La plaque du jour

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Le peintre impressionniste Gustave Caillebotte est décédé le 21 février 1894 à l'age de 45 ans.

Issu d'une famille riche qui avait fait fortune dans le textile et dans l' immobilier pendant la reconstruction de Paris dans les années 1860, il était né le 19 août 1848.

En 1860, Martial Caillebotte, père de l'artiste, acquiert une propriété de 11 hectares à Yerres dans l'Essonne. Gustave Caillebotte a 12 ans et ne s'intéresse pas encore à la peinture. Pour cet enfant, Yerres est un lieu de villégiature où il peut s'adonner avec ses frères, Martial et René, à la baignade, à la pêche ou au jardinage.

Les années yerroises jouèrent un rôle essentiel dans sa formation.

Toutefois, ses débuts picturaux datent de 1870. Jusqu'à la vente de la propriété en 1879, Gustave Caillebotte réalise environ 80 toiles, où il s'affirme en tant que peintre naturaliste et impressionniste. S'inspirant de la vie quotidienne (scènes de canotage, de jardinage...), Caillebotte travaille sur le motif et s'applique à reproduire les effets lumineux. Mais derrière son souci de transposer l'instant, se manifeste déjà son intérêt pour la perspective et le cadrage qui trouvera son aboutissement dans les toiles parisiennes.

Les principaux tableaux de la période yerroise "Portraits à la campagne", "Baigneurs", "Bords de l'Yerres", "Canotiers ramant sur l'Yerres" furent présentés aux expositions impressionnistes et suscitèrent des remarques assez vives. La critique s'étonna, notamment des effets de cadrage et de perspective. Cette incompréhension n'empêcha pas Caillebotte de poursuivre dans cette voie, les oeuvres parisiennes marquant l'aboutissement de ces recherches.

Elève de Léon Bonnat à l'Ecole des Beaux-Arts, il sera refusé au Salon de 1874. Son travail était probablement les "Raboteurs de parquets" que Caillebotte a décidé de montrer dans un environnement plus hospitalier. A la demande de Renoir, il participera à la deuxième exposition impressionniste de 1876 organisée dans les locaux du marchand Durand-Ruel rue Lepelletier, en qualité de peintre et collectionneur. Ses deux versions des Raboteurs de parquets seront alors remarquées.
La deuxième exposition est bien davantage un succès populaire que la première. Riche et généreux, Caillebotte a financièrement soutenu ses amis impressionnistes en surpayant leurs travaux et en prenant en charge un certain nombre de frais liés aux expositions.

Le peintre s'illustrera ensuite dans des scènes de la vie ouvrière et vues de Paris.

Caillebotte fera don, dans son testament rédigé en 1876, de sa collection en ces termes :

"Je donne à l'Etat les tableaux que je possède ; seulement, comme je veux que ce don soit accepté et le soit de telle façon que les tableaux n'aillent ni dans un grenier ni dans un musée de province, mais bien au Luxembourg et plus tard au Louvre, il est nécessaire que s'écoule un certain temps avant l'exécution de cette clause jusqu'à ce que le public, je ne dis pas comprenne, mais admette cette peinture. Ce temps peut-être de vingt ans au plus. En attendant mon frère Martial, et à son défaut un autre de mes héritiers, les conservera. Je prie Renoir d'être mon exécuteur testamentaire ..."

Les académistes, conduits par Jean-Léon Gérôme, hostile aux Impressionnistes qu'il qualifiait de "honte de l'art français", artiste à la peinture très académique, professeur et membre de l'Académie des Beaux-Arts, tenteront d'empêcher l'entrée d'oeuvres impressionnistes constamment refusées au Salon déjà à leur instigation, dans le patrimoine artistique de la France.

