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Aujourd'hui Mardi 22 Septembre 2026, 265ème jour de l'année Nous fêtons les Maurice, les Mauricette et les Morvan |
Aux Eparges, dans la Meuse, l'écrivain Henri Alban Fournier dit Alain Fournier, inscrit son nom parmi les victimes de la "Grande Guerre" le 22 septembre 1914. Il était âgé de 27 ans...
Avec vingt autres membres de sa compagnie par erreur engagée dans les lignes ennemies des bois de Saint Rémy de Calonne, l'auteur du célèbre roman "Le Grand Meaulnes" alors Lieutenant, est, 17 jours après Charles Péguy qu'il avait fréquenté dans les salons parisiens, parmi les premiers écrivains-soldats à tomber au front. Le groupe est alors porté disparu jusqu'en ...1991, où de patientes et perspicaces recherches ont permis d'exhumer sans le moindre doute le corps de l'écrivain et de ses compagnons. Il est désormais inhumé avec eux dans la nécropole nationale de Saint Rémy la Calonne dans la Meuse.
Fils d'instituteurs, il était né dans le Cher, à La Chapelle d'Angillon le 3 octobre 1886 et fut l'élève de son père durant toutes sa scolarité primaire berrichonne. Il fit une partie de ses études au lycée Lakanal de Sceaux, où il prépara sans succès le concours d'entrée à l'École Normale Supérieure.
De 1907 à 1909, il effectua ensuite son service militaire qui durait alors deux ans, dans le Gers.
De retour à Paris en 1909 il tient la rubrique littéraire d'un journal durant les deux années suivantes. La fonction aidant, son ami Jacques Rivière et lui rencontrent bon nombre d'écrivains parisiens.
Ce milieu lui donne l'occasion en 1912 d'entrer au service de Claude Casimir-Perier, fils d’un ancien président de la République dont il devient le secrétaire, et il collabore avec lui à la rédaction d’un ouvrage sur “Brest port transatlantique”, ville où il s'était senti un temps la vocation d'entrer à l'école navale.
L'année suivante il publie "Le Grand Meaulnes", qui lui a été dicté par l'amour romantique et fou que lui a inspiré une jeune fille croisée sur les marches du Grand Palais en 1905.Elle a été son unique amour resté platonique et lointain, (même si j'ai découvert à ma grande surprise lors de la confection de cette biographie, que huit ans plus tard, son ami Rivière avait pu lui ménager une rencontre sans lendemain dans ma ville natale de Rochefort sur Mer où résidaient ses parents, un jour de mai qui fut ensuite celui de ma naissance !) le Grand Meaulnes a été son unique roman qui manqua de fort peu le prix Goncourt, et c'est aujourd'hui l'un des plus grands classiques de la littérature pour la jeunesse.
Alain Fournier a été de 1912 à sa mort l'amant de la célèbre actrice de l'époque "Simone", pour qui il éprouvera de la passion, mais jamais il ne fondera une famille. La guerre figera son destin en deçà, ou au delà, comme l'on veut et nous privera de ses œuvres à venir avec certitude, dont le roman ébauché et au titre déjà choisi de "Colombe Blanchet".
Quelques nouvelles et quelques poèmes forment le pourtour de sa littérature ensevelie avec sa destinée.
En revanche, et avec beaucoup de retard, l’importante correspondance d’Alain Fournier a été presque intégralement publiée depuis les années 1980 : celle qu’il a entretenue de 1904 à 1914 avec son ami Jacques Rivière, devenu son beau-frère en 1909, puis celle de l’écrivain avec sa famille, avec René Bichet, dit “le Petit B”, le peintre André Lhote, Charles Péguy , et enfin avec Madame Simone.
"J'ai toujours pensé ceci" écrit-il à André Lhote le 16 janvier 1910: "chacun se crée la réalité qu'il a méritée. Christophe Colomb a rencontré les rivages des royaumes d'Amérique, parce qu'il avait eu l'audace de les susciter. Jamais la réalité n'a déçu celui qui avait le courage et l'imagination nécessaires pour croire en elle..."
Ceux qui ont survécu à Alain Fournier sont maintenant tous plus que centenaires et sur le point de nous quitter, mais certains de nos contemporains s'acharnent à faire revivre ceux qui ont si peu vécu. C'est ainsi que l'idée insensée et aboutie de retrouver le corps de l'écrivain porté disparu depuis plus de trois quarts de siècle, redonne foi en la persistance du souvenir...et en la réalité de certaines utopies.
Pour suivre l'émouvante découverte du corps d'Alain Fournier et de ses compagnons 77 ans après leur inhumation sommaire par les allemands, c'est sans conteste ici :
http://perso.club-internet.fr/garzanda/truffiere/stremy.html#
Pour voir photos et correspondance d'Alain Fournier :
http://www.legrandmeaulnes.com/french/galerie.htm
Il existe dans le XXe arrondissement de Paris, une Association des amis de Jacques Rivière et d'Alain Fournier, avec un site qui a inspiré cette biographie :
http://www.litterature-lieux.com/EsMaker/index.asp?Clef=13&Page=2
La plaque du jour a été photographiée à Bergerac.
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