La plaque du jour

Aujourd'hui 4 Octobre 2026, 277ème jour de l'année
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Né au hameau de Gruchy à Gréville-La Hague dans la Manche le 4 octobre 1814, Jean-François Millet a été surnommé « le peintre-paysan ».

Il est l’auteur du célèbre « Angélus » de Millet, toile qui est avec la Joconde, un des tableaux les plus disponibles en reproduction. Cette toile lui avait était commandée par un collectionneur américain en 1855 et elle est empreinte de nombreux symbolismes, touchant à la religion et à la place respective de l'homme et de la femme.

Jean-François Millet ne pourrait pas désavouer la copie comme moyen d’expression, car lui-même y consacra tous ses moyens dans sa jeunesse.

Son passe-temps après le travail quotidien était inspiré des gravures de la Bible où son désir pour la peinture a pris racine. Millet apprenait à lire la Bible et Virgile en Latin avec l'aide du curé. Le talent exprimé par Millet dans ses dessins avait surpris Jean Louis, son père, qui l'a encouragé. En 1832, le père se rend à Cherbourg avec son fils, pour faire évaluer quelques-unes unes de ses œuvres à Dumouchel, célèbre peintre sur la place et ancien élève de Jean-Louis David. Le peintre l'encourage et lui donne ses premières leçons. Millet découvre la collection de Thomas Henry, dont le musée municipal vient d'acquérir le legs. Il étudie les œuvres, les recopie inlassablement.

C'est ainsi que Jean-François Millet entre en peinture, mais trois mois plus tard, son père décède... Aîné de la famille, il retourne au village où il doit prendre en charge la maisonnée.

Cependant, six mois plus tard, encouragé par les siens, il retourne à Cherbourg et continue son apprentissage auprès d'un ancien élève de Jean-Antoine Gros, peintre d'Histoire (1731-1835) : Langlois de Chevreville. la carrière artistique de Millet a commencé. Son travail consistait à aider Langlois à la création et la restauration de peintures historiques et religieuses.

Un peu plus tard, Langlois en s'appuyant sur ses dessins de Millet, dont une copie de Murillo, obtient du Conseil municipal de Cherbourg une pension pour permettre à Millet de continuer une formation déjà bien avancée à Paris. C'est de ces copies, dessinées à l'échelle supérieure à l'original de "L'Adoration des Mages" de Jordaens, que Millet emmène avec lui à Paris. Elles lui valent les éloges de Georges, commissaire-expert, successeur de Thomas Henry au Louvre.

Millet continue la pratique des grands dessins d'après les Maîtres quand il arrive à Paris où ce qui le motive, avant tout, c'est le Louvre, déçu par la Ville de Paris. Elève de Paul Delaroche, il ressentit d'abord très vivement l'influence de son maître, et le futur interprète de la vie rustique débuta par des tableaux assez classiques, tels que "Œdipe" et "les Juifs à Babylone". En fait, Delaroche a désapprouvé les oeuvres de Millet et l’a regardé avec indifférence. Millet a quitté l’Ecole des Beaux-Arts en 1837 en insistant sur le fait qu’il n’avait rien appris à l’école. Toutes ses connaissances étaient acquises par lui-même pendant ses visites au Louvre, en admirant les oeuvres de Caravaggio, Vermeer, Velázquez, Ribera, et Chardin. Ceux-ci étaient des précurseurs du Réalisme que Millet allait suivre.

Sa pratique de la copie d'après les Maîtres anciens continuera jusque dans les années 1860, lorsqu'il collectionne gravures et photographies des oeuvres des grands maîtres.

Il donnera au Musée de Cherbourg, "La Sainte famille" d'après Raphaël exécuté à Paris. En sus du grand dessin d'après Raphaël, le Musée a reçu en 1915 deux peintures inspirées de tableaux du Musée et restées en possession de la famille de Pauline Ono épousée en 1841 et décédée trois ans plus tard. Ce sont d'ailleurs d'extraordinaires "vie des objets" que vivent les toiles de Millet, dont nombre d'entre elles partirent aux Etats Unis.

Mais c'est à Saint-Malo qu'en 1884, le peintre graveur Félix Buhot découvrit la collection d'œuvres de Millet conservée par la famille Ono et tenue secrète. Le portrait de sa femme, Pauline-Virginie Ono, est sans doute l'une de ses plus belles œuvres de cette époque. Le fils Ono sensible à l'intérêt porté à ces oeuvres, persuada ses parents de prêter trois portraits à la première rétrospective de Millet de 1887. Cette collection d'œuvres comprend avant tout une série de portraits de la famille Ono et alliés, dans lesquelles on voit l'évolution du talent de Millet portraitiste entre 1840 et 1844. A la suite de ces figures, où pour la première fois, Millet atteint l'expression absolue de son talent, il renonce au portrait après une série de commandes réalisées au Havre. A Paris comme à Barbizon, il n'y a presque plus de portraits en tant que tels. C'est donc à Cherbourg grâce à cette galerie de famille mêlant de simples relations, comme une tante de Pauline, à des êtres très proches de l'artiste, qu'on peut vraiment apprécier cet aspect du talent de Millet.

