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Le musicien Claude Debussy est né à St. Germain-en-Laye, dans les Yvelines, le 22 août 1862 et fut baptisé sous le nom de Achille-Claude Debussy.
Lorsqu’il avait 3 ans, la boutique de porcelaines de son père, Manuel Debussy, fit faillite et sa famille déménagea à Paris.
Son père voulait que son fils devienne marin. S'il accorda une grande place à la mer dans son oeuvre, Claude fut en lieu et place, fasciné par la musique. : A l'âge de 11 ans, il était accepté au Conservatoire de Paris.
Il y passera plus d'une décennie en tant qu'étudiant souvent de manière décousue mais respectueux, brillant et rebelle. Alors qu'il remportait des prix et des médailles, il confondait ses professeurs avec ses idées. Les anecdotes à propos des idées et du comportement de Debussy devinrent légendaires au Conservatoire. Ainsi, durant une classe d'improvisation au piano, César Frank lui criait "Modulez! Modulez!" et Debussy de lui répondre calmement "Pourquoi? Je suis parfaitement heureux où je suis". Quand Giraud, son professeur de composition, lui dit "Je ne dis pas que ce que vous faites n'est pas joli, seulement que c'est théoriquement absurde" et Debussy de lui répondre "Il n'existe pas de théorie. Vous n'avez qu'à écouter. Le plaisir est la loi."
Néanmoins, il passa plusieurs années à soumettre, de façon intermittente, des travaux traditionnels en harmonie et contrepoint dans le but d'obtenir l'honneur le plus prestigieux du Conservatoire, le Prix de Rome.
Finalement, Debussy remporta le Grand Prix de Rome en 1884 avec une cantate académique intitulée « L'enfant prodigue ». L'année suivante, il débuta le stage traditionnel de trois ans à la Villa Medici de Rome. Ayant atteint le but si longtemps recherché, il découvrit qu'il n'aimait pas ni la ville de Rome, ni la nourriture, ni les autres étudiants, ni la production de pièces qu'il devait faire parvenir à Paris et surtout il ne pouvait pas supporter d'être séparé de sa muse du moment. Sa seule consolation était la compagnie des partitions des opéras de Wagner.
Au printemps de 1887, bien avant que les trois années se soient écoulées, Debussy retourna à Paris pour de bon. Il se réfugia dans le style de vie bohémienne de Montmartre, composant et vivotant dans une pauvreté artistique. Incapable de ranimer ce qui existait entre lui et sa maîtresse.
D'autour de 1892 datent les premières esquisses de l'opéra « Pelléas et Mélisande », sur un livret du "symboliste" Maurice Maeterlinck. Comme Debussy a toujours travaillé de façon lente, probablement dû aux soins excessifs apportés à l'oeuvre et la paresse bohémienne; son opéra a été en gestation pendant presque dix ans avant qu'il ne fut prêt d'envisager une représentation. Pendant ce temps, sa réputation avait crû au point qu'il était capable d'obtenir une première prestigieuse à l'Opéra-Comique de Paris. Aidant à sa réputation, il y a eu première, au tournant du siècle, pour ses trois « Noctures » pour orchestre. Ce furent ces oeuvres, avec leurs titres évocateurs ("Nuages", "Fêtes", et "Sirènes") qui lui valurent, une fois pour toutes, la qualification d'impressionniste.
La première de « Péléas et Mélisande » du 30 avril 1902 fut un succès - retentissant non seulement à cause de la controverse qui entoura la représentation mais aussi à cause du style de l'opéra qui minimise tout et qui évite grandement la mélodie lyrique pour la remplacer par une approche du discours.
Alors que le compositeur atteignait la quarantaine, « Pelléas » lui procura une audience internationale. En moins d'une décennie, l'opéra fut entendu à New York, à Londres, et à travers l'Europe.
Vers 1905, Debussy jouissait d'une réputation mondiale et s'était marié deux fois.
La production de Debussy augmenta après la première de Pelléas, partiellement à cause d'une augmentation de la demande pour sa musique. Parmi les oeuvres de la première décennie du XXe siècle se situe le poème symphonique « La Mer » (1903-05), le chef d'oeuvre de l'impressionnisme musical et l'un des plus grands tours de force orchestral de tous les temps; il complétait ainsi une révision de l'orchestre qu'il avait débutée avec « Prélude à l'après-midi d'un faune. »
Au même moment, il a beaucoup écrit pour le piano; tels Estampes (1903) où il combina sa palette harmonique kaléidoscopique avec des innovations au niveau de la pédale et de la texture sonore créant ainsi une première sonorité pianistique qui soit, à la fois, originale et authentique depuis celle de Chopin. Il planifia plusieurs autres opéras, notamment "La chute de la maison d'Usher" d'après Edgar Poe, mais aucun ne dépassera le stage des esquisses. Sa production de chants, qui se classe parmi les meilleures réalisations pour le chant vocal du XXe siècle, se continuera presque jusqu'à la fin de sa vie. À partir de 1908, il commença à diriger de ses propres oeuvres lors de tournées à travers l'Europe et en Russie.
Autour de 1910 Debussy commença à avoir des malaises agaçants qui se développeront lentement en un cancer. Comme sa condition se détériorait, il devait recourir à la morphine pour contrôler la douleur; il y eut des opérations et des traitements au radium. Finalement, se décrivant comme "un mort ambulant", Debussy se retira en réclusion presque complète où il continua de composer avec une détermination féroce.
Au-delà de cette déception et de sa maladie, l'approche de la Première Guerre Mondiale oppressa Debussy au point qu'il fit naître son patriotisme: il commença à ajouter à sa signature l'expression "musicien français". Sa dernière oeuvre complétée, et l'une des meilleurs de ses dernières années, est la « Sonate pour violon et piano ».
Avant de débuter cette dernière oeuvre, il avait écrit, dans une lettre mélancolique datée de 1916, "Comme Claude Debussy ne peut plus faire de la musique, il n'a plus aucune raison d'exister. Je n'ai aucun passe-temps; la seule chose qu'on m'ait enseigné fut la musique". Il mourut lors d'un bombardement allemand de Paris, le 25 mars 1918. Au milieu du tumulte de la guerre, une mort de plus ne fait pas les manchettes. Alors que la maigre procession funéraire déambule à travers les rues dévastées, un propriétaire de boutique l'explique en disant "Il semble que c'était un musicien".
Au cours de sa vie, Debussy a tout renié : la syntaxe harmonique traditionnelle, le rythme à quatre temps, la mélodie romantique, les formes classiques, les orchestrations pompeuses.
Il ne ressemble à aucun musicien qui l'a précédé.
Son influence sur toute la musique occidentale - classique, jazz et populaire - a été déterminante.
En son temps, la voix de Debussy était semblable à une intrusion dans un monde de rêve par la musique. Le langage des sons a été rendu soudainement riche et étrange; les grands orchestres romantiques sont maintenant devenus légers et délicats. Chaque instrument semblait fait de visions et de suggestions: une flûte devint la mémoire d'une caresse, et une cymbale une fraîche écume de mer.
De 1980 jusqu’à l’euro, Debussy a eu les honneurs du billet de Banque de 20F.
Il était représenté au recto devant une mer mouvementée, d’après un tableau de Baschet, et au verso devant la fontaine d’un décor de Jusseaume pour « Pelléas et Mélisande ».
Source où la biographie grandement amputée ici se développe sur dix pages dont je conseille la lecture :
http://membres.lycos.fr/robcha/biographie/debcbio.html
La Plaque du Jour a été photographiée à Terrasson, en Dordogne.
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