La plaque du jour

Aujourd'hui Mercredi 17 Avril 2024, 108ème jour de l'année
Nous fêtons les Anicet, les Elie et les Etienne Harding

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, célèbre épistolaire, est morte au château de Grignan le 17 avril 1696.


Elle était née à Paris le 5 février 1626, Le baron de Chantal, son père, fut tué dans l'île de Ré, en combattant les Anglais, le 22 juillet 1627: il avait l'humeur fort vive et fut un des raffinés duellistes du temps. Mme de Chantal, née Coulanges, mourut en août 1633.

L'orpheline resta confiée à ses grands-parents maternels qui lui manquèrent bientôt. La tutelle de l'enfant fut alors remise par la famille à son oncle maternel Philippe de Coulanges, abbé de Livry. Elle fut élevée par lui; plus tard, Chapelain et Ménage enseignèrent l'italien et l'espagnol à la jeune fille.

Très jolie, Marie de Rabutin était, de plus, un parti considérable : elle avait 100 000 écus. Son cousin Bussy l'eût volontiers épousée: mais le coadjuteur de l'archevêque de Paris, le futur cardinal de Retz, fit agréer un de ses parents, le marquis Henri de Sévigné, d'une vieille noblesse de Bretagne. Le mariage eut lieu à Paris le 4 août 1644. Les nouveaux mariés vécurent d'abord à leur terre des Rochers, auprès de Vitré. Ils vinrent à Paris à l'automne de 1646 et y restèrent tout l'hiver. Le 10 octobre 1646 leur naquit une fille, Françoise; le fils, Charles, vint au monde au début de 1648, aux Rochers.

Mlle de Sévigné élevée auprès de sa mère, sauf un court séjour à la Visitation de Nantes, solidement instruite, mais très gâtée et adulée, vaine, hautaine, froide, éblouissante de beauté parut à la cour, dansa dans le ballet des Arts, dans celui des Amours déguisés, et dans celui de La Naissance de Vénus (1663-1665) avec le roi, Madame et Mme de Montespan. En 1668, le roi parut la remarquer : en bon cousin, Bussy lui souhaitait la place de La Vallière. Le 29 janvier 1669, Mlle de Sévigné épousa François d'Adhémar, comte de Grignan, qui n'était plus jeune, qui n'était pas beau, et qui était veuf de deux femmes : c'était un très honnête homme de très bonne maison, lieutenant général en Languedoc. À la fin de l'année, il fut nommé lieutenant général en Provence : il fallait résider et suppléer le gouverneur, le duc de Vendôme, qui n'avait que treize ans. Grignan partit en avril 1670. Sa femme, qui était enceinte, resta à Paris : elle accoucha le 15 décembre de la petite Marie-Blanche, qui fut laissée à la grand-mère, et elle s'en alla le 5 février 1671 rejoindre le comte.

C'est la séparation déchirante que les premières lettres de Mme de Sévigné à sa fille retracent.

Mme de Sévigné paraissait quelquefois à la cour; elle vivait ordinairement à Paris, dans une compagnie choisie, où l'on distingue surtout Mme de La Fayette, La Rochefoucauld, Arnauld de Pomponne, Emmanuel de Coulanges et sa femme, le vieux cardinal de Retz, Mme du Plessis-Guénégaud, Corbinelli, d'Hacqueville, Gourville, les Guitaut et les Lavardin. De tout ce qu'elle ramassait aux conversations du monde, elle composait ses lettres par lesquelles sa fille se rattachait à la vie et à l'esprit de Paris et de la cour.

À partir de 1677 elle loua l'hôtel Carnavalet, où elle résida jusqu'à sa mort.

La mère et la fille avaient peine à s'entendre. La fille, froide et soucieuse du monde, était gênée par la tendresse expansive de la mère, qui se dépitait d'être reçue avec indifférence, de n'être pas payée de démonstrations égales : il en résultait des froissements et des querelles, que la séparation faisait oublier.

Elle aimait fort la nature, pour la joie de ses yeux, sans rêverie, ni sentimentalité, ni mysticisme. Et ses lettres ont une place à part dans ce siècle qui n'a guère regardé la nature : les printemps des Rochers et de Livry s'y exposent dans toute leur grâce, en vives couleurs. Elle était grande liseuse, surtout dans la solitude et le loisir de ses Rochers. Elle avait un faible pour les romans, pour La Calprenède. Elle aimait Corneille plus que Racine, pour lequel elle n'a pas été tout à fait juste; elle était de la génération précieuse, qui voulait de l'héroïsme et de grands sentiments au théâtre. Elle comprenait Molière et sentait La Fontaine. Elle lisait Virgile, l'Arioste, le Tasse, mais des livres aussi plus austères : Quintilien, Tacite, des historiens. Elle savait un peu de latin. Mais son intelligence robuste et qui aimait les idées allait surtout aux moralistes, à ceux qui parlent de la vie et préparent à la mort. Elle a lu Rabelais et Montaigne. Elle lisait Nicole, Pascal, saint Augustin, Abbadie. Elle relisait en sa vieillesse les oraisons funèbres de Bossuet. Elle avait l'esprit orné, mais surtout sain, solide et droit, malgré quelques faux jugements que le monde et ses préventions lui ont imposés.

Ses lettres sont le recueil épistolaire le plus considérable et le plus parfait du XVIIe siècle. On n'y peut comparer que les lettres, très différentes, de Cicéron et de Voltaire. Elles sont d'abord un document d'histoire de premier ordre : non pas tant pour le détail matériel et chronologique des faits, que pour l'expression de la vie et des mœurs d'une société d'un siècle. Elle nous découvre la cour, le monde, certains coins de la province, avec une vérité et une force pittoresque que nul faiseur de mémoires, si ce n'est Saint-Simon, n'a dépassés. Mais l'intérêt humain égale l'intérêt historique: Mme de Sévigné, qui aime tant les moralistes, est moraliste aussi; elle note en passant les effets et les signes des caractères; elle nous fait connaître l'homme en causant des hommes avec qui elle vit. Enfin elle a réellement une imagination d'artiste: elle a la vision puissante, claire et colorée de choses; elle sait voir et faire voir. Parmi les écrivains de profession, il y en a peu qui aient à leur service une pareille puissance d'imaginer et de rendre. Avec son ton de causerie enjouée, spirituelle, malicieuse, elle est un des grands peintres de notre littérature. Elle a l'expression originale, imprévue, qui surprend et qui saisit: peu d'écrivains ont eu plus de trouvaille, de style. Elle écrit très naturellement, mais non pas négligemment. Si elle laisse trotter sa plume la bride sur le cou, elle la surveille pourtant; et elle sait dégager ses idées, ou trouver à coup sûr la forme exquise et achevée. Quand elle se met devant son papier, elle a dans l'esprit, amassé au cours des entretiens et des visites, façonné et déjà préparé dans les heures de solitude et de recueillement, tout ce que sa plume y va légèrement déverser.

Les lettres de Mme de Sévigné étaient fort goûtées de ses contemporains, et circulaient dans le monde où elle vivait.

Pour en savoir plus et il y a plus à savoir notamment sur son fils souvent passé sous silence, lisez la biographie complète :

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Mme_de_Sevigne

La plaque du jour a été photographiée à Nîmes et m'a été envoyée par un ami internaute.


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