De retour à Cherbourg, en 1844, il rencontre quelques mois après son veuvage Catherine Lemaire, avec qui il se marie civilement et dont il aura neuf enfants. Ayant besoin d’argent pour soutenir sa famille croissante, Millet peint des femmes nues, un sujet censé être populaire parmi les chalands. Avec son insuccès et la remarque moralisante faite par sa grande-mère qu’il était un chrétien avant d’être un peintre, Millet abandonne le nu.

Avec sa famille, il part pour le Havre et ensuite pour Paris.

Vers l'âge de trente-cinq ans, Millet sentit se développer son amour des champs et celui de donner un cadre plus sain que Paris où venait de sévir le choléra à ses enfants. En 1849 il fixe son choix sur Barbizon, près de Fontainebleau, dans une nature pas encore urbanisée. Son but était de peindre le réel. La classe paysanne, qui représentait la majorité du peuple, a pu facilement s’identifier avec le thème du Réalisme. La couleur brune et la couleur de la terre étaient beaucoup utilisées dans ses peintures Là il se lia avec Louis Français (1814-1897) Peintre de la nature, le peintre paysagiste Théodore Rousseau, et d'autres confrères qui devinrent célèbres à des titres divers. Millet n'a pas cessé brutalement de représenter des nus féminins, contrairement à ce qu'affirment ses premiers biographes. Des nymphes apparaissent de temps à autre après son installation à Barbizon et, à une date aussi tardive que 1863, prend place "le Bain de la gardeuse d'oies", ainsi que des nus féminins présents de façon subreptice dans les premiers états de son eau-forte "Le départ pour le travail" (dont des estampes se trouvent aux universités Yale et Queen's).

Il reviendra de moins en moins dans le Cotentin. Il passe l'été 1854 à Gruchy, un an après avoir épousé civilement sa compagne. Une période pendant laquelle il réalise de nombreuses œuvres. Il ébauche le Hameau Cousin, et peint La maison de Gruchy, Le puits de Gruchy, Gruchy vu du côté de la mer, La traite des vaches, dessine La récolte de Varech etc.

Son Semeur et ses Botteleurs firent sensation, et Théophile Gautier consacra au peintre des pages éloquentes où il célébrait son réalisme tout imprégné d'idéal.

Parmi les œuvres de Millet : les Moissonneurs (1832) ; la Greffe (1855) ; les Glaneuses (1857) ; la Tondeuse de moutons (1861) ; la Cardeuse (1863) ; la Bergère (1864); la Gardeuse d'oies (1863); mais aussi bien sûr l'Angélus, la Leçon de tricot et le Parc aux moutons au clair de lune.

Le peintre sait exprimer à merveille dans des tons éteints des silhouettes de travailleurs au crépuscule, ainsi que le recueillement des paysans aux premiers tintements de l'Angélus. Il peint avec sincérité des intérieurs, des batteuses de beurre, des femmes donnant à manger à leurs enfants ou bien vaquant aux soins du ménage. Il parait avoir mieux réussi dans les effets de pénombre, de nuit et de lune que dans ceux de pleine lumière. Ce n'est ni la brutalité prosaïque de Gustave Courbet, ni la poésie parfois voulue de Jules Breton. Il semble que sa vie patriarcale et familiale se reflète dans la grande simplicité de ses œuvres, et ses paysans ont souvent une sorte de grandeur sacerdotale comme s'ils étaient les prêtres du travail.

La guerre Franco-prussienne, le pousse à retrouver sa Normandie. il revient fin août 1870 avec toute sa famille à Cherbourg. Au printemps 1871, la Commune de Paris ne l'incite pas à reprendre le chemin de la capitale. Il ne quittera définitivement le Cotentin qu'en novembre 1871.
Pendant ces quinze mois le peintre aura fait moisson de thèmes et, dans la douleur physique et morale exécute quelques toiles d'une étonnante intensité, dont "La mer sous Gruchy" est sans doute la pièce la plus marquante.
Sans ressource, isolé des marchands d'art, il est pendant cette période acculé à vendre sa maison de Gruchy à son frère, pour répondre aux besoins familiaux.
Lorsqu'il rentre à Barbizon, malade, il ne lui reste que trois années à vivre. Il rêve de revoir son pays. Alors il peint des sujets normands…

Il épouse religieusement la mère de ses enfants le 3 janvier 1975, et quelques semaines plus tard, âgé d' à peine 60 ans, il s'éteint, pauvre, à Barbizon en Seine-et-Marne au petit matin du 20 janvier 1875. Il est enterré au cimetière de Chailly en Bière en Seine et Marne, à côté de son ami le peintre des clairières Théodore Rousseau (1812-1867) avec qui il échangea des centaines de lettres.


