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Johannes Brahms est né dans les bas-fonds de Hambourg, en Allemagne, le 7 mai 1833.
Quand j’entends « Brahms », je pense toujours « Aimez-vous Brahms ? »
Interrogation immortalisée par Françoise Sagan dans le titre d' un de ses romans les plus connus, adapté au cinéma en 1961.
Le père de Brahms, Johann Jakob, musicien médiocre, itinérant pour la plus grande partie de sa carrière, voyant que Johannes était intéressé par la musique, lui fit donner des leçons de piano source d’admirables progrès. À l’âge de 14 ans, lors de l’un de ses premiers concerts en public, Johannes y a inclus une de ses propres compositions.
Comme aucun prince ne devint son protecteur et que sa famille était revêche et pauvre, il a dû gagner sa vie de façon pénible : D’une part en jouant du piano dans les maisons closes du port de mer où les femmes et les marins le traitaient comme un objet de jeu. Comme conséquence, ses relations avec les femmes furent toujours aigres - du moins c’était son avis pour expliquer son aversion chronique pour le mariage.
D’autre part, en faisant des arrangements de pièces légères qu’il publiait sous différents pseudonymes. Pendant tout ce temps, il s’imposait comme compositeur et pianiste.
En 1853, ses premiers succès survinrent alors qu’il était en tournée de concerts avec le violoniste hongrois Eduard Remenyi. Celui-ci le présenta au célèbre violoniste Joseph Joachim qui fut impressionné par le jeune homme; ce fut le début d’une amitié qui allait durer pour la vie. À son tour, Joachim le présenta à Franz Liszt et à Robert Schumann. Sa rencontre avec Liszt ne se déroula pas bien; n’aimant pas la musique de Liszt, il s' endormit pendant que Liszt jouait.
Par la suite, Brahms développera un style qui sera un long prolongement des formes traditionnelles.
Par contre, Il tomba amoureux de la femme de Robert Schumann, dont il se rapprocha lorsque son mari devint fou. Durant les deux années où il attendit, aux côtés de Clara, la mort de Robert Schumann, il travailla sur un quatuor avec piano en do dièse mineur. Insatisfait du résultat, il décida d’en modifier la tonalité et de le laisser mûrir pendant une période de presque vingt ans avant qu’il le donne en première dans sa forme finale en tant que quatuor avec piano en do mineur. En transmettant le manuscrit à l’éditeur, il lui écrit : « Vous pouvez placer une photo sur la page de couverture, notamment une tête avec un pistolet qui y soit pointé. Ceci vous donne un aperçu du caractère de la musique. »
Cependant, après le décès de Schumann, Brahms qui ne souhaitait pas se marier et Clara , restèrent amis mais chacun de son côté.
Peu après que ses espoirs pour Clara furent brisés, Brahms tomba amoureux d’une jeune chanteuse du nom d’Agathe von Siebold qui le quitta aussi parce qu’il refusait le mariage. Quelques années plus tard, il produisit son adieu à Agathe: le sextuor pour cordes en sol majeur, l’une des plus belles pages de musique de chambre. Le point culminant du premier mouvement provient d’un thème construit sur les lettres de son nom: A-G-A-H-E (selon le système de notation allemand, le si majeur est représenté par la lettre H). « Voilà, » dit-il à un ami, « je me suis libéré de mon dernier amour. »
Dans les années 1870, Brahms était le compositeur le plus en vue de sa génération; durant la première moitié de la décennie, il a aussi dirigé le réputé orchestre du Gesellschaft de Musikfreunde. Déjà il commençait à obtenir des honneurs académiques qui marqueront le reste de sa carrière. Sa première œuvre orchestrale majeure, les Variations sur un thème de Haydn (il existe aussi une version pour deux pianos), a été largement acclamée lors de sa première donnée, en 1873, par la Philharmonique de Vienne. Mais la question que tout le monde se posait : « Quand écrira-t-il une symphonie? »
La même question troublait aussi l’esprit de Brahms. Dans sa jeunesse, après avoir assisté à une présentation de la neuvième symphonie de Beethoven, il avait déclaré, « Je dois écrire une musique comme celle-là ». Comme pour tous les compositeurs de son temps, cette ambition de jeunesse tourna en fardeau.
Tout ceci est caractéristique de l’homme. Il refusait de produire des œuvres de second ordre. Si les compositeurs peuvent être divisés en deux camps : les rapides (comme Mozart) et les lents, Brahms est le modèle des compositeurs lents. Il raffinait ses idées pendant des semaines et des années tant à sa table de travail qu’au piano que durant de longues promenades. Nous ne saurons jamais le nombre d’œuvres qui ont pu ainsi être détruites; probablement plus qu’il n’en a conservées. Ne voulant pas que l’histoire fouine dans son atelier, il détruisait aussi toutes ses esquisses. Toute idée prometteuse était tenacement retravaillée et reforgée tant et aussi longtemps qu’il n’en était pas satisfait.