Le Conseil d'Etat autorisera les Musées Nationaux, en 1896, à sélectionner les toiles dignes de figurer au musée du Luxembourg. Vingt sept tableaux seront refusés. Sept pastels de Degas, huit Monet, six Renoir, sept Pissarro, cinq Sisley, deux Cézanne et deux Caillebotte - joints au legs par Martial Caillebotte après la mort de son frère - seront présentés dans une annexe du musée du Luxembourg en 1897. L'exposition suscitera de violents remous et provoquera un scandale politique à l'instigation de Gérôme et dix-sept de ses collègues, membres de l'Institut. Le Sénat sera ainsi saisi de l'affaire.

Zola, qui prendra le parti des Impressionnistes vilipendés par la critique et refusés par le jury du Salon, sera critique à l'égard de Caillebotte dont il dénoncera le réalisme photographique lors de la deuxième exposition impressionniste. Le peintre présentera les huit toiles suivantes : "Raboteurs de parquet", "Jeune Homme jouant au piano", "Jeune Homme à sa fenêtre", "Déjeuner", "Après Déjeuner" et "deux Jardins". Zola commentera ainsi le talent de Caillebotte dans ses Lettres de Paris de juin 1876 :

"Caillebotte a exposé Les Raboteurs de parquet et Un jeune homme à sa fenêtre, d'un relief étonnant. Seulement c'est une peinture tout à fait anti-artistique, une peinture claire comme le verre, bourgeoise, à force d'exactitude. La photographie de la réalité, lorsqu'elle n'est pas rehaussée par l'empreinte originale du talent artistique, est une chose pitoyable".

Quelque temps plus tard, il reviendra sur ses "impressions" au sujet de ce peintre impressionniste :

"Enfin, je nommerai M. Caillebotte, un jeune peintre du plus beau courage et qui ne recule pas devant les sujets modernes grandeur nature. Sa Rue de Paris par un temps de pluie montre des passants, surtout un monsieur et une dame au premier plan qui sont d'une belle vérité. Lorsque son talent se sera un peu assoupli encore, M.Caillebotte sera certainement un des plus hardis du groupe".

Gustave Caillebotte aura eu du mal à s'imposer – il avait lui même de façon prémonitoire prévu une période de purgatoire pour son œuvre – Les teintes qu'il emploie sont moins colorées que celle des autres impressionnistes, et paradoxalement plus proches de la peinture académique, alors qu'elles s'en différencient par les angles éloignés du classicisme et des scènes originales, prises sur le vif, à l'aide d'impressions qui le rattachent à ce courant.

En 1994, un film de 56 minutes "Caillebotte ou les aventures du regard"est produit par Alain Jaubert. Il est annoncé ainsi :

"Gustave Caillebotte est mort jeune, il n'avait pas 46 ans. Est-ce pour cette raison qu'il est un peu oublié aujourd'hui? Peut-être. La gloire de ses amis Degas, Manet, Monet ou Renoir a t-elle pu éclipser la sienne ? Pourtant, il fut un grand peintre, un grand mécène...Le peintre, fasciné par la ville, la perspective, les jardins, a un regard qui cadre à la manière d'un cinéaste d'aujourd'hui. Il a su, plus que tout autre, jouer avec les illusions du regard. Le mécène - parce qu'il savait voir et qu'il avait une solide fortune - a beaucoup acheté. Sa collection comportait les chefs d'oeuvre les plus novateurs du mouvement impressionniste."

En 1994, à l'occasion d'une rétrospective de son oeuvre au Grand Palais, marquant également le centenaire de sa mort un hommage officiel est rendu au peintre. Cette exposition qui connu un énorme succès, avec plus de 430 000 visiteurs, aura permis à cet impressionniste méconnu de sortir enfin de l'ombre.

Il repose au cimetière parisien du Père Lachaise et sa mémoire est perpétuée à Yerres au sein d'un magnifique parc qui fut sa propriété.

Pour en savoir plus :

http://http://www.yerres.fr/index.php?clic=docRI&openrub=27&mid=54

http://www.insecula.com/contact/A008577.html

La Plaque du Jour a été photographiée par Rémy, de la Rue du Petit Train, que vous pouvez retrouver Rue des Liens.


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