Ce n'est qu'après sa disparition que la fièvre spéculative des marchands et des amateurs s'est emparée de ses œuvres. Il devient, après sa mort, une figure mythique du peintre-paysan et le modèle du naturalisme officiel de la Troisième République. Avec la vente publique de l'Angélus en 1889 et le départ de la toile pour les Etats Unis, Millet atteint une renommée mondiale.

L'Amérique a recueilli beaucoup d œuvres de Millet :

"Les Glaneuses", toile qui déclencha une vive polémique lors de sa présentation en 1857 car les critiques d’art de l’époque n’appréciaient guère de voir des paysans au rang de héros, et d’humbles anonymes devenir le sujet à part entière d’un tableau, fut léguée à l’Etat en 1909 par Alfred Chauchard, l’un des fondateurs des Magasins du Louvre, qui n’hésita pas à payer la somme exorbitante de 800 000 francs français afin de faire rentrer d’Amérique cette œuvre magistrale. Elle est désormais conservée au musée d'Orsay à Paris.

Son premier vrai succès, "Le vanneur", toile influencée par la Révolution de 1848, présenté au Salon cette même année, dépeint un paysan bossu qui travaille sans force, en dépit de ses grands bras. Ledru Rollin, un membre du gouvernement, avait acheté cette peinture pour 1800 francs. Cette œuvre, dont on avait perdu la trace jusqu’en 1972, a été retrouvée dans une mansarde en Amérique.

Cette même année, la Galerie nationale du Canada, examine son tableau "Oedipe détaché de l'arbre" de Jean-François Millet , travail effectué de concert avec M. Laughton de l'université Queen's de Kingston. Les deux personnages identifiés sous la surface de ce tableau se révèlent être une part importante de son tableau La tentation de saint Jérôme, visible en faisant pivoter l'examen radiographique de 90 degrés dans le sens des aiguilles d'une montre Il s'avère maintenant que la description donnée par Alfred Sensier du Saint Jérôme, refusé par le Salon en 1846 et sur lequel Millet a repeint l'année suivante, est très inexacte.

Il est passionnant de constater comme un ou plusieurs siècles après la mort d'un personnage, sa vie et son œuvre réservent encore des trouvailles et des retrouvailles.

La contribution apportée par Millet à l’art est importante. Il a eu une grande influence sur beaucoup de peintres après lui. L’originalité de ses dessins a capté l’attention des peintres Georges Seurat et Vincent van Gogh qui a été un de ses vrai disciples.

Organisé en coopération avec le Conseil Régional de Basse-Normandie, le soutien de la Ville de Cherbourg et de nombreuses structures culturelles, un colloque a eu lieu en France du 5 au 8 octobre 2000 sur "l'Universalité de Jean-François Millet", et les japonais ont été invités à découvrir durant l'année 2003 "Jean-François Millet et le Naturalisme en Europe - La dignité des humbles". L'exposition était visible du 10 avril au 31 juillet au Musée Bunkamura de Tokyo et du 24 juillet au 26 septembre au Musée métropolitain de Fukuoka. Pouvaient y être admirés "La Grande Bergère", "Les Glaneuses" et aussi "l'Angélus", tous trois hôtes du musée d'Orsay.

La maison de Jean-François Millet à Gruchy est ouverte à la visite afin de mieux comprendre l'univers dans lequel a été bercé le peintre durant toute son enfance, univers qui l'a maintes fois inspiré. C'est un lieu de mémoire meublé avec du mobilier traditionnel.

La statue faite à son hommage fut détruite pendant la seconde guerre mondiale. Cependant, le buste avait été sauvé et exposé sur la place de Gréville-Hague depuis lors. La statue entière du peintre, sculptée en bronze par Louis Derbré, a été ré-inaugurée sur la place du village en 1998.

Sources :

Extraits du livre de Dominique Gros (Descendant du Peintre Jean-François Gros ?)
" La Hague de Jean-François Millet"

http://www.ville-cherbourg.fr/fr/default.asp


http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Millet


La Plaque du Jour a été photographiée par un ami internaute à Rennes.


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