://maisonderain.free.fr/
La Plaque du Jour a été photographiée à Paris.
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