La plaque du jour

Aujourd'hui Jeudi 17 Septembre 2026, 260ème jour de l'année
Nous fêtons les Lambert, les Renald, les Renaud, les Réginald, les Ronald et les Teddy

Le poète Alfred-Victor, comte de Vigny est décédé stoïquement à Paris le 17 septembre 1863, rongé par un cancer à l'âge de 66 ans. Son cercueil ne fut accompagné que de quelques romantiques de la première heure au cimetière de Montmartre, où il fut selon ses vœux inhumé dans sa capote de soldat.

Il était né à Loches en Touraine le 27 mars 1797.

Lorsque je pense à Alfred de Vigny, j’y associe immanquablement son poème
« La mort du Loup », écrit en son manoir du Maine-Giraud en 1838 pour exorciser
des épreuves encore fraîches.

En voici un extrait :

« Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri. »

Le poème complet est ici :
http://romantis.free.fr/vigny/html/lamortdu.html

Issu d'une famille de petite noblesse dont tous les membres avaient servi dans l'armée, il était fils d'un officier blessé pendant la guerre de Sept ans.

Elevé à Paris, au collège, il fut un écolier mélancolique : sa sensibilité et son imagination le faisaient déjà souffrir. Son hérédité militaire et les gloires de l'épopée impériale le poussèrent de bonne heure dans l'armée ; à l'âge de seize ans et demi, il était pourvu d'un brevet de sous-lieutenant dans les gendarmes rouges (1814), en même temps que Lamartine entrait aux gardes du corps.

La fuite des Cent-Jours et le retour de Louis XVIII sous la protection de l'étranger portèrent un coup mortel à ses illusions de gloire militaire.

Ses facultés se tournèrent dès lors vers la vie intérieure et la rêverie poétique. Il publia en 1822 un petit recueil de Poèmes les « Poèmes antiques et modernes », qui passa inaperçu, puis perça au yeux de ses pairs, fit partie du premier "Cénacle" de Victor Hugo et l'un des chefs de l'école romantique.

« Cinq-Mars », publié en 1826, marque son apogée,. mais cet éclat dura peu ; à l'heure la plus brillante de sa carrière, la production de Vigny sembla s'arrêter : à part les trois admirables récits de Servitude et Grandeur militaires (dont la langue est aussi serrée que celle de Mérimée) qui datent de 1835, et qui devint le livre de chevet des futurs officiers, quelques morceaux poétiques (comme le Mont des Oliviers, la Maison du Berger), furent insérés à des longs intervalles dans la Revue des Deux Mondes, il ne publia plus rien pendant les vingt-huit dernières années de sa vie.

Après 6 candidatures malheureuses, il est élu à l'Académie Française en 1845.
Sa réception eut lieu le 29 janvier 1846. Son discours, célébrant le romantisme encore suspect à l'Institut dont voici un court extrait :

« Lequel de vous, esprits supérieurs, lorsque dans ses nuits il a considéré la marche de l’espèce humaine s’avançant avec persévérance vers un lut toujours inconnu, sous les bannières mobiles des idées, lequel de vous, plein d’espoir dans l’avenir et le progrès, ne s’est dit :
Quels que soient les monuments qu’ils laissent, les hommes éminents d’une génération ne sont rien que les éclaireurs de la génération qui les suit. »
le fit mal voir de ses confrères, et fut le dernier acte public de sa vie littéraire.

Pourtant, plus encore que Lamartine et Hugo, il a été un précurseur et a compris le sens de la rénovation de la poésie française. Il a créé le goût de la poésie philosophique en France ; tous ses écrits ont le caractère de l'universel.

L'année qui suivit sa mort vit paraître « Les Destinées » considéré par certains comme son vrai chef d’œuvre éclairant ses années de silence, tandis que son journal intime de quarante années fut détruit suivant ses souhaits scrupuleusement respectés par son exécuteur testamentaire.

Pour en savoir plus sur sa vie sentimentale et privée tourmentée ainsi que son abondante production littéraire :

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Alfred_de_Vigny

La plaque du Jour a été photographiée à Terrasson, en Dordogne.


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