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Peu connu du grand public, l'ingénieur Étienne Oehmichen, père de l'hélicoptère, est né boulevard Vaubécourt à Chalons sur Marne le 15 octobre 1884. L'année 2005 a vu le cinquantenaire de son décès.
Sa vocation est venue dès l'âge de ses 9 ans, où lors d'un vol en ballon ascensionnel offert par son oncle à la foire de Lyon, il décide qu'il inventera une machine capable elle aussi de s'élever à la verticale.
Dès l’âge de treize ans il réside dans le Pays de Montbéliard qui verra plus tard se concrétiser ses espoirs précoces.
Il séjourne une trentaine d’années à Valentigney dans le Doubs où il se livrera à ses premiers essais. Devenu Ingénieur spécialisé dans les questions d’électricité, il est employé par la Société Alsacienne de Construction Mécanique et par les Etablissements Peugeot. Il révèle rapidement ses dons d’inventeur lorsqu ‘en 1916, il rénove les moyens de l’artillerie et perfectionne les chars d’assaut.
Alors qu’il terminait ses recherches pour la construction des chars, Etienne Oehmichen commença dès 1917 ses investigations sur le vol des oiseaux. Au cours de ses études d’aérodynamique, il s’intéressa plus spécialement à l’existence de lois de la mécanique des fluides, jusque là inexplorées. Encouragé par la direction des Recherches scientifiques, il parvint à démontrer que l’insecte et l’oiseau savaient tirer parti des courants de remous qu’ engendre leur vol. Cette récupération d’énergie leur permettait de voler plus longtemps avec une utilisation minimale de leur puissance motrice. Ce principe d’économie d’énergie a été à la base de toutes ses recherches sur les hélices d’hélicoptère.
Au sortir de la guerre, il peut enfin se consacrer pleinement à l’étude du vol animal. En 1920, il publie “Nos maîtres les oiseaux”, ouvrage dans lequel il expose sa théorie sur le vol des insectes et des oiseaux. Cette analyse de l’anatomie et des mouvements de la machine animale lui permet d’élaborer son premier mécanisme capable de voler.
« L’air ne sera pas définitivement conquis tant que nous ne saurons pas, comme l’insecte, comme l’oiseau, partir de n’importe quel coin de la terre et nous y poser n’importe où ; réduire à volonté notre vitesse jusqu’à nous immobiliser complètement en l’air, tant que comme l’oiseau, comme l’insecte, nos machines ne seront pas en toutes circonstances inchavirables » déclarera t-il.
Il n'est pas le premier pourtant à s'être intéressé à cette façon de s'affranchir de la pesanteur : Dès avant sa naissance 'Italien Forlamini, en 1877, quitte le sol à Milan par ses propres moyens , à l'aide d'un engin dont le nom est tiré depuis 1862 du grec "helix", qui veut dire spirale. A Lisieux, le français Paul Cornu s'est soulevé en 1907 avec son hélicoptère pendant quelques secondes à moins de 50 cm du sol.
En 1921, pour sa part, au sein de ses ateliers situés à Valentigney, Étienne Oehmichen élabore son premier engin à voilure tournante et décolle à 10 m de haut pendant quelques minutes. Cet appareil, le n°1, est surmonté d’un ballon destiné à stabiliser la machine, qui pèse tout de même un peu plus de 300 kg. Les observations montrent qu’elle offre trop de prise au vent.
La même année, il dépose le brevet des hélices à récupération d’énergie.
Soutenu financièrement par la maison Peugeot et encouragé par les services techniques de l’artillerie, il réalise près de sept essais en moins de 15 ans et dépose d'autres brevets. A chaque fois, il perfectionne ses engins. D’abord dans les locaux du laboratoire « Oehmichen-Peugeot », jusqu’à cette soirée du 4 mai 1924 où, à 19h30, Étienne Oehmichen effectue un vol d’essai à bord du second appareil qu’il a mis au point. En plein milieu des champs, à Arbouans, sur l’emplacement de l’actuel aérodrome, le n°2 « s’envole » et plane entre un et trois mètres d’altitude. sur un circuit fermé. Il est le premier à parcourir un kilomètre, avec comme il l'avait rêvé très jeune, décollage et atterrissage à la verticale. Son hélicoptère pesait près d’une tonne.
Soutenu financièrement par la maison Peugeot et encouragé par les services techniques de l’artillerie, il réalise près de sept essais en moins de 15 ans. A chaque fois, il perfectionne ses engins. D’abord dans les locaux du laboratoire « Oehmichen-Peugeot » jusqu’en 1924. Cette année là, le 4 mai, il est le premier à parcourir un kilomètre en circuit fermé à Arbouans, avec comme il l'avait rêvé très jeune, décollage et atterrissage à la verticale.
Il crée ensuite sa propre société à Valentigney, qui fut le berceau de cinq nouveaux appareils. Enfin, en 1935, il fait voler une machine parfaitement sécurisée. A Orly, elle se maintient à 20 mètres au-dessus du sol en équilibre parfait et sans aucun organe de pilotage extérieur.
Satisfait de ce succès mais découragé par le manque de moyens financiers, il décide en 1937 de reprendre ses recherches en science pure pour créer, au Collège de France, la première chaire de mécanique anatomique. Cette science nouvelle permet d’appliquer les connaissances du physicien et de l’ingénieur pour faire une description dynamique de l’anatomie des animaux.
Inventeur de génie, son imagination scientifique est toujours d'actualité. Tous les grands constructeurs d’hélicoptère à rotors mécaniques utilisent encore « l’hélice de queue à pas variable dite anti-couple » type Oehmichen brevetée en 1927.
Il a au surplus la paternité d'autres inventions étonnement modernes. Ainsi, passionné par la lumière, il conçoit la 1ère caméra capable de filmer à 1000 images par seconde, permettant ainsi de parfaitement décomposer le vol d'un oiseau ou d'un insecte.
On lui doit en outre de sa carrière chez Peugeot l’invention de la dynamo qui permet l’éclairage des voitures. Son intérêt pour l’air lui permettra aussi de concevoir un engin inattendu, le canon à air comprimé.
L'écrivain Raymond Queneau avait été séduit par l'hélicoptère, puisqu'il écrira : "Le métro et l'hélicoptère, l'avenir pour ce qui est des transports urbains."
Etienne Oehmichen, parfait concrétisateur, décède à Paris le 10 juillet 1955 à l'âge de 70 ans. Le 6 mai 1956, il est transporté de Valentigney et repose désormais sur le terrain de ses premiers essais à Arbouans.
Pour en savoir plus :
http://www.agglo-montbeliard.fr/kiosque_puissance28.php?id_article=544
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_%C5%92hmichen
La Plaque du Jour a été photographiée par Claire, une amie de Reims. Elle n'est malheureusement pas légendée.
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