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Aujourd'hui Mardi 3 Février 2026, 34ème jour de l'année Nous fêtons les Anatole, les Anschaire (patron des habitants de l'allemagne, habitants du Danemark, habitants de l'Islande), les Blaise (patron des Cardeurs, éleveurs de bovins et ovins, meuniers, musiciens, sonneurs de cor, tailleurs de pierre, tisserands) et les Oscar |
"Le 3 février 1951, cette interprète majeure de la chanson française meurt seule et misérable dans un hôtel de passe du 45 de la rue Pigalle. Frehel ressemblait à ses chansons et ses chansons lui ressemblaient. Dans cet univers, la misère, la débine, la poisse, les bistrots louches, les amours faciles et les copains d'un soir... Frehel fut la plus émouvante et la plus authentique cigale de notre music-hall."
André Bernard
Plus qu' Edith Piaf et avant elle, Fréhel représente l'âme de la chanson réaliste de l'entre-deux-guerres. Parisienne jusqu'au bout des ongles, malgré ses origines bretonnes, elle a mené une vie de misère et a su retranscrire, dans les trémolos de sa voix vieillissante, la souffrance d'une femme abandonnée. Tantôt drôles, à la manière des comiques troupiers; tantôt poétiques et déchirants, les textes de ses chansons sont à l'image d'un Paris populaire et miséreux tant prisé par le monde du cinéma. C'est également au cinéma que Fréhel exprimera l'étendue de son talent dont viendront à bout l'alcool et la drogue.
Frehel, de son vrai nom Marguerite Boulc'h naît à Paris le 14 juillet 1891 au 2 boulevard Bessières, dans le 17e arrondissement, de parents concierges d'origine bretonne. Enfant de la rue, elle fait ses premiers pas dans les quartiers misérables de la capitale française. A cinq ans, elle pousse la chansonnette en accompagnant un vieil aveugle à la recherche de quelques pièces. Plus tard, elle cherchera à échapper à la pauvreté en cumulant les emplois. Adolescente, alors qu'elle vend au porte à porte des produits de beauté, elle va proposer à la belle Otéro - la plus célèbre courtisane de son temps - un "rénovateur facial". Otéro décline la marchandise, mais la trouve charmante... et l'aide à débuter à l'Univers, avenue de Wagram. Rebaptisée "Pervenche", elle entame une jolie carrière.
Pendant deux ans, de 1908 à 1910, la petite Marguerite fera ses armes dans le music-hall au café de l'Univers, en interprétant des titres de Montéhus. D'une grande beauté, Pervenche est séduite par Robert Hollard, dit Roberty, comédien et professeur de chant, qui devient rapidement son mari. Ensemble, ils auront un enfant, mais ce dernier ne survivra pas. Tout comme Piaf, qui vécut de façon similaire une vie miséreuse, la perte de cet enfant scelle le début d'une descente aux Enfers.
Abandonnée par son mari, qui se jette dans les bras de la grande Damia, celle que l'on surnomme désormais Fréhel (en hommage au Cap Fréhel, de sa Bretagne d'origine), se console avec Maurice Chevalier. Mais l'idylle ne dure pas, et la chanteuse subit à nouveau la rupture amoureuse. Parallèlement à une carrière somptueuse de grande vedette du music-hall, sa vie privée est un vrai désastre. Lasse de cette misère sentimentale, elle tente de mettre fin à ses jours, échoue, puis quitte l'Europe en 1911 pour les pays de l'Est. De la Turquie à l'URSS, elle errera pendant plus de dix ans, entre la drogue et l'alcool.
C'est une Fréhel méconnaissable qui regagne Paris en 1923. Méconnaissable mais " inoubliée ". Car elle obtient toujours le succès pour ses prestations scéniques remarquables et remplit l'Olympia en 1924, se présentant comme " l'inoubliable inoubliée ". Elle est désormais forte et aux traits vieillis, mais sa voix a gagné en émotion et en puissance. Vers décembre 1935 c'est l'apothéose avec "Où sont tous mes amants ?", modèle de chanson populaire, par sa mélodie, et son texte très simple. Dans une boîte de nuit où il passe avant elle, Charles Trenet, qui n'est alors encore que le Charles du duo "Charles et Johnny", est frappé par ses allures de bête de foire. Il lui écrit "Le fils de la femme poisson" et "La valse à tout le monde".
Son physique est unique et attire les regards. Son accent " parigot " et sa " gueule " de mère maquerelle font d'elle une vedette du cinéma. «Fermez vos gueules ! J’ouvre la mienne !» dira t-elle à son public du Bœuf sur le toit. De "Cœur des Lilas" en 1931 à "Pépé le Moko" de Duvivier avec Jean Gabin, en passant par "L'homme traqué" (1946), "La rue sans joie" (1938), "Le puritain"(1937) ou encore "Le roman d'un tricheur" de Guitry, Fréhel promène son allure authentique avec simplicité. Mais rien ne lui rendra son bonheur et son innocence perdus.
Marquée par la vie et ses malheurs, elle s'oublie dans les paradis artificiels. En ce début 1951, elle meurt seule l'année de ses soixante ans dans la chambre d'un hôtel borgne, abandonnée de tous mais inoubliée. Quinze jours avant son décès, un journaliste était venu lui offrir un million de francs pour publier ses souvenirs amoureux. « Foutez-moi le camp !, avait-elle répondu, je ne mange pas de ce pain-là ».
Humaine et authentique, marquée à vif par les souffrances d'une existence solitaire, Fréhel reste encore aujourd'hui une référence dans la chanson française de l'entre-deux-guerres. Interprète inoubliable de "La java bleue" ou de "La der des der", de "La coco" - que Gainsbourg à qui elle a offert un verre de diabolo-grenadine dans le bistrot dit “Le Coup de fusil” alors qu'il avait 10 ans s'appliquera à apprendre -, elle influence des générations d'artistes (Mano Solo, Charles Trenet, Jacques Higelin, Têtes Raides,…) sans jamais tomber dans l'oubli des connaisseurs.
Elle repose au cimetière de Pantin.
Source :
http://perso.wanadoo.fr/chanson_francaise/frehel/frehel_bio.htm
http://www.lechatnoir.free.fr/spip/spip.php?article1992&var_recherche=Frehel
Clin d'oeil du Destin, la place Frehel se trouve perpendiculaire à la longue rue de Belleville où naquit Edith Piaf.
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