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Le Normalien, romancier, auteur dramatique, critique d'art, pamphlétaire politique et journaliste anticlérical Edmond About est élu à l'Académie française en 1884, mais il meurt à Paris le 16 janvier 1885 à l'âge de 57 ans, avant d'avoir pu prononcer son discours de réception.
Edmond François Valentin About était né un 14 février, - en 1828, comme Jules Verne et Taine, deux ans avant Mistral et Goncourt - en Lorraine, à Dieuze, dans la Moselle. Son père, épicier dans la ville, est mort alors qu' Edmond était en bas âge. Sa mère lui fit faire ses premières études au séminaire, puis l'envoya à Paris au Lycée Charlemagne. L'élève, qui se lie avec le futur critique dramatique Francisque Sarcey (1827-1897), il côtoie aussi le futur philosophe Taine, et se montre brillant. Il remporte le prix d'honneur de philosophie au Concours général et entre à l'École normale supérieure en 1848.
Reçu premier à l'agrégation des lettres, il est nommé en 1851 membre de l'École française d'Athènes. Il s'est présenté seul à l'unique place vacante mise au concours. Il lit et s'imprègne du pays. Il n'adressa à l'Académie qu'un mémoire sur l'île d'Égine, réalisé en collaboration avec l'architecte Charles Garnier qui concevra plus tard le fastueux Opéra de Paris.
De retour en France, About renonce vite au professorat et veut réussir comme écrivain. Hachette le convainc de réunir en un volume ses souvenirs d'Athénien. "La Grèce contemporaine" paraît en 1854. Le livre, plein d'esprit et d'ironie, dégagé de toute illusion romantique sur les ruines grecques, et sans complaisance avec les grecs contemporains, trouve un écho considérable. Barbey d'Aurevilly lui consacre, dès septembre 1854, une chronique dans "Le Pays". Le jeune auteur à la mode passe pour un nouveau Voltaire et publie en feuilleton dans La Revue des Deux-Mondes un roman qui se passe en Italie : "Tolla". Accusé de plagiat, il se défendit vigoureusement dans Le Figaro sous le pseudonyme de Valentin de Quevilly.
Toute sa vie, il collabora à plusieurs journaux, comme critique d'art. Il rédigea aussi de nombreuses tribunes politiques et sociales dans "Le Moniteur universel", "Le Constitutionnel", "l'Opinion nationale" ou "la Nouvelle revue de Paris". Le journaliste exprima des vues bienveillantes pour le Second Empire - qui le décora - et violemment anticléricales. La guerre de 1870 rallia cet Alsacien, père de huit enfants, à la République et à la politique de Thiers. Il entre alors au "Dix Neuvième Siècle" dont il prend la rédaction en chef.
Edmond About n'eut jamais les faveurs du public au théâtre . En 1856, Guillery, une comédie en trois actes, n'eut que deux représentations. Gaëtana fit guère mieux. "Théâtre impossible" rassemble les diverses tentatives de l'auteur dramatique. About triompha en revanche auprès des lecteurs : En 1856 il publie "Le Roi des montagnes", mais aussi "les Mariages de Paris", qui trouva un bon accueil, et son pendant en 1868 avec "Les Mariages de province".
Celui de ses ouvrages qui lui suscita le plus d'ennemis fut en 1861 "La question romaine" essai politique où il fait cruellement ressortir les vices du pouvoir temporel. Son style est caractérisé par l'esprit frondeur, la concision et la clarté : trois qualités qui ont fait dire qu'il était le meilleur disciple de Voltaire.
Le romancier connaîtra cependant un succès sans nuances dès l'année suivante avec son roman le plus célèbre, "L'Homme à l'oreille cassée" qui fera le bonheur de la toute jeune "bibliothèque des Chemins de Fer" lancée par Louis Hachette, dont l'initiale H n'est autre que celle de nos actuels "Relais H" des halls de gare. "Ce roman conte les déboires d'un colonel du Premier Empire, desséché par un savant, qui se retrouve à l'époque de Napoléon III. Roman " scientifique " –cryogénisation -, satire politique, critique aimable de la bourgeoisie provinciale, ce récit rythmé et ironique -à la limite du vaudeville - connaîtra une réussite qui lui vaudra d'être réédité jusqu'à nos jours." Il inspirera aussi le réalisateur Edouard Molinaro en 1969, avec Hibernatus, - incarné par Louis de Funès -, qui retrouvé après 65 ans d'hibernation dans les glaces polaires, vient compliquer la vie de l' Industriel et spécialiste de l'emballage, Hubert de Tartas marié avec Edmée, car il s'agit du grand-père d'Edmée, lequel va remettre en question le prochain mariage du petit-fils.
France 3 a diffusé un téléfilm sur ce thème le 27 décembre 2003 :
"Lucie l'adorable femme des neiges" incarnée par Florence Pernel, est une pionnière de l'aviation. En s'entraînant aux atterrissages courts en montagnes elle a été victime d'un accident d'avion à l'endroit où quatre-vingt-quatre ans après on la retrouvera, congelée, mais avec un " vieux coeur " qui ne s'est jamais arrêté de battre dans un corps de vingt-huit ans. Ce film est un cocktail détonnant où à la famille des " Saint-Pierre " s'ajoute un professeur " nobellisable " qui fait tout pour épargner à Lucie la découverte subite du XXe siècle qu'elle a " zappé " en dormant dans son glacier. " Son vieux coeur " ne le supporterait pas..."
Edmond About reste donc un homme "moderne", dans le sens où sa création, bien que ne souffrant pas la comparaison avec la notoriété de l'œuvre de Jules Verne né la même année que lui, a trouvé avec "l'homme à l'oreille cassée" un thème, qui tel "Hibernatus", ne vieillit pas.
Homme de son temps, sur les conseils de George Sand, il compose en 1864 "Le Progrès " essai philosophique et politique paru chez Hachette, qui invite le lecteur à multiplier son énergie par l'usage de la machine à vapeur.
Propagateur de la doctrine positiviste, About opposait les forces conservatrices (Administration, diplomatie, armée, magistrature etc.) aux forces novatrices (paysannerie, monde ouvrier, artisanat etc..) et donnait la préférence à ces dernières.
Dès le milieu du Second Empire, il réclamait l'abolition de la peine de mort et de la détention préventive, mais également la suppression des frontières européennes.
Dans un voyage qu'il fit en Alsace après la guerre de 1870, il fut emprisonné pour outrages à l'empereur d'Allemagne, mais il bénéficia d'un non-lieu et publia un essai sur l'Alsace occupée de 1870. Il avait aussi parlé de "La Prusse" en 1860.
Son œuvre se termine en 1880 avec "Le Roman d'un brave homme" que Raymond Poincaré considérait comme "un petit chef d'œuvre de bon sens, de grâce et d'émotion contenue".
Il décède quatre ans plus tard, et statufié assis grandeur nature au dessus de sa tombe en un bronze dû au sculpteur Gustave Crauk (1827-1905), il repose au cimetière du Père Lachaise à Paris.
En 1985 pour le centenaire de sa disparition, la "Réunion des musées nationaux" à Paris a publié "Edmond About, écrivain et critique d'art".
Sources :
http://www.u-bourgogne.fr/STIMULUS/TRESORS/100/100/100.htm
http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html
La plaque du jour a été photographiée à Paris par Frédéric, un ami internaute.
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