Tel que mentionné pour le quatuor avec piano en do mineur, ces types de révisions pouvaient s’échelonner sur plus d’une décennie - possiblement parce que le style de Brahms n’a pas beaucoup évolué après qu’il eut atteint la trentaine.
À la manière d’une tortue, il avançait dans l’élaboration d’une symphonie. En 1876, à l’âge de 43 ans et après vingt ans de gestation, sa Première symphonie vit finalement le jour à Karlsruhe. Peu de spectateurs réalisèrent qu'elle était destinée à devenir l’une des plus populaires jamais écrite. Pour Brahms, maintenant qu’il avait réussi l’initiation si redoutée, les vannes symphoniques s’ouvrirent; la Seconde symphonie parût en moins d’un an, alors qu’en 1885 la Troisième et la Quatrième avaient été publiées.
Après des années de pérégrinations, avec des séjours intermittents à Vienne, Brahms décida de s’installer définitivement à Vienne en 1878. Cette ville était le centre musical de l’Allemagne et de l’Autriche ainsi que la patrie de ses ancêtres artistiques remontant à Haydn. Dans un petit appartement de trois pièces sur l’avenue Karlsgasse qui devint minable avec le temps, Brahms a vécu, en célibataire, les dernières années de sa vie.
Aussi parcimonieux qu’il pouvait paraître, il pouvait aussi être généreux. Une fois, il donna à son père une partition de Saul de Handel se disant que si son père devenait dépressif, il pourrait y trouver du soleil. Lorsque ce dernier finalement décida de donner suite à cette suggestion, il y trouva des billets de banque entre chaque page.
Côté caractère, Brahms était brusque et sardonique la plupart du temps. Quiconque visé par ses flèches souvent assez pointues, s’en rappelait. Après une soirée de sarcasmes à l’endroit d’amis dans un café, il quitta mais retourna pour ajouter « Si j’ai oublié d’insulter quelqu’un, je m’en excuse.»
Toutefois, il possédait des amis loyaux des deux sexes et de tout âge et, en retour, il leur était loyal. Il était plus joyeux durant l’été alors qu’il vivait à la montagne; c’est dans cet environnement plaisant qu’il composa la plupart de ses œuvres. Ses hivers étaient consacrés à donner des concerts tant à Vienne qu’à l’extérieur.
Il étudia constamment la musique du passé tout spécialement les œuvres de Bach et de Beethoven mais aussi remontant jusqu’à Josquin; il a publié des éditions d’œuvres allant de Couperin à Dvorak. Il croyait que la musique était en déclin. Une fois, en jouant une sonate en do majeur de Bach avec Joachim, il jeta sa propre sonate au plancher, disant « Après une telle oeuvre, qui voudrait jouer la mienne? » Jamais un compositeur aussi important que Brahms ne s’est senti aussi responsable face à l’histoire et ni aussi humble quant à sa capacité de répondre au défi. Peut-être croyait-il que la musique avait besoin d’un stimulateur tout en sachant qu’il n’était pas celui qui l’administrerait.
Il est difficile d’imaginer Brahms composant un opéra. Il a toujours été indécis quant à cette idée, s’y ralliant un moment et s’en éloignant un autre. À la fin, il se tint à l’écart de la scène comme il se tient à l’écart du mariage : « Ce serait aussi difficile pour moi d’écrire un opéra que de me marier. Mais après une première expérience, j’en entreprendrais probablement une seconde. »
En mai 1896, il apprit la terrible nouvelle de la mort de Clara Schumann qui était malade depuis quelque temps. Prévoyant cette situation, il avait composé Quatre chants sérieux qu’il ne put jamais se résigner à entendre. Quoique prévisible, la mort de Clara le bouleversa. Durant quarante ans, leur amour avait été tissé de frustration et d’incertitude, mais l’avait soutenu. Lors des obsèques de Clara, il attrapa une grippe qui ne voulut plus guérir.
Finalement, il consulta un médecin qui découvrit que Brahms souffrait d’un cancer du foie dont le stade était assez avancé; la même maladie qui avait emporté son père. On ne le mit pas au courant de cette situation mais il savait certainement comment interpréter la fatigue et la douleur toujours croissantes.
Il mourut le 3 avril 1897, à l’âge de 63 ans, survivant de peu à la femme de sa vie.
Pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Johannes_Brahms
La Plaque du Jour a été photographiée à Paris